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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 09:24

En passant comme je le fais systématiquement d'une station radio (infestée de spots publicitaires) à MA station radio fétiche, qui ne passe jamais de pubs, et qui a en plus le mérite d'être éclectique au possible et de nous faire jouir toute la journée d'une très large playlist, ce qui n'est pas le cas des autres chaînes musicales, mais là je m'éloigne de mon sujet..., j'ai dû être interpellée par le début de l'échange entre comédiens à vocation promotionnelle, et je l'ai écoutée, donc, cette pub pour la Twingo.

En substance, un fils demande à sa mère, qui le conduit au collège, de s'arrêter au bout de la rue pour ne pas que ses copains les voient dans cette "vieille voiture". La suite est naturelle, en effet, c'est tellement honteux d'avoir une vieille voiture pourrie, la loose, enfin, ça ne peut plus durer, infliger cette infamie à son pauvre gosse soumis au regard de ses petits camarades, que vite, vite, on va aller acheter une Twingo ; certes, ce n'est pas une Mini Cooper, mais le crédit sera plus léger et puis au moins elle sera neuve, la voiture, et puis comme ça on pourra lui offrir l'IPhone 5 au gamin à Noël, en priant pour gagner au Millionaire et pouvoir payer une Rolex à son daron, et avoir la tête haute, au collège, au travail et en croisant les voisins. 


 

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 21:42

Des femmes sont assises sur des chaises. Elles parlent les unes après les autres, mais en se coupant la parole, à la manière d’un canon.

 - Voilà que reviennent de vieilles questions 

- Lancinants refrains de l’adolescence

- Je suis folle, ils le disent tous

- Déjà, petite, à l'école...

- Si différente et parfois trop complexe pour me comprendre moi-même

- Des contours un peu flous, des creux des bosses des zones très colorées et d’autres si sombres, une obscurité qui résiste et qui force, une obscurité solide

- (vite) Comme si mon esprit avait un autre corps, et mon corps un autre esprit, infidélités mystérieuses, duplicités insaisissables, formes gigognes, qui toujours ne s’épousent pas, des boules dans des carrés, des cubes dans des ronds

- Et des bulles…

- Et une notice toujours déjà perdue

- (criant) Des poupées russes !

- Des hommes, différents ou complémentaires, des désirs contradictoires, des questions sans réponses, des choses qui tournent et retournent, et pas toujours rond, monsieur le policier, j’ai ma névrose, mais QUI n’a pas sa névrose

- (marmonnant) Des angoisses semblables à des bans de brume semblables à des boules de gomme semblables  

- De la pluie du soleil et météofrance qui déraille

- (détachant les syllabes) un air de déjà-vu, de déjà-entendu, des spirales des sinusoïdes, un éternel retour

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 14:18

Quelle gageure... se lancer dans l'adaptation cinématographique d'un chef-d'oeuvre littéraire.

En l'occurrence, un titre (D'autres vies que la mienne) aux multiples plans où celui du narrateur n'est pas le moins important, au contraire. Liant les trois histoires constitutives du roman, le point de vue du narrateur (qui est aussi l'auteur, et un personnage) donne une distance qui nous garde toujours sur la crête et empêche les récits de tomber dans le pathos.
Dans le film de Philippe Lioret, qui choisit, sur les trois histoires, d'en traiter, disons, une et demie, on est totalement privé de ce procédé ; il en résulte une histoire (et demie, allez) avec donc très peu de décalage, on est dans la fiction immédiatement - une fiction triste, triste, qui traitée gentiment comme elle l'est, nous fait tomber dans un pathos somme toute assez banal.

Le film n'est pas mauvais, non, et les acteurs se défendent (j'ai retrouvé avec plaisir une Marie Gillain oubliéé, qui a une certaine épaisseur malgré un rôle sans beaucoup de surprises) - les deux personnages secondaires, son mari, et la fameuse Céline qui n'est pas dans le livre - sont eux en revanche très très fades.

Mais c'était presque une fatalité...

De quoi réconcilier avec la littérature ceux qui auraient la tentation de la juger en deçà d'autres arts plus riches (cf mon dernier post !)

 

 

 


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Toutes nos envies, un film de Philippe Lioret avec Marie Gillain et Vincent Lindon, sortie en salle novembre 2011, librement inspiré du livre d'Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 11:25

L’écriture est pauvre. Elle est privée de l’image, elle est privée de la musique.
Or tout acte de création passe par l’image, passe par la musique. Vient d’une vision ou d’un rythme, d’une chanson ou d’un paysage, d’un visage. Elle n’a que les mots pour tenter de donner l’idée de ce qu’elle ne peut montrer. De pauvres mots qu’elle doit travailler, dans leur étymologie, dans leurs sonorités, dans des assemblages nouveaux, un casse-tête à y perdre son latin, à y chercher son français, à y laisser sa raison.
J’écoute un morceau que je ne peux en aucune manière retranscrire. Je ne peux que me contenter d’essayer (au risque de nombreux malentendus), de retracer l’impression qu’il me fait. L’état où il me met. Vouée à l’échec. A l’en deçà.

