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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 22:04

C'est la voix de Jean-Louis Murat qui accroche, au premier abord. Un timbre unique, envoûtant, sensuel je dirais.

Et vraiment rare.

Les rythmes aussi envoûtent. A condition de vouloir se prêter au jeu du manège, et de ses tours. Il paraît que cela s'appelle l'ostinato - cette petite phrase qui ouvre un morceau, et qui se répète, se répète, sur laquelle tout va venir se poser.
Oui toutes ses chansons - certaines plus, d'autres moins - sont ainsi structurées.

Et en concert, sur la tournée 2013 du dernier album, "Toboggan", une mise en scène plutôt séduisante vient redoubler l'ostinato : trois écrans dans le dos des deux musiciens sont disposés comme un paravent, et s'y projettent des images qui bougent. Des plans qui durent à chaque fois le temps de la chanson : la caméra est embarquée dans la voiture et c'est une route de campagne, la nuit quand il neige. Ou bien des images d'une cédéthèque, et ça tourne en boucle. Ou quelque chose qui ressemble à un manège, aux jambes d'une fille. On flirte avec l'abstrait, mais on est plongé à chaque morceau dans une couleur, une ambiance. Et la tête tourne.

Quant à la musique, c'est amusant, car il y a Jean-Louis Murat avec sa guitare électrique, et le batteur avec sa batterie. Point. Tous deux en costard cravate semblent deux directeurs financiers échappés d'une réunions. Ils sont dans la retenue, pas d'hystérie, on assume son âge et sa cravate, on "lâche rien", dit le chanteur dans un clin d'oeil. Ses textes sont entre raffinement extrême et absurde. En fait on est dans le décalage permanent avec ce Murat aux yeux bleus, presque l'oxymore.

Très très bon moment pour qui aime cet univers de balade / rock (oui oui, les deux), pas forcément réservé aux initiés, car l'ostinato justement donne très vite un sentiment familier.

 

Murat_face.jpg

 

 

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 21:35

Je suis allée écouter / voir Amandine Beyer jouer des sonates et partitas de Bach, sur un violon d'époque.

Cette fille (car elle est jeune, jeune) est incroyable. Dans son petit jean slim gris, avec sa coupe de garçonne, pas maquillée ou si simplement, elle est debout et elle joue du violon, sur une scène nue et des petits talons noirs.

De temps en temps elle explique son programme, le sourire aux lèvres, comme si elle était devant toi, à la maison.

Dans cette parfaite économie de gestes, de mise en scène, dans une admirable discrétion - on dirait "naturelle" - la voici qui débite ces mouvements qui te rentrent dans les tripes, crescendo.

Il paraît qu'une petite querelle sépare les grands musiciens, je la mettrais volontiers du côté de ceux qui ne revendiquent aucune interprétation quand ils jouent en public. Ceux-là avouent simplement aligner les notes, pour arriver au bout de leur programme, dans le tempo, réservant le travail d'intention aux enregistrements studio, quand ils peuvent monter les morceaux a posteriori.
Amandine Beyer serait de ceux-ci, et par la grâce du hasard, tout naturellement, elle ferait de cette oeuvre magistrale un moment grandiose.

 

arton62282.jpg © Jean-Baptiste Millot pour Qobuz.com

 

 

 

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 21:58

"Resistencia ! Les chants de la liberté" est le titre d'un spectacle musical mis en espace par Khaï-dong Luong et réunissant 4 artistes : la chanteuse et luthiste palestinienne Kamilya Jubran, le Brésilien Ronaldo Lopes au théorbe et à la guitare baroque, le chanteur Bruno Bonhouse, un peu homme-orchestre sur les bords et, à la harpe romane, Antoine Guerber. 

Etrange association me direz-vous, ne serait-ce qu'au niveau des instruments... encore enrichie par la diversité historique et géographique du répertoire interprété pendant cette soirée au Théâtre des Quatre Saisons à Gradignan. Chants médiévaux et contemporains de France, Syrie, Argentine, Italie, Egypte, Brésil et la liste est encore longue.
Le point commun à ces morceaux est dans le titre du spectacle. Mais surtout le travail des artistes contribue à créer une harmonie incroyable, ce que ne vient aucunement gâcher leur évidente complicité.
Une émotion folle se dégage de cette musique, à peine illustrée par quelques images projetées dans le fond de la scène. Le chant ténor de Bruno Bonhouse, souvent en ancien français, pourrait surprendre voire dénoter quand il se superpose à la voix profonde, toujours en arabe, de Kamilya Jubran. Et pourtant après quelques morceaux l'alternance devient harmonie pure et on se laisse complètement porter par mélodies et rythmes. 

