Allez, courage, un autre café, un petit tour ici, il faudra bien, de toute façon, les copains vont arriver, c'est le dernier week-end, avec camion, fourgonnette, et il faudra bien leur donner des cartons à mettre dedans - pleins.
Il faut, oui, mettre sa maison dans un carton. Je l'aurais bien prise toute entière, ma maison sur cales, avec ses cales, je lui mettrais des roues, et je la tirerais, mais le décor aussi manquerait, les lapins, les poulets, le petit chat, et Françoise avec ses mots doux à lui, son petit chat, et lui qui lui répond, l'odeur du figuier, les chênes, les cerisiers.
Ca pince, là, tu vois.
C'est le signe qu'il ne faut pas réfléchir : remettre le beurre au frigo avant de fondre...
Tourner son regard, devant, devant, dans le camion de samedi prochain, dans les nouveaux murs, là-bas ce seront des pins, une autre campagne.
Je reviendrai pour les œufs, un café, je ne vais pas loin, je vais au Sud, je vais devant, c'est ainsi.
Le mobilhome existera toujours.
Et l'avenir aussi.
Et nous aussi, dans cet entre-deux qui ne s'arrête jamais, même immobiles, comme dans un train en marche, toujours les rails devant, les rails derrière, tout dépend du regard, du wagon, on n'y peut rien, la locomotive crache, et les roues tournent.
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