Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
une ruine.
la maison a perdu ses rideaux et même ses volets. des pierres sont tombées. des fenêtres sont ouvertes sur le jour, ouvertes du dehors, du dedans, comme les herbes qui partent de l'intérieur.
comme des bouches cassées, des ventres crevés
des cris qu'on n'entend plus, ou des fantômes, disent les vieilles de la rue édentée.
avec leur bouche ridée
leurs yeux déformés
même les rats sont partis
il n'y a plus
qu'un passé
un infini, quand on repart dans l'autre sens
mais on ne peut pas
on peut tout juste deviner
cligner des yeux
imaginer
tenter de recoller ces poutres craquées - noircies - affaiblies
leur redessiner un semblant de perspective, de cette horizontalité oubliée
petite maison
petit séjour
petites chambres en haut
pour ceux qui se sont plus
sont partis
remplacés par un lierre fou
des cocons d'araignées
des cachettes pour les chauve-souris
Souris
Essaie de sourire
devant ces trous géants béants désordonnés
dans ton ventre
dans ton coeur
devant tes yeux gonflés de larmes
sous la pluie et la nuit qui tombent
tombent aussi tes épaules
tristes