Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Du grand art.
Peut-être trop grand, justement ?
Ce qui est sidérant chez Almodovar, et de plus en plus, je trouve, c'est la prégnance du scénario.
Celui-ci est tout-puissant, magistral, infaillible, béton. Une grande machine parfaitement huilée qui emporte les acteurs dans ses rouages et le spectateur avec qui se fait complètement ravir - tout est beau, du reste, du jeu des acteurs à la musique, aux décors, à ce grain de folie qui heureusement demeure (dans la première partie du film, ce côté dégingandé, déluré, qui donnait tant de bonheur dans les premiers films d'Almodovar)
D'où peut-être le fait qu'il capte toute l'attention, qu'il sature les yeux et les oreilles, au détriment peut-être de l'imagination, de l'interprétation, ... on voudrait un peu de blanc, des pointillés, du silence...
Elena Anaya et, au fond, Antonio Bandera dans La Piel que habito de P. Almodovar, 2011