J'ai annoncé cet article en ne nommant que Kamilya Jubran... Je n'ai pas pu m'empêcher de la mettre en exergue car elle m'a fait une impression très forte. Avec son aoud (une femme luthiste, c'est aussi rare que c'est beau) qu'elle manipule en virtuose. Avec son élégance sobre et un peu masculine et dans le même temps justement, une féminité franche, absolue, se dégage de cette présence. Avec sa voix qui glisse dans les graves, dans les aigus... avec ses chants où l'on hésite entre battre la mesure, sourire et pleurer... 


48_-_Diabolus_Noirlac_-_c_Benjamin_DUBUIS_2012_site.jpg

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 22:35

Le frère et la sœur, no comment et chair de poule !

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 22:38

Le nom du groupe est déjà une belle promesse.

Si de nombreux morceaux de ce trio grenoblois sont assez déjantés, celui-ci a une facture plutôt classique et il est de toute beauté.
Le clip a tout pour lui : l'océan et l'absurde.
J'adore.

 

 

 

 

 


 
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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 19:44

Besoin d'un cocktail vitaminé au fin fond de l'hiver ? Ecoutez les Easybeats ! Ils sont euphorisants !

Ce groupe de rock australien des années 60 est loin d'être inconnu, il est méconnu. Car en Australie ils furent des stars, et même les seuls à s'exporter partout sur la planète à l'époque. Et ils ont inspiré des générations de musiciens, dès lors - à se demander qui n'a pas repris l'un ou l'autre de leurs morceaux, des Rolling Stone à Johnny Halliday, en passant par Gary Moore, Nina Simone, Tina Turner et même Céline Dion.

Quelle ne fut pas ma surprise en les découvrant de constater que ce sont eux qui ont écrit et composé "See line woman" - connu via Nina Simone et bien d'autres.

En tout cas, ça bouge, ça swingue, ça rocke et ça fout la patate.

 

Pour l'anecdote, le guitariste, George Young, est l'aîné des frères fondateurs d'AC/DC

 

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 21:43

 

No comment !

 

 

Hubert-Félix Thiéfaine, une chanson au hasard (ou presque)

 

accompagnée des paroles (petit texte ci-dessous)

 

 

 

 

 

 

 

 

J'me sens coupable d'avoir assassiné mon double dans le ventre de ma mère et de l'avoir mangé

J'me sens coupable d'avoir attenté à mon entité vitale en ayant tenté de me pendre avec mon cordon ombilical
J'me sens coupable d'avoir offensé et souillé la lumière du jour en essayant de me débarrasser du liquide amniotique qui recouvrait mes yeux la première fois où j'ai voulu voir où j'en étais

J'me sens coupable d'avoir méprisé tous ces petits barbares débiles insensibles, insipides et minables qui couraient en culottes courtes derrière un ballon dans les cours de récréation
Et j'me sens coupable d'avoir continué à les mépriser beaucoup plus tard encore alors qu'ils étaient déjà devenus des banquiers, des juges, des dealers, des épiciers, des fonctionnaires, des proxénètes, des évêques ou des chimpanzés névropathes
J'me sens coupable des lambeaux de leur âme déchirée par la honte et par les ricanements cyniques et confus de mes cellules nerveuses
Je me sens coupable, coupable !

J'me sens coupable d'avoir été dans une vie antérieure l'une de ces charmantes petites créatures que l'on rencontre au fond des bouteilles de mescal et d'en ressentir à tout jamais un sentiment mélancolique de paradis perdu
J'me sens coupable d'être tombé d'un tabouret de bar dans un palace pour vieilles dames déguisées en rock-star, après avoir éclusé sept bouteilles de Dom Pé 67 dans le seul but d'obtenir des notes de frais à déduire de mes impôts
J'me sens coupable d'avoir arrêté de picoler alors qu'il y a des milliers d'envapés qui continuent chaque année à souffrir d'une cirrhose ou d'un cancer du foie ou des conséquences d'accidents provoqués par l'alcool
De même que j'me sens coupable d'avoir arrêté de fumer alors qu'il y a des milliers d'embrumés qui continuent chaque année à souffrir pour les mêmes raisons à décalquer sur les poumons en suivant les pointillés
Et j'me sens aussi coupable d'être tombé de cénobite en anachorète et d'avoir arrêté de partouzer alors qu'il y a des milliers d'obsédés qui continuent chaque année à souffrir d'un claquage de la bite, d'un durillon au clitoris, d'un anthrax max aux roubignolles, d'une overdose de chagatte folle, d'un lent pourrissement scrofuleux du scrotum et du gland, de gono, de blenno, de tréponèmes, de chancres mous, d'HIV ou de salpingite
Je me sens coupable, coupable !

