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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:15

Film_521w_MysteryTrain.jpg

 

Quel bonheur de revoir un Jarmusch.

Il faut accepter de se perdre dans la lenteur de ces plans qui ne sont pas pressés de se succéder, dans ces dialogues bourrés de vide, dans ces rues paumées d'un Memphis fantôme (hanté justement de celui d'Elvis), dans ces heures perdues du milieu de la nuit qui n'en finissent pas de ne pas passer...
Et une fois qu'on y est, on est pris, oh oui, dans le blues, dans la voix envoûtante du DJ Tom Waits, dans le rire phénoménal de Screemin'Jay Hawkins, dans cette virilité exacerbée des jeunes chômeurs qui trompent leur ennui dans le whisky, et puis toujours on s'attache à ces personnages imparfaits, trop naïfs, trop cons, trop bavards, trop tristes, qui font toute l'épaisseur de ces films vraiment pas comme les autres.

 

Jim Jarmusch, Mystery train, 1989, et puis aussi ses autres films, tous aussi chaudement recommandés.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 18:34

Voilà un petit bijou méconnu du cinéma !

Ce film israëlien, l'unique, que je sache, du réalisateur Eran Kolirin, n'a pas fait beaucoup de bruit.
Pourtant il est drôle, intelligent, peu bavard, tout en finesse, touchant (et il touche juste).

La Fanfare de cérémonie de la Police d'Alexandrie, autrement dit une douzaine de policiers égyptiens en uniforme bleu ciel armés qui de son violon, qui de sa trompette, qui de son violoncelle, débarquent - c'est bien le mot ! - pour jouer dans le centre culturel d'une petite ville israëlienne. Sauf que personne ne vient les chercher à l'aéroport, qu'ils se débrouillent pour prendre un bus, et atterrissent dans une ville minuscule - presque fantôme - qui, à une ou deux lettres près, n'était pas leur destination d'origine.

Ils se retrouvent pris en charge par des habitants qui le veulent bien (ou presque), et là : des paumés égyptiens rencontrent des paumés israëliens. Sous des airs absurdes, des plans fixes, longs et déserts, cocasses souvent, le film va décliner ces face-à-face qui souvent se dénouent autour de la musique.

A voir absolument ! (et en VO, car chacun bien sûr parle sa langue, mais l'anglais les rapproche avec leurs accents uniques).

 

fanfare

 

 

 

La Visite de la fanfare, un film de Eran Kolirin, avec la superbe Ronit Elkabetz et le génial Sasson Gabai,  DVD : 2007 (Coup de coeur du jury - Un certain regard au Festival de Cannes).

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:18

Quelle gageure... se lancer dans l'adaptation cinématographique d'un chef-d'oeuvre littéraire.

En l'occurrence, un titre (D'autres vies que la mienne) aux multiples plans où celui du narrateur n'est pas le moins important, au contraire. Liant les trois histoires constitutives du roman, le point de vue du narrateur (qui est aussi l'auteur, et un personnage) donne une distance qui nous garde toujours sur la crête et empêche les récits de tomber dans le pathos.
Dans le film de Philippe Lioret, qui choisit, sur les trois histoires, d'en traiter, disons, une et demie, on est totalement privé de ce procédé ; il en résulte une histoire (et demie, allez) avec donc très peu de décalage, on est dans la fiction immédiatement - une fiction triste, triste, qui traitée gentiment comme elle l'est, nous fait tomber dans un pathos somme toute assez banal.

Le film n'est pas mauvais, non, et les acteurs se défendent (j'ai retrouvé avec plaisir une Marie Gillain oubliéé, qui a une certaine épaisseur malgré un rôle sans beaucoup de surprises) - les deux personnages secondaires, son mari, et la fameuse Céline qui n'est pas dans le livre - sont eux en revanche très très fades.

Mais c'était presque une fatalité...

De quoi réconcilier avec la littérature ceux qui auraient la tentation de la juger en deçà d'autres arts plus riches (cf mon dernier post !)

 

 

 


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Toutes nos envies, un film de Philippe Lioret avec Marie Gillain et Vincent Lindon, sortie en salle novembre 2011, librement inspiré du livre d'Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne.

