Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Le soleil fait une grosse tache blanche sur le marbre. Deux petites filles sont assises à même le sol, sur cette tache précisément. Jambes tendues, bras écartés, dos rond, l'heure est à la paresse. Les yeux à demi clos, elles semblent rêvasser ou réfléchir doucement. Devant elles une baie vitrée est légèrement ouverte sur un jardin de petite taille, au gazon épais, très vert.
Dans leur dos, le salon, avec une table à manger en bois, des tapis orientaux, quelques toiles au mur, discrètes. Contre un des murs de crépi blanc, un piano en bois lui aussi, plutôt clair. Ses touches dansent sous les doigts de la mère des fillettes. Elle pense, un peu triste, en laissant ses mains jouer cet air qu'elles connaissent bien. C'est une valse de Chopin, la numéro 7. Un air délicat, à peine mélancolique.
Cette scène durera longtemps.