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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 09:14

Sylvie Testud - oui, l'actrice, est aussi une romancière confirmée, ce titre n'étant pas son premier.

Sibylle Mercier, la narratrice, exerce un poste à responsabilités dans la communication. Son quotidien parisien n'a rien de  romanesque : boulot, ménage de l'appartement, courses au supermarché, réunions du syndic de l'immeuble... mais il nous est donné à lire comme un roman d'aventures, en raison de l'extrême sensibilité de l'héroïne à toutes les choses qui l'entourent.

Autour d'elle, ses contraires : rien ne semble émouvoir son concubin et son amie, toujours d'humeur égale. Ce qui la plonge dans une solitude d'autant plus grande, à tenter de dépasser ses névroses, ses colères, ses petites angoisses.

Tout cela sonne très vrai ; le contemporain, le banal, sont ici drôles et pertinents, voire grinçants. Et surtout ce sont des pages vives, au rhythme pétillant, varié, et au style surprenant, qu'on a du mal à interrompre avant la dernière.

 

 

S.-Testud.jpeg

 

 

 

Sylvie Testud, Chevalier de l'ordre du mérite. Le Livre de poche, mars 2012. 232 pages. Edition originale : Fayard, mars 2011.

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 18:48

 

 

Ce roman est une farce, mais pas idiote pour un sou.

Allan Karlsson saute de la fenêtre de sa chambre au premier étage de la maison de retraite, le jour de son 100e anniversaire, pour échapper à la fête préparée en son honneur. Oubliant de se chausser, le voici un peu endolori qui va fuir la ville en pantoufles, tentant d'aller aussi loin que sa petite bourse lui permettra. Plus ou moins par erreur, il embarque la valise d'un loubard, et se retrouve en possession d'une énorme somme de billets à l'origine louche... 

Le voilà lancé dans une cavale improbable, poursuivi par la bande de gangsters, par la police, par la presse... et multipliant les nouveaux amis.

Des flash-back entrecoupent ces folles aventures, retraçant la longue vie de ce spécialiste des explosifs à qui le hasard a réservé une multitude de rencontres abracadabrantes. Nulle psychologie chez notre ami, qui toujours est guidé par la recherche d'un bon repas et surtout d'un petit coup à boire. Ce qui lui fera traverser l'histoire du 20e siècle, de coups d'Etat en révolutions, de l'Espagne à la Chine profonde en passant par Los Alamos et les Philippines.

Une adaptation cinématographique devrait arriver bientôt sur nos écrans. Si elle est bonne, on rira bien.

 

 

 

Le-vieux-qui-ne-voulait-pas-feter-son-anniversaire.jpg

 

 

Jonas Jonasson, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Presses de la Cité (et nouveau en poche chez Pocket), 2011. 468 pages. Traduit du suédois par Caroline Berg.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:28

- J'ai la fatigue des jours de pluie...

- Il fait pourtant un beau soleil ???

- Oui, c'est le soleil des jours de pluie, quand la fatigue mouille et que les escargots attrapent des lucites.
- Des lucites ?

- Un genre de luciole rouge, avec des boutons.

- Ah, je vois. A cause de la pluie

- Non, du soleil.

- ...

- Imagine, un lézard qui attraperait des coups de soleil.

- Il ne saurait plus où aller.
- C'est ça.

- Alors vivement la nuit.

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 12:35

J'ai rendez-vous avec Monsieur X, expert-comptable. Je tourne dans la rue, aperçois un cabinet d'experts-comptables. Je me gare. Avale un petit bonbon à la menthe. Attrape ma sacoche, mon sac. Eteins le poste de musique. Quitte ma voiture et me dirige vers l'établissement. Je suis concentrée. Je sonne et entre. Deux secrétaires sont en pleine discussion, elles s'interrompent, l'une d'elles est prête à me renseigner.
- Bonjour Madame, c'est bien ici, Monsieur X ?

- An non Madame, lui c'est plus loin, vous remontez dans la rue, trois blocs à gauche, après la Poste.

- Ah, très bien, merci beaucoup, au revoir.

- Au revoir madame.

Demi-tour. Je remonte dans ma voiture, repose mes sacs, rallume le poste, démarre, et me rends à la bonne adresse.

 

Et après ?

Et après rien. C'est un "épisode" sans sens, complètement gratuit. Nul besoin de comparer la vie à la littérature ou au cinéma. Certes, dans l'une ou dans l'autre, j'aurais croisé quelqu'un, pendant cet intermède. Ou j'aurais reconnu dans la seconde secrétaire, la femme de mon amant, ou la maîtresse de mon mari, peut-être ? Ou encore, je n'aurais pas pu redémarrer la voiture, ou un camion fou m'aurait attendu sur la route pour faire une manœuvre à ce moment précis...

Mais non, la vie, elle, est beaucoup moins calculatrice. Ça s'est passé comme ça, et c'est tout. Un peu déceptif, ou bien, calme et tranquille, ou bien encore absurde, au choix. 

Après, rien, c'est un épisode pour rien, ce n'est même pas un épisode.

Inutile de comparer la vie à un roman.

Ou alors, à un mauvais roman !


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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 18:44

Elle pleure. L'ennui, sans doute. Elle aime tant la compagnie. Mais elle est seule, il n'y a pas un chat.

Elle aime tant les chats. Entre ses murs, son petit balcon, la musique l'indiffère. Elle ne sait pas lire et le poste est éteint. Ou plutôt, il n'y a pas de poste. Il faudrait lui acheter une petite télévision. 30 millions d'amis, ça l'occuperait. Mais peut-être qu'au contraire, ça la renverrait à sa solitude. Car elle n'a pas tant d'amis que ça. Et ils ne viennent pas souvent. Ils lui manquent, sans doute. Elle pense à l'un, à l'autre, à sa nouvelle amie - elle qui n'a jamais beaucoup apprécié les filles, elle s'est attachée, à elle. Mais elle n'est pas là. Et dehors, quand elle glisse la tête au-dessus de la rambarde, la pelouse est vide, silencieuse. Les arbres même ne bougent pas et les machines se sont tues.

Alors elle pleure.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:24

Allez, courage, un autre café, un petit tour ici, il faudra bien, de toute façon, les copains vont arriver, c'est le dernier week-end, avec camion, fourgonnette, et il faudra bien leur donner des cartons à mettre dedans - pleins.

Il faut, oui, mettre sa maison dans un carton. Je l'aurais bien prise toute entière, ma maison sur cales, avec ses cales, je lui mettrais des roues, et je la tirerais, mais le décor aussi manquerait, les lapins, les poulets, le petit chat, et Françoise avec ses mots doux à lui, son petit chat, et lui qui lui répond, l'odeur du figuier, les chênes, les cerisiers.

Ca pince, là, tu vois.

C'est le signe qu'il ne faut pas réfléchir : remettre le beurre au frigo avant de fondre...

Tourner son regard, devant, devant, dans le camion de samedi prochain, dans les nouveaux murs, là-bas ce seront des pins, une autre campagne. 

Je reviendrai pour les œufs, un café, je ne vais pas loin, je vais au Sud, je vais devant, c'est ainsi.

Le mobilhome existera toujours.

Et l'avenir aussi.

Et nous aussi, dans cet entre-deux qui ne s'arrête jamais, même immobiles, comme dans un train en marche, toujours les rails devant, les rails derrière, tout dépend du regard, du wagon, on n'y peut rien, la locomotive crache, et les roues tournent.


 

 

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 22:07

Qu'est-ce donc que cette fatigue, ce sommeil qui nous écrase, tôt le soir, tard le matin, et souvent, insidieuse, entre une cigarette et un morceau de chocolat, entre un classeur Excel et un coup de téléphone ? je me permets de dire "nous", car en ces derniers jours de janvier qui s'étire, dixit mon petit pharmacien, les Bion et autres cocktails vitaminés se vendent très bien.