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 21:59

Encore une série de la HBO dont on ne peut qu'être étonné par la teneur du scénario, le jeu d'acteurs et l'esthétique.

Saison 1 : Dans une cité chaude de Baltimore, des flics de la crim et des stups s'allient pour tenter de faire tomber le caïd. La hiérarchie de ces polices fait tout pour classer l'enquête toujours trop tôt, ce qui la rend d'autant plus complexe.

Il n'y a pas de raccourcis, pas de clichés, aucun manichéisme ; c'est juste, creusé, intelligent et addictif.

Vivement la 2.

 

 

wire1.jpg

 

 

 

The Wire, 7 épisodes à ce jour, de David Simon, co-écrite avec Ed Burns. Diffusion originale 2002-2008, disponible en DVD.

Avec Dominic West

 

 

 

 

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 19:46

Un titre de toute beauté pour un film de toute beauté.
C'est tout simplement sublime. Une fiction apocalyptique où l'on est écartelé entre schizophrénie et mythologie - pour moi Justine n'est pas une folle mais tient plutôt de la sybille. Où l'on est bousculé d'angoisses en fascination esthétique - car l'objet est d'abord un bel objet, les images d'une netteté criante quand elles se stabilisent. Car les plans sont flous, souvent, la caméra fluctue, tremble, comme on tremble avec les deux soeurs - fortes et sensibles, profondes, partagées entre amour et haine, entre tenir et désespérer, entre solitude extrême et désir d'attachements.

Les deux actrices, Kirsten Durst et Charlotte Gainsbourg, crèvent l'écran avec leurs faces crispées, leurs yeux tristes ou leur terreur, leurs sourires rares et lourds. Les seconds rôles sont excellents aussi, Charlotte Rampling (magnifiquement acariâtre), Kiefer Sutherland, et les autres.

 

 

 


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Melancholia, Lars Von Trier, 2011, avec Kirsten Durst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland.

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 11:48

Du grand art.
Peut-être trop grand, justement ?

Ce qui est sidérant chez Almodovar, et de plus en plus, je trouve, c'est la prégnance du scénario.
Celui-ci est tout-puissant, magistral, infaillible, béton. Une grande machine parfaitement huilée qui emporte les acteurs dans ses rouages et le spectateur avec qui se fait complètement ravir - tout est beau, du reste, du jeu des acteurs à la musique, aux décors, à ce grain de folie qui heureusement demeure (dans la première partie du film, ce côté dégingandé, déluré, qui donnait tant de bonheur dans les premiers films d'Almodovar)

D'où peut-être le fait qu'il capte toute l'attention, qu'il sature les yeux et les oreilles, au détriment peut-être de l'imagination, de l'interprétation, ... on voudrait un peu de blanc, des pointillés, du silence...

 

 


 

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Elena Anaya et, au fond, Antonio Bandera dans La Piel que habito de P. Almodovar, 2011

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 10:33

 

 

 

 

Cette reprise par Malia est belle - mais je n'ai pu trouver la version de Carlos d'Alessio.

 

India Song, le film de Margerite Duras. 1975. Delphine Seyrig et Michel Lonsdale.
Osé. Particulier.

Esthétiquement c'est une gageure. Filmer un château de Bourgogne, ces personnages immobiles, pour donner l'illusion qu'on est à Calcutta et que ces personnages parlent.

En réalité les voix sont off, la caméra est toujours à l'écart. On ne voit jamais le tableau d'ensemble. On ne voit que ce qui est hors champ.

Et l'obsession.

L'encens qui fume, les roses roses, la pénombre. Des silhouettes et des voix. Comme si on était dans l'idée, dans l'abstrait.

Une ambiance et des histoires croisées qui s'annulent. Des personnages qui s'annulent - ne supportent pas, jamais. La chaleur est trop forte, la mousson, l'amour, tout est insupportable.

La folie qui guette comme ce miroir omniprésent où tour à tour ils viennent se dédoubler.

Les plans fixes, ou si lents qu'on se demande quand, le mouvement.