Tant pis. On fera avec. On n’a pas le choix.

Car si on choisit de la vidéo, avec son offre généreuses de couleurs et de sons, de mouvements : le risque plane aussi du malentendu. Le recours aux mots est cette fois limité, et redonner – texto, si je puis dire – ce morceau de musique – c’est s’exposer à ce qu’il soit reçu de mille manières incontrôlables.

Moralité : avec mes mots, avec mes intentions visuelles ou musicales, avec toute la bonne volonté, je ne peux que m’exprimer, moi, au moyen de petits moyens, au risque de les mal exploiter, et sachant bien que je ne communiquerai jamais ce que, ou comme, je souhaite.

Ce qui est entré en moi et que je voudrais, naïvement, partager, je ne peux que lui redonner une forme nouvelle, imparfaite, qui arrivera à des destinataires, à nouveau recalculée, redessinée, réinterprétée, affadie ou enrichie d’intentions nouvelles – différentes.

Tant pis. On fera avec. On n’a pas le choix.

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:51

Il y a Patricia qui aime le miel, et Julie qui ne sait pas dire non. Il y a Philippe qui sort du bain, et Anissa qui prend un train. De l'autre côté du train,  Lila qui pleure. Karine lit Emmanuel, tandis qu'Emmanuel n'aime pas les sous-métiers. Il y a aussi un garçon qui n'aime pas les femmes, et une femme qui croit aimer un homme qui ne l'aime pas. Il y a Jean sous sa couette qui est malade et fronce les yeux en lisant une pièce de Racine, parce qu'il n'a pas le choix. Pas très loin, Hélène et Nicolas reçoivent Léna, Mark et leurs enfants ; peut-être qu'ils mangent des tartes aux pommes et boivent du cognac sur un petit fond de musique. Le chat mendie et fait l'intéressant. De temps à autre Hélène se lève et va à son ordinateur. Un couple en noir et blanc arrive au pays du soleil pour le week-end. Il y a aussi un certain nombre de photos qui bougent sur la toile. Et des millers de Chinois qui se marient. Il y a mon pyjama qui est si confortable même s'il est trop long. Il y a un chien qui bronze. Il y a un homme et une femme dans une chambre d'hôtel trop climatisée dans un pays où il fait très chaud, ce qui explique que l'homme a une belle crève. Il y a des croyants qui tournent, tournent et tentent de ne pas se faire piétiner. Il y a Nora qui reçoit sa maman, a sans doute rempli le frigo - soles, Mont D'Or, vins blancs et rouges de qualité, et tant de choses à se dire. Il y a Nicole, Fred, Céline et Céline, qui relisent leur texte de théâtre.

Et il y a le soleil qui n'est pas pressé, et Fip non plus, qui fête ça tout doucement.

Cucurucucu... Paloma...

 

 

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 21:59

Encore une série de la HBO dont on ne peut qu'être étonné par la teneur du scénario, le jeu d'acteurs et l'esthétique.

Saison 1 : Dans une cité chaude de Baltimore, des flics de la crim et des stups s'allient pour tenter de faire tomber le caïd. La hiérarchie de ces polices fait tout pour classer l'enquête toujours trop tôt, ce qui la rend d'autant plus complexe.

Il n'y a pas de raccourcis, pas de clichés, aucun manichéisme ; c'est juste, creusé, intelligent et addictif.

Vivement la 2.

 

 

wire1.jpg

 

 

 

The Wire, 7 épisodes à ce jour, de David Simon, co-écrite avec Ed Burns. Diffusion originale 2002-2008, disponible en DVD.

Avec Dominic West

 

 

 

 

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 12:56

Camille : une très grande.

 

A mon sens elle sont deux dans ce qu'on pourrait appeler la nouvelle chanson française, à vraiment tenir la route, leur cap, à nous embarquer systématiquement dans un univers nouveau mais toujours reconnaissable, à crever les enceintes avec une voix enchanteresse, à étonner l'auditoire avec une recherche dans leur musique, un véritable travail d'invention, un côté authentique, unique - un art, au sens propre, au sens d'une création.

Emilie Simon et Camille.
Camille vient de sortir son 3e album. A la hauteur des précédents, en termes de qualité, et de nouveauté.

Welo veyou Camille.

 

 

 

 

 

 

Camille.jpg

 

 

photo : www.camille-music.com

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 18:53

- OU SONT CES PUTAINS DE CARTES ?

- Oui mais que veux-tu, il pleut et il fait nuit, où veux-tu aller ?

- Eh bien, je n'ai pas envie, pas envie de repasser, pas envie de faire à manger, pas envie de converser ni de regarder la télé, envie de rien, courir, si peut-être, courir nu sur la plage

- Y a les gens qui viennent, les gens qui viennent, calme-toi

- Dites, dites, vous connaissez la blague de la pute qui pète ?