Quelques hypothèses :

- l'hiver, révélant en nous la bête à poils qui a perdu le nord, mais qui aurait gardé, pas très profond dans son inconscient, l'habitude de l'hibernation

- une maladie transmise par une mouche - de nombreuses mouches agonisent autour de moi en ce moment, venant étayer cette hypothèse - et même des punaises

- un changement d'heure qui aurait eu lieu, l'heure du plein-hiver, les horloges, montres, pendules, en ayant décidé d'elles-mêmes et sans prévenir personne (mon portable tombe souvent, en ce moment, il aura profité d'une coupure ou même aurait sauté au sol, tout seul, pour se régler, oui, c'est peut-être ça)

- des syndicats d'attentes, petites tristesses, déceptions minimes, colères étouffées, craintes chuchotées, qui, s'étant additionnées, l'union faisant la force, font leur petite révolution silencieuse, s'attaquant aux sels minéraux et aux globules blancs, les ayant réduits à leur cause, d'où ces perturbations sur la ligne

- des ... je ne sais plus, je vais me coucher, tiens.

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 16:38

- Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles

- Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

- Anna Gavalda, Ensemble, c'est tout

- Véronique Ovaldé, Et mon cœur transparent

 

 

Si la question est : mais que faisaient-ils dans ta bibliothèque, je dirais qu'au moins j'ai essayé (oui, oui, j'ai essayé de les lire.

Si la question est : pourquoi sont-ils tous écrits par des femmes ? je dirais.... je dirais... que je n'en sais rien.

Si la question est : pourquoi ces titres sont-ils tous plus ou moins des best-sellers ? je dirais... que c'est une vraie question.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:50

La-disparition-de-Richard-Taylor_2.jpg

 

 

 

  ... ou le canon des solitudes...

Richard Taylor, situation professionnelle établie, jeune propriétaire d'un appartement au centre de Londres, récemment marié et tout nouveau papa, se rend compte qu'il n'a jamais vécu que la vie qu'on a voulu qu'il mène, et s'enfuit, sans même un mot d'adieu. Il envoie une seule lettre à sa mère, règlement de comptes, où il parle d'un départ imminent pour Tokyo.

Et cette disparition est contée en creux : d'un chapitre à l'autre, d'une narratrice à l'autre, d'une détresse à l'autre, les femmes autour de Richard prennent la parole, son épouse, sa collègue de travail, sa mère, et d'autres, croisées sur la route, nous font saisir par bribes l'errance de jeune homme et le chemin de son désespoir.

 

Un petit roman qui se dévore tout seul. Et toutes ces voix, qui s'enchaînent comme un canon, nous le font imaginer aussi joué au théâtre.

 

 

Arnaud Cathrine, La Disparition de Richard Taylor, Verticales, 2007. Edition poche : Folio, 2008.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:44

Besoin d'un cocktail vitaminé au fin fond de l'hiver ? Ecoutez les Easybeats ! Ils sont euphorisants !

Ce groupe de rock australien des années 60 est loin d'être inconnu, il est méconnu. Car en Australie ils furent des stars, et même les seuls à s'exporter partout sur la planète à l'époque. Et ils ont inspiré des générations de musiciens, dès lors - à se demander qui n'a pas repris l'un ou l'autre de leurs morceaux, des Rolling Stone à Johnny Halliday, en passant par Gary Moore, Nina Simone, Tina Turner et même Céline Dion.

Quelle ne fut pas ma surprise en les découvrant de constater que ce sont eux qui ont écrit et composé "See line woman" - connu via Nina Simone et bien d'autres.

En tout cas, ça bouge, ça swingue, ça rocke et ça fout la patate.

 

Pour l'anecdote, le guitariste, George Young, est l'aîné des frères fondateurs d'AC/DC

 

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