Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
je m'en vais dans mon bouquin où la chaleur est écrasante, où le paysage n'est pas beau mais beau quand même à travers ses mots, entre le fleuve et la mer grise,
la journée est finie et je retourne dans cette île de l'Italie, où je ne sais pas encore ce qui va se passer mais elle ne va pas tarder à me l'apprendre, de toute façon ses mots sont beaux et il fait chaud dès la brume du matin
dans ce livre il y a des oliviers des figuiers des lauriers, tout ce que j'aime
dans ces mots il y a de la poésie, de la pureté, un rythme coconneux et intriguant
en face de la littérature il y a des murs qui ne lui font pas peur, qu'elle épouse et rhabille
dans la littérature il y a la beauté du monde, c'est ici qu'elle se cache, quand elle n'est pas sur les côtes méditerranéennes du mois de juin, sur les côtes atlantiques déchiquetées de rochers sous le sel
je m'en vais vite comme on se réfugie sous la couette, le nez dans un grog au son d'un violoncelle
quand on a froid et qu'on a attendu le bus trop longtemps, qu'il n'est pas venu, ou qu'on était trop nombreux dedans, trop de nerfs mis ensemble, avec l'arrière de la chaussure qui n'en peut plus de frotter depuis le matin contre le talon, que l'ampoule s'est formée, qu'elle a peut-être déjà éclaté et que la chair est à vif contre le cuir
vive la littérature et ses petits chevaux
quels petits chevaux d'ailleurs ?