Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
C'est drôle comme tout sentiment porte en soi son contraire. Non ?
Un cliché à la rescousse : la médaille - et son revers.
Je crois que par-dessus les odeurs, les paysages, les calins, l'éphémère, le pain saucé, l'appartement des grands-parents et autres éléments du Paradis perdu, ce qui me manque le plus de l'enfance, ce sont ces sentiments absolus : la joie folle et entière, celle qui fait trépigner, sauter, crier, ouvrir grand les yeux, par exemple. L'impatience qui dévore, compter les jours, les nuits, les repas, les heures, avant de prendre l'avion, ou à l'attente de Noël. L'excitation des grands jours, le bonheur, les nuages et jusqu'à la sensation de l'espace, pleine et entière.
Je nous ("les grandes personnes") sens vieux et aigris. Durs à la détente, durs à la joie, durs à l'attente. A jouir de nos résidus d'espoir ou de petites fenêtre ouvertes au vent. De meurtrières à travers lesquelles on lance un oeil toujours méfiant. Du petit moment de folie où l'on enlève précautionneusement ses chaussures, où l'on s'accorde un peu de sable sous les pieds en prenant bien garde à ne pas mouiller le bas du pantalon.