Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
(zut, loupé la date, au brouillon depuis plusieurs jours ... mais en vacances, justement !)
La consigne de ce nouveau défi des Croqueurs de mots : raconter des vacances, n'importe lesquelles, imaginées, rêvées, redoutées, au singulier ou au pluriel, en utilisant les 7 couleurs de l'arc en ciel : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet.
De longs mois de vacance
Une vacance - une béance - un hiatus qui s'étale, qui s'étire - dans le temps - dans un mobilhome devant un écran - entre des lignes de romans. S'accrocher au fil du téléphone, s'emmêler dans les cordes des jours, se perdre dans la toile gélatineuse de l'ennui, dans la spirale de l'à-côté. A côté des gens, à côté des horaires, des bruits, des déplacements, de la vie qui grouille, au loin, et qui s'éloigne encore. Ne plus savoir parler, perdre jusqu'au regard de soi, dormir sans la montre, rêver écrasé, fermer les yeux et voir rouge.
Au mur, du bleu, du vert, des algues, des vagues, souvenirs délicieux et amers d'autres vacances, des vraies, comme quand, petit, pendant deux mois pleins, pieds nus, on court partout, un seau de plage à la main, d'un crabe à l'autre, et puis un oursin,violet, une anémone de mer, là, orange, sublime, une autre, indigo, un coup de rateau en plastique et la voilà qui se ferme, drôle de bestiole, ou bien est-ce une fleur ?
Mieux vaut détourner le regard, de ces photographies qui déjà deviennent un peu jaunes. De ces paysages pour de faux. D'un temps qui n'est plus là et qu'il s'agit de ne pas retrouver, d'oublier, d'avancer.
D'avancer ? ou de choir... dans cette faille infinie, ce creux du calendrier, éventré, amputé.