Une sensualité.

Une lenteur - gênante, parfois.

Des paroles pour rien qui s'annulent elles aussi.


En revanche, le mouvement, l'énergie, sont dans la musique. Une musique qui fait le film, la réalisatrice lui a donné tout le champ, tout l'espace. Et cette musique est si belle, si pleine, qu'effectivement, le reste...

Elle le dit, Marguerite Duras :

"À vrai dire, je ne sais pas trop d’où il vient Carlos d’Alessio, on dit du pays argentin, mais lorsque j’ai entendu sa musique pour la première fois, j’ai vu qu’il venait du pays de partout, j’ai vu des frontières aplanies, des défenses disparues, la libre circulation des fleuves, de la musique, du désir, et j’ai vu que j’étais aussi bien de cette nation argentine que lui, Carlos d’Alessio, de ce Viêtnam, du Pacifique Sud, quelle joie, j’ai été heureuse, et je lui ai demandé de faire la musique pour un film de moi, il a dit oui, j’ai dit sans argent, et il a dit oui, et moi j’ai fait les images et les paroles en raison du blanc que je lui laissais pour sa musique à lui..."

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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 22:18

 

 

5fois2.jpg

 

 

Inutile de chercher à préserver le suspense : dès le début de ce film on en connaît la fin. C'est l'originalité de 5 x 2, de François Ozon, qui relate une histoire d'amour en cinq épisodes - la rencontre, le mariage, la naissance de l'enfant, une soirée de la vie de famille, le divorce - mais du dernier au premier.

C'est finalement banal, mais c'est cette banalité qui est peut-être l'héroïne de l'histoire, où tous pourront s'identifier, et où la lecture des textes de loi entourent un amour qui durera quelques années. Mariage civil, jugement de divorce.

Une réflexion joliment illustrée (notamment par la musique, et par le jeu des acteurs, avec une Valeria Bruni-Tedeschi décidément toujours si naturelle) sur le couple, ses fondements, son sens, sa fragilité - son impossibilité ? ou du moins son inscription forcée dans une durée limitée - c'est ce que suggèrent les modèles des différents personnages principaux et secondaires. 


(Un bon moment - mais tout de même loin, artistiquement, de ces pics délirants des anciens films d'un Ozon qui osait)


 

5x2 de François Ozon, avec Valéria Bruni-Tedeschi, Stéphane Freiss, Françoise Fabian, Michael Lonsdale - 2003.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 21:40

 

Je doute qu'on ait autant entendu parler de My Blueberry Nights que de In the Mood for love, deux films qui ont en commun leur réalisateur et le thème de la musique. A vrai dire ce n'est pas un chef-d'oeuvre, mais quand même une belle oeuvre. De ce film initiatique teinté de romanesque, qui prend des allures de road-movie, on ne peut que saluer l'esthétique, un régal. Comme toujours chez Wong Kar-Waï les scènes sont tournées comme des clips, où le moindre détail est travaillé, notamment ces couleurs envoûtantes, les musiques, les visages rendus sublimes (notamment ceux de Nathalie Portman, Rachel Weisz, Jude Law et je crois pour la première fois au cinéma la chanteuse Norah Jones, mignonne et naturelle). Beaucoup d'images sont saisies "à travers", de manière indirecte, derrière une vitrine, par le truchement d'une caméra de surveillance... et se superposent dans des tons toujours très chauds. De quoi excuser le kitch de certaines séquences, et finalement, passer un bon moment.

 

 

 

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Un film de Wong Kar-Waï (2007), avec Norah Jones, Jude Law, Nathalie Portman et Rachel Weisz

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:04

... ou la solitude de l'homme qui se sait traqué, pris entre son honneur et les autres règles.

Quel beau film, jouant sur l'économie des mots (la première parole tarde à arriver), où tout est dans les regards - celui des témoins, des femmes, des flics ... celui d'Alain Delon, un film à lui tout seul... 

 


 

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Le Samouraï, 1967, de Jean-Pierre Melville, avec Alain Delon, François Périer, Nathalie Delon et Cathy Rosier.

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