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Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie

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Sur les planches

Ça craque. Ça part, le son - ça revient. La lumière jetée sur les épaules. Le pas, des autres, à côté, autour, ça court, ça s'arrête, ça tombe par terre, au sol, sur les planches de bois noir dont la peinture s'écaille, usée par les talons, les genoux, les pieds des tables, des coffres, les roues des carrosses, les pianos, les violoncelles, les pattes, peut-être, d'animaux improbables, tout est passé par là, tous ont joué ici, on a crié, on a pleuré, on s'est arraché les cheveux, pour de faux, et puis peut-être aussi pour de vrai, qui sait, on ne sait pas ce qui peut s'être passé dans la tête des comédiens, des carrosses et des violoncelles. Des drames se sont joués, d'autres y sont peut-être nés, insidieux et secrets, à moins qu'ils ne s'y soient dénoués, que quelque chose comme une grâce, venue de ces hauteurs insondables où nichent les divinités de la technique, ne soit descendu, à travers un éclair ou une brume, pour opérer, là, ou là. On est dans un entre-deux de la verticalité. Au-dessus de la salle, certes, mais à terre, sous ce ciel électrique, magique, qui envoie du bleu, du jaune, du rouge, des orages de lumière crue, ou rien, s'il veut, tiens ! et là dans le noir, sur les carreaux de bois noir, on n'est rien, rien, et s'il n'y a personne, en face... ?

On est là dans un regard. Sous les projecteurs et sous les regards, écrasés, libres.

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