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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 17:16

Le nez bouché la bouche ouverte. Dans mon aquarium baigné de soleil je dégouline et ma mémoire se rembobine à chaque chanson diffusée par les hauts-parleurs. Toutes les heures cinquante, je découvre les actualités qui pourtant, mon esprit embrumé s'en doute vaguement, ne varient qu'à une intonation du journaliste ou deux.

Je rêve de Serge Gainsbourg et je tombe dans les pommes.J' aménage dans une sorte de maison-communauté où vit le chanteur poète.

Mon nez me pique et je bois du jus de carotte.

De temps en temps un chien aboie et, tandis que j'émerge d'un demi-oeil, la caravane ne passe pas.

Il faudrait aller faire quelques courses. Le diktat d'un week-end ensoleillé dénonce mon hébétude et mon imbécillité.
Mais que voulez-vous... je ne suis qu'un poisson rouge dans une couverture rose. 

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 19:38

et ces gros bouillons qui se déversent

ou qui voudraient bien, parfois

qui cognent à la porte de l'intérieur,

la porte parfois ouverte même

mais le brouillard ou un rideau de perles invisibles

une pluie de geldes stalactites

la peur

la gêne ou les idées en fouillis

cocon de jute dont rien ne sort

où la vie bouge

et le désir

les mites

 

la trompette trompette

un coup de vent la porte claque

un coup de botte et le carton par terre

la glace se casse éclate

l'association

des mots

 

quelques phrases, échangées

ou juste une musique

juste un air

juste des notes, qui se posent

entre les enceintes de l'autoradio

du jazz dans les toiles

au plafond d'un mobilhome

 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 13:40

commentjesuisdevenu.jpg

 

 

Un livre pas con !

Certes, un peu naïf. Avec de gros clichés même, une structure un peu trop schématique et manichéenne - le jeune homme trop intelligent, célibataire, pauvre et au chômage, qui désire ne plus "se prendre la tête", essaie trois démarches radicales, le hasard le propulse capitaliste millionnaire, mais sa vie a vraiment perdu tout son sens... alors une pirouette narrative qui frise le fantastique, le ramène à une sorte de synthèse des extrêmes.

Mais un livre pas con, où pointent des originalités amusantes et séduisantes. Comme la meilleure amie lesbienne qui, à chaque tentative d'insémination, va à la foire aux plaisirs faire un tour de grande roue, persuadée que la force centrifuge augmentera ses chances de grossesse. 

A lire un autre titre plus tardif du même auteur : La Disparition de Paris et sa Renaissance en Afrique, on sent que quelque talent est en gestation, aboutira, plus tard.

 

 

 

Martin Page, Comment je suis devenu stupide, J'ai lu, première édition Le Dilettante, 2000.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 11:59

 

 

 

lile.jpg

 

 

Voici un roman qui "se lit tout seul". Sur fond d'histoire (et d'histoire vraie, celle des révoltés du Bounty), Robert Merle nous donne à penser la construction d'une société, dans son organisation politique et ses fondements psychologiques : rapports entre hommes et femmes, entre blancs et "noirs", entre forts et faibles. De l'échec d'une société égalitaire ? de son impossibilité même. Qui mettra en péril l'idée même d'une polis.

Des marins anglais se mutinent et se voient contraints, pour éviter la pendaison, à vivre cachés dans une île qu'ils investissent comme un nouveau monde. Pour cela ils s'adjoignent des hommes et des femmes tahitiens. Mais comment, alors, construire une société ? C'est du Hobbes pur et dur, qui peut faire penser à certains moments à ce film fou (Battle royale) sous forme de fable cruelle, plus contemporain et qui se passe sur une autre île, du côté du Japon, où un jeu est organisé au sein d'une classe de collégiens à qui on donne des armes avec la consigne : "survivre".

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 20:59

Amélie s'en va, puis revient. Mais repart. Yan et Maria se quittent à cause d'une Olivia toujours là. Ali et Alex se déchirent. Un mois, puis un autre, et ça dure, en dent de scie, ça continue de durer et de faire mal. Emmanuelle a laissé une chance à Fred qui ne tient pas se promesses. Elle décide de lui en laisser encore une, elle veut y croire. Elle voit bien que ça ne sert à rien mais elle souffre quand même, dans l'espoir de. Les horreurs faites et dites par Isa convaiquent moins Mehdi que ses je t'aime distillés entre deux portes qui claquent. La valse hésitation des couples, leurs déchirures, leurs mots mauvais, les écorchures et les pensées jamais ne cessent, et tournent comme autant de petits chevaux de bois aux yeux tristes, aux couleurs vieillies, musique pauvre à la gamme étroite, notes répétées, rythme inchangé, monotone et entêtant, aux accents mélancoliques qui pincent les âmes. S'arrêtent, puis recommencent. Le coeur est un manège désuet.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 12:35

Ca monte, ça descend, à gauche, à droite et ça souffle en tourbillon. La pression change, la température et le ph, et les petits points que nous sommes s'entrechoquent, s'éloignent, se frôlent et échangent des bruissements à peine audibles. A droite, à gauche les voilà projetés, ils s'élèvent puis retombent, s'écrasent violemment, mollement, se font mal au front, des ampoules aux pieds, des blessures à l'âme. Ou bien éclatent de rire, de trop-plein, trop bu, ils vomissent, trop parlé, plus de voix, trop désiré, ils craquent, implosent, petits points sociaux et fragiles, humains, si humains. 

