Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
J'essaie de comprendre. Faire le deuil de quelque chose, a fortiori de quelqu'un, c'est parvenir à dépasser, par la raison, par le temps, par la force de l'esprit, par l'exercice de la volonté, par l'ouverture hors de soi, de son univers, de sa douleur liée à une perte.
Et ce, dans un monde dénué de sens, de connexions, un monde sans pourquoi ni comment. Qui se tait.
Donc, faire un deuil, faire son deuil - et peut-être le pronom personnel d'usage implique-t-il quelque chose comme une solitude dans cette effort -, c'est accepter ce qu'on n'a pas de raison d'accepter. C'est accepter l'inacceptable. C'est comprendre l'incompréhensible, ou fermer les yeux sur cette incompréhension. C'est juste une tournure d'esprit, vers l'avant ? qui s'est d'abord résigné, puis résolu à ne plus souffrir. A laisser au temps le soin d'éroder la surface douloureuse, décider d'être ce rocher face aux vagues qui se cassent, et qui petit à petit, à se casser, le poliront.
C'est ce petit à petit qui compte, dans l'immensité absurde, cette patience horrible, accepter qu'il faudra, à un moment ou à un autre, être éclaboussé, boire la tasse, et laisser couler le rythme des marées, se soumettre aux mouvements de la lune et de l'écume. Et se tenir debout.