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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:19

Ne crois-tu pas, toi qui penses, qu'on se trompe à croire que les choses nous font (tristes, gais, soucieux, râleurs...) - alors que c'est nous qui les faisons au prisme de ce que nous sommes à tel ou tel moment ?

Nous croyons être heureux à voir le ciel bleu et le soleil - alors que nous étions déjà heureux et voyons dans la météo une continuité de notre état. Nous pourrions tout aussi bien, ronchonnant, bougonnant, angoissé, détester cette insolence estivale. 

Nous croyons être heureux parce que nous sentons l'intérêt marqué de telle personne, mais nous étions déjà heureux et lisons dans ces mots qu'elle prononce une confirmation de ce que nous savions déjà. C'est d'autant plus vrai grâce à l'étendue du désastre, du malentendu que causent les mots ou n'importe quelle situation de communication. Les mêmes paroles, reçues dans un autre état d'esprit, seraient rayées, soulignées les ambiguïtés, la ponctuation d'une phrase, tendant à faire croire que cette personne n'est pas aimante mais railleuse, hypocrite, polie.

Mais alors, si j'ai raison, qu'est-ce qui détermine cet état où je me trouve avant de recevoir le monde ? le pied avec lequel je me suis levé ce matin ? la position de la lune ? cette étiquette de tee-shirt qui me gratte ? ma contracture aux cervicales ?

J'imagine là quelque chose d'assez fort (que je ne suis sûrement pas la première à tenter de mettre en mots), quelque chose comme une émotion performative. J'avais acheté un mug, adolescente "Life is what you make it", cette phrase m'avait emballée. Psychlogie à l'américaine ? certes, sauf si on en retire la dimension "méthode coué" . La vie est ce que j'en fais, une merde aujourd'hui car je ne suis pas d'humeur, un bonheur dans quelques heures car Mercure aura changé sa position par rapport au Cancer...

Comme les psychopathes vivent dans un monde qu'ils fabriquent, nous, simples névrosés, croirions vivre dans un monde extérieur mais qui n'est que somme de multiples et minuscules émanations de notre for intérieur, projections et perceptions filtrées par notre bon - ou mauvais - vouloir (le mot est mal choisi, puisqu'on n'est pas dans l'intention justement, mais dans quelque chose qui nous fait, inconsciemment). 

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Published by Du mobilhome - dans Blablateries
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commentaires

C comme Corinne 04/12/2010 20:19


oh oui ! je sais que suis dans une folie peu ordinaire mais voilà ma lucidité ne change rien à rien...je continue à aimer cette folie là.
Je vous embrasse toutes deux


brigitte giraud 26/11/2010 11:24


Au moins, t'es drôle et tu me fais rire !!!!


brigitte giraud 24/11/2010 13:24


Oui, je suis d'accord avec toi. L' état "affectif" prédispose à accueillir tel ou tel événement avec plus ou moins de bonne grâce. Sous quelle loupiote de notre "maison intérieur" le perçoit-on ?
Il suffit d'être dans une angoisse pour que l'ordinaire devienne angoissant, que le sens dérive, que le sens se perde. Un jour, on banalise ce qui la veille nous aurait effondrés. Mais qu'est-ce
qui détermine l'état ? Nous avons, sûrement des fondations, un étayage mental qui porte ou non au "bonheur", une structuration, une "construction de soi" dirait Jollien. C'est le questionnement qui
change une donne. Oui, mais pas seulement. J'ai cru longtemps que lorsqu'on savait de quoi les choses procédaient, on allait mieux, forcément, que c'était "forcément". Je sais que non, que ça ne
fonctionne pas ainsi, la lucidité n'implique pas la guérison. Je sais que j'ai peur du vide, mais le savoir n'enlève pas le vertige que je ressens près d'un précipice. Je vais faire peut-être alors
attention à ne pas me mettre en situation de vertige et de mal-aise. Se protéger d'un encombrement ne dissout pas l'encombrement.
Bouh !!!!


Du mobilhome 26/11/2010 09:13



peut-être pour ça que les psys ont pas de problèmes de loyer, en général ?



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