Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Ouf, je n'ai pas d'enfant. Ca me facilite la tâche. Parce que si j'avais une fille, elle risquerait de me poser la question : "pourquoi la vie est dure ?" - et là, .... grand blanc.
Que dire à sa fille, sa soeur, son collègue, son ami, pour qui la vie est dure, comme pour vous, pour moi, et pour les autres ?
Comment justifier l'adversité, la violence, la précarité, la maladie, la perte, l'injustice ? Au risque de tomber dans le lieu commun à tenter de circonscrire la difficulté d'être au monde, dans le monde, ce monde qui quand il sait se montrer généreux, n'en sait que mieux reprendre ce qu'il a donné ?
Quel sens, quels mots, quel réconfort ?
Quand j'étais petite et que je pleurais, j'entendais ces paroles boiteuses "C'est le bon Dieu qui t'envoie ça, qui nous envoie ça, et dans chaque mal il y a un bien, et demain est un autre jour, et quand tu seras grand-mère t'y penseras plus".
Paroles qui me consolaient moins que la volonté qu'elles contenaient de me porter secours, que la voix chaude et affectée qui la prononçait.
Serais-je en train de répondre à ma question... Essayer, c'est déjà bien, dire pour dire, dire n'importe quoi, dire au moins le désir d'être là aussi, à côté de la personne qui a mal. Ne pas donner l'impossible sens mais partager le non-sens. A deux, à trois, à plusieurs, ça fait moins mal.