Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Un titre de toute beauté pour un film de toute beauté.
C'est tout simplement sublime. Une fiction apocalyptique où l'on est écartelé entre schizophrénie et mythologie - pour moi Justine n'est pas une folle mais tient plutôt de la sybille. Où l'on est bousculé d'angoisses en fascination esthétique - car l'objet est d'abord un bel objet, les images d'une netteté criante quand elles se stabilisent. Car les plans sont flous, souvent, la caméra fluctue, tremble, comme on tremble avec les deux soeurs - fortes et sensibles, profondes, partagées entre amour et haine, entre tenir et désespérer, entre solitude extrême et désir d'attachements.
Les deux actrices, Kirsten Durst et Charlotte Gainsbourg, crèvent l'écran avec leurs faces crispées, leurs yeux tristes ou leur terreur, leurs sourires rares et lourds. Les seconds rôles sont excellents aussi, Charlotte Rampling (magnifiquement acariâtre), Kiefer Sutherland, et les autres.
Melancholia, Lars Von Trier, 2011, avec Kirsten Durst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland.