Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Pâte à pains pétrie de sensibilités
algues attachées au pied perdues dans les marées - qui se dessèchent et se mouillent et suivent, à droite, à gauche et se dessèchent encore
prune qui se gorge au gré des pluies du beau temps du fermier et qui tombe, grvaité oblige, et qui pourrit, trop de sucre, et qui se laisse grignoter par les vers elle ne peut pas mieux
nous sommes pâte à pains, humains
nous sommes algues, prunes, femmes, hommes, mous au vent, mous à la mer, petits dans l'air le vent qui nous tourbillonne, volontés risibles, volontés factices, objets de désirs de destins et de répétitions crétines
toujours nous laissons remonter les marées
ne pouvons rien contre le temps
et autres lois de la nature
humaine
soumis accrochés les cheveux qui poussent et la tête baissée, entre les épaules qui croulent les cellules qui se reproduisent dans l'espace qui leur est imparti dans leur durée prédéfinie
la disparition qui ronge qui traîne
"Que veux-tu ?"
Je ne veux rien. Je crois que je veux. Mais j'aurai changé d'avis bientôt. Je ne décide pas de vouloir. J'ai ce désir qui est tombé du ciel aujourd'hui, ce soir un autre surgira de sous la terre, de la lave.
Dans le ciel je suis ébloui, sous la terre je ne vois rien. Je n'ai pas le regard. Pas la force. Aucun talent sinon celui de l'huître.
Bouger d'un millimètre à la goutte de citron.
M'accrocher à mon rocher.
Me faire mettre en boîte. Vendue à la douzaine.
Croquée.
Reproduite.