J'me sens coupable d'être né français, de parents français, d'arrière-arrière... etc. grands-parents français, dans un pays où les indigènes pendant l'occupation allemande écrivirent un si grand nombre de lettres de dénonciation que les nazis les plus compétents et les mieux expérimentés en matière de cruauté et de crimes contre l'humanité en furent stupéfaits et même un peu jaloux
J'me sens coupable de pouvoir affirmer qu'aujourd'hui ce genre de pratique de délation typiquement française est toujours en usage et je prends à témoin certains policiers compatissants, certains douaniers écoeurés, certains fonctionnaires de certaines administrations particulièrement troublés et choqués par ce genre de pratique
J'me sens coupable d'imaginer la tête laborieuse de certains de mes voisins, de certains de mes proches, de certaines de mes connaissances, de certains petits vieillards crapuleux, baveux, bavards, envieux et dérisoires, appliqués à écrire consciencieusement ce genre de chef-d'oeuvre de l'anonymat
J'me sens coupable d'avoir une gueule à être dénoncé

Je me sens coupable, coupable !

J'me sens coupable de garder mes lunettes noires de vagabond solitaire alors que la majorité de mes très chers compatriotes ont choisi de remettre leurs vieilles lunettes roses à travers lesquelles on peut voir les pitreries masturbatoires de la sociale en train de chanter c'est la turlutte finale
J'me sens coupable de remettre de jour en jour l'idée de me retirer chez mes Nibelungen intimes et privés, dans la partie la plus sombre de mon inconscient afin de m'y repaître de ma haine contre la race humaine et même contre certaines espèces animales particulièrement sordides, serviles et domestiques que sont les chiens, les chats, les chevaux, les
chè-è-vres, les Tamagochis et les poissons rouges J'me sens coupable de ne pas être mort le 30 septembre 1955, un peu
après 17 heures 40, au volant du spyder Porsche 550 qui percuta le coupé Ford de monsieur Donald Turnupseed
J'me sens coupable d'avoir commencé d'arrêter de respirer alors qu'il y a quelque six milliards de joyeux fêtards crapoteux qui continuent de se battre entre-eux et de s'accrocher à leur triste petite part de néant cafardeux
Je me sens coupable, coupable !

 

 

 

 

 

Tiré de l'album Le Bonheur de la tentation (1998)

 

 

 

 

 

 

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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 19:29

 

 

Thiefaine_2011.jpg

 

 

Belle découverte que ce HFT. (il était temps, me direz-vous)

- Un vrai écrivain.Avec des textes fous de beauté, poésie crue.  - Un vrai musicien - Un vrai interprète. Un timbre incroyable, unique, des intonations profondes qui ne peuvent pas laisser indifférent, et une diction remarquable, aussi. - Un vrai artiste au sens où il innove, et dans la durée. Ses chansons ne se ressemblent pas - mais toutes elles lui ressemblent. Et puis, avec cette discographie, il y a de quoi découvrir...

 

Au fait, "l'amour, de l'art ou du cochon ?"

 


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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 21:04

Brigitte ! Elle a (elles ont... car c'est une double Brigitte, en vérité) sorti son premier album : "Et vous, tu m'aimes ?" - joli programme.
Déjà entendue sur Fip avec cette reprise sensuelle et volutée de "Ma Benz", d'NTM, voilà 16 titres disponibles chez les bons discaires. C'est du texte, un peu farfelu parfois (tout ce qu'il faut), porté par des voix délicieuses.

S'il fallait comparer, ce serait avec Camille : des morceaux variés, inventifs, surprenants et toujours très agréables à l'oreille.

Je ne sais quel titre mettre en ligne - difficile d'être représentatif de cet album qui part un peu dans toutes les directions.
Allez... ce sera "Monsieur, je t'aime"

 

 

 

 

brigitte-et-vous-tu-m-aime-.png
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7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 19:54

Ca y est ! son album est sorti !

Elle s'est fait remarquer par Fip, a eu des succès scéniques - des successéniques - et enfin son premier album paraît : "Initiale". Elle s'appelle L (en vrai, c'est Raphaële) et voilà un petit extrait :

 

 

initiale.jpg
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