La saison est chaude, l'environnement bouillonne, l'eau bout à 100° sauf si d'autres facteurs interviennent et d'autre facteurs interviennent, entremêlés. On ne sait plus où donner de la tête, les agendas électroniques court-circuitent, les enceintes déversent des décibels qui ne couvrent pas les frissons, les ondes de peur, de plaisir, d'appréhension. La basse sourde les rires de gorge les regards indéchiffrables soutiennent ce rythme démentiel qui tend les nerfs plus à vif.

Montée, descente

Montée, descente

la chute est à négocier.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 20:54

On le dit, ou on le pense, de temps en temps, "... j'ai envie de rien". Ca tourne à vide, ça tourne pas rond, ça stagne ça bute.

Mais quelle jolie antiphrase. C'est tout l'inverse qui se joue. C'est un sentiment révolutionnaire, une vague désirante, un monde d'espérances qui se joue au fond de nous. C'est tout changer, tout renouveler, tout gagner, qu'on espère en réalité - en sachant qu'on est trop fatigué et bien trop mou pour s'en donner les moyens. C'est hypocrite de se persuader que non, merci, nous n'avons envie de rien - sachant pertinemment que c'est nous-mêmes qui sommes ... bons à rien. 

J'abandonne la partie, je vais prendre une douche, couper mon téléphone - tiens, voilà qu'il tombe et se casse, incroyable ! Ciao la compagnie, mieux vaut aller au lit, on verra demain, pour les révolutions. 


 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 19:46

Un titre de toute beauté pour un film de toute beauté.
C'est tout simplement sublime. Une fiction apocalyptique où l'on est écartelé entre schizophrénie et mythologie - pour moi Justine n'est pas une folle mais tient plutôt de la sybille. Où l'on est bousculé d'angoisses en fascination esthétique - car l'objet est d'abord un bel objet, les images d'une netteté criante quand elles se stabilisent. Car les plans sont flous, souvent, la caméra fluctue, tremble, comme on tremble avec les deux soeurs - fortes et sensibles, profondes, partagées entre amour et haine, entre tenir et désespérer, entre solitude extrême et désir d'attachements.

Les deux actrices, Kirsten Durst et Charlotte Gainsbourg, crèvent l'écran avec leurs faces crispées, leurs yeux tristes ou leur terreur, leurs sourires rares et lourds. Les seconds rôles sont excellents aussi, Charlotte Rampling (magnifiquement acariâtre), Kiefer Sutherland, et les autres.

 

 

 


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Melancholia, Lars Von Trier, 2011, avec Kirsten Durst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 11:48

Du grand art.
Peut-être trop grand, justement ?

Ce qui est sidérant chez Almodovar, et de plus en plus, je trouve, c'est la prégnance du scénario.
Celui-ci est tout-puissant, magistral, infaillible, béton. Une grande machine parfaitement huilée qui emporte les acteurs dans ses rouages et le spectateur avec qui se fait complètement ravir - tout est beau, du reste, du jeu des acteurs à la musique, aux décors, à ce grain de folie qui heureusement demeure (dans la première partie du film, ce côté dégingandé, déluré, qui donnait tant de bonheur dans les premiers films d'Almodovar)

D'où peut-être le fait qu'il capte toute l'attention, qu'il sature les yeux et les oreilles, au détriment peut-être de l'imagination, de l'interprétation, ... on voudrait un peu de blanc, des pointillés, du silence...

 

 


 

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Elena Anaya et, au fond, Antonio Bandera dans La Piel que habito de P. Almodovar, 2011

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 13:16

Ils arrivent à l'océan d'abord et les lumières fusent. Ils vont venir on le sait on le sent, la peau est électrique et les nuages rouges. On se téléphone - mais les réseaux résistent, déjà.
Le coeur gronde le tonnerre frappe on n'est plus qu'un petit point de métal, atome tremblant, recherchant ses pairs, isolants isolés. Une grosse pierre pour s'y réfugier, supplément de paupières s'il vous plaît, ne pas voir ne rien entendre, de la lumière de la musique de la chaleur et des voix, des klaxons, tout ce qui vit tout ce qui bouge et qui masque le monde.

De l'ouest du nord vers où et combien de secondes, de kilomètres, comment savoir, ignares et ridicules.Baignant dans l'irrationnel, consolés par l'irrationnel, tout ne ressemble plus à rien, y a plus de saison ma p'tite dame.

En attendant la dame est toute petite petite avec son coeur qui fait des bonds immenses.

Peut-on mourir d'orage ? mourir de peur ? de honte ?

 

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