Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
On marche sur des planches mal assemblées. On marche et de nos poches tombent les rêves, les noms, les souvenirs et les crayons ikéa. Qui dégringolent dans les interstices, qu'on ne ramassera pas.
En temps de sécheresse dans les campagnes charentaises la terre se fissure et on dit : "c'est pas le moment d'échapper ton couteau".
Mais on n'échappe rien, nous, au mieux on s'échappe quand on peut... c'est la grammaire qui le veut.
Ce sont les choses qui s'échappent. Les objets qui tombent (ça c'est la science).
Et comme des alpinistes désespérés on grimpe et sous nos pieds les cailloux se carapatent. Ca fait des éboulis des éboulements. On jette un oeil par-dessus, au risque que le ventre tourne, que la tête bourdonne, mieux vaut regarder vers l'avant, disent-ils. Mais on jette un oeil quand même et on voit tout ce qu'on a perdu, à tous les étages. Sous nos pieds la chute. Derrière nous le loin qui se creuse, et on halète, mais on continue de grimper. Parfois plus lentement. C'est ça, ou tomber aussi comme un petit caillou. Comme une pierre...