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Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie

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Son deuil

J'essaie de comprendre. Faire le deuil de quelque chose, a fortiori de quelqu'un, c'est parvenir à dépasser, par la raison, par le temps, par la force de l'esprit, par l'exercice de la volonté, par l'ouverture hors de soi, de son univers, de sa douleur liée à une perte.

Et ce, dans un monde dénué de sens, de connexions, un monde sans pourquoi ni comment. Qui se tait.

Donc, faire un deuil, faire son deuil - et peut-être le pronom personnel d'usage implique-t-il quelque chose comme une solitude dans cette effort -, c'est accepter ce qu'on n'a pas de raison d'accepter. C'est accepter l'inacceptable. C'est comprendre l'incompréhensible, ou fermer les yeux sur cette incompréhension. C'est juste une tournure d'esprit, vers l'avant ? qui s'est d'abord résigné, puis résolu à ne plus souffrir. A laisser au temps le soin d'éroder la surface douloureuse, décider d'être ce rocher face aux vagues qui se cassent, et qui petit à petit, à se casser, le poliront.

C'est ce petit à petit qui compte, dans l'immensité absurde, cette patience horrible, accepter qu'il faudra, à un moment ou à un autre, être éclaboussé, boire la tasse, et laisser couler le rythme des marées, se soumettre aux mouvements de la lune et de l'écume. Et se tenir debout.

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B
<br /> "Faire son deuil", "Faire un travail de deuil", l'expression m'a toujours paru singulière. Comme si ce n'était pas suffisant, la souffrance causée par une perte, il faudrait encore "faire" son<br /> deuil. Je crois qu'il est plus judicieux de prendre l'expression à l'envers. Ce n'est pas soi qui faisons ou travaillons le deuil, mais c'est le deuil qui travaille en nous. Cela me semble plus<br /> juste, plus philosophique, plus rempli de sens. Qu'en penses-tu ?<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Je ne sais pas. Il y a tellement de niveaux différents dans le deuil. Bon, il est toujours lié à une perte. Après, je ne sais pas. La mort n'est jamais seule en scène dans cette histoire.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> Hum ! Si deuil vient du vieux verbe douloir, on peut peut-être dire qu'il s'agit d'une souffrance accomplie sur le chemin. Ce n'est pas de la résignation. Enfin, je sais pas.<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> je pose la question, justement. Accomplie, au sens de terminée ? après le deuil, alors, une fois qu'il est fait, c'est plus de douleur ? ou un chemin qui dure toujours, même si la douleur<br /> s'amenuise ? quand je parle de résignation, c'est par rapport aux questions qui ne trouvent pas leur réponse. tu ne crois pas ?<br /> <br /> <br /> <br />