- Les gens qui viennent et rien n'est prêt !

- Tiens donc, gémeaux : mercure est en mars

et les femmes viennent de pigalle

- et vous aurez quelques petits problèmes de nerfs

les nerfs comme une pelote, emmêlée, des fils partout des noeuds de la laine qui pique et le chauffage est trop fort ;  les nerfs comme de la pâte à modeler de la pâte à péter de la pâte à pain loupée

- Mais où sont, où sont, où sont passées mes clopes

- Ce qu'il faudrait là, c'est installer un groupe. Un bon gros groupe bien hystérique avec de la basse bien grasse. Dans le coin, là, non ? 

- "S'énerver" : amusant, que ce soit un verbe pronominal, comme ça. Je m'énerve, tu t'énerves. Comme si au fond, quelle que soit la chose qui te gonfle, finalement, c'est toujours à toi-même que t'en veux

- Et puis tu crois que commander une autre bière c'est la solution ? enfin on va pas y passer la nuit, dans ce rade, et peut-être que tu pourrais...

- travail : à vous de provoquer de nouvelles oppo... opportunités. Mais gare à votre goût pour l'aventure, parfois la sécurité est appréciable.

- Attends, attends, là, je te parle d'in-sa-tis-faction. Tu sais ce que c'est toi ? un appétit grand comme ça, les yeux plus gros que le ventre, et le ventre plus gros que les yeux, comme un con au cul de l'infini, celui qui te tourne le dos, qui te pisse à la raie, et qui te laisse en plan, à te branler comme un nase avec un demi-smic pour t'arroser de krö ? avec des rêves que t'as laissé passer, que tu fais que laisser passer, parce que t'as même pas une petite caisse pourrie pour les faire monter dedans et leur faire faire un bout de chemin. Même pas un... tu m'avances la suivante ? demain, je paie ma tournée. 

 

 

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:29

Il n'est peut-être pas judicieux de se lancer dans la "critique" d'un livre qu'on vient juste de refermer, alors qu'on est encore dans cet état second comme seules peuvent nous plonger deux heures dans le noir d'une salle de cinéma où on s'est fait littéralement emporter par la magie du grand écran.

C'est d'autant moins judicieux quand l'émotion va crescendo dans la dernière partie de ce livre.

Mais c'est peut-être aussi une façon de ne pas rompre trop vite avec cet univers, d'en prolonger l'envoûtement.

Ce livre, c'est Les Corrections, de Jonathan Franzen. Une boule à facettes ! brillant, aux côtés innombrables, autant de reflets du réel que de mini-mirroirs...

C'est la pâle image qui me vient, sur le moment. En réalité Il y a mille histoires en une, le lecteur est mené d'un personnage à un autre, d'un délire au suivant, et en redemande, quitte à être un peu perdu, sachant qu'on retombera bientôt. A la façon d'un Gabriel Garcia Marquez.

Et ce qui est terrible dans ce roman, c'est son grinçant réalisme. Le piège tendu de toutes parts de l'identification - tout y est à la fois loufoque, distordu et palpitant, d'aventures en aventures (de toutes sortes), et en même temps si banal, si salement vrai, si universellement commun, de ces choses de tous les jours qu'on connaît si bien, petites babioles ringardes, petits sentiments honteux, .... mais qu'on a l'impression de lire pour la première fois dans un livre.

En même temps un vrai style d'écriture - parfois un peu snob, peut-être, mais pétillant et cinglant, avec des images osées, une satire franche, des caricatures culottées qui tiennent la route - les routes.

Oh, j'aime, j'aime.

 

 

 


Franzen.jpg

 

 

 

 

Jonathan Franzen, Les Corrections, en poche chez Points, 2003, 704 p. Edition originale américaine Farar, Straus and Giroux, 2001, édition originale française : L'Olivier, 2002.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:04

C'est une chanson de la rue Kétanou (mais si, vous savez, c'est pas nous / qui sommes à la rue / c'est la rue qu'est à nous) :

 

Je n'sais pas

où je vais

et je l'ai jamais bien su

mais si demain,

je le savais,

je crois bien que je n'y irais plus

 

Eh oui, une grande philosophie se cache derrière ces musiques de rue,

Savoir, on veut tous tout savoir, et pourquoi et comment et surtout demain ? où ?

Et où ça m'emmène ?

C'est le temps qui nous y conduit et lui seul le sait, et c'est très bien comme ça, la route est belle, ouvrons les vitres, montons le son, ouvrons les yeux les oreilles et le nez, ça sent le feu de bois, la terre mouillée, le virage, en pleins et en déliés, des pentes et des descentes, un piéton à droite, un vélo rouillé, un canapé sur un trottoir offert à sa prochaine vie, et il n'est pas impatient, lui, et il en a vu, lui, avec sa mousse qui déborde, ses ressorts défoncés, sa couleur usée.

Bras ouverts à contempler la route.

 

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