Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Raconter un rêve furieux, un rêve fumeux, qui n'en finit pas de se mordre la queue, sombre et violet, violent parfois. Comment se le remémorer, d'abord, dans sa structure fuyante, dans son désordre spongieux, sans retomber dans la spirale du flou, dans le flou de la spirale ?
Raconter un rêve cotonneux, chamalloweux, des gouttelettes d'eau tiède parmi les roches et les lianes, du désir, du soleil et son ombre, un amour toujours perdu, avec un regard tendre, des yeux noirs profonds et caressants, et la cascade, l'eau sur les jambes, dans le dos, le temps qui coule comme un caramel mou, le temps remonté aux sources de la rivière, l'enfance l'eau claire et la forêt rayonnante ?
Raconter ces images qui n'en sont pas, ces histoires qui n'en sont pas, les résumer n'est pas possible, seulement des sensations - des illusions de sensation pourtant si forte, si vraie. Calquer, étirer, cette temporalité, ce degré de vérité, dans la réalité, n'est pas pensable. Juste les sentir, par éclairs, entre le début et la fin d'une seconde de l'horloge, flash d'une vie rêvée, d'une approximation qui sonne juste...