Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Pas de sonnerie pour ouvrir les yeux, uniquement la lumière du jour filtrée, douce, par un rideau blanc en polaire, et le chant lointain des coqs. Deux oeufs exquis. Deux petits cafés dans un verre. Deux cigarettes bienvenues. Puis traîner ses pantoufles montantes et son pyjama à l'ordi, prendre des nouvelles de Jacques Louvain, les autres ne sont pas levées. Voir ses commentaires, Brigitte non plus n'y arrive pas, tant mieux, plus on est à patauger, plus on en rira, ensemble.
Le soleil aussi a décidé de rester en pyjama, il fait gris mais ce n'est pas grave, vive l'électricité le chauffage et la petite musique. Que mettre, d'ailleurs ? Nitin Sawhney, tiens, j'ai découvert ça hier et c'est loin d'être désagréable. La chienne boude, pas de quoi s'inquiéter, cela lui prend de temps en temps, peut-être une paresse déguisée. Assise à me donner le dos, la tête haute, ses plis retombent et lui dessinent une croupe large et molle, elle est très drôle ainsi.
Je ne suis pas pressée que la journée commence, il n'est même pas midi, le vent aussi est lent, on a tout le temps...
Lâcher prise. Oublier les demandes expresses et contradictoires de la vie. Garder de l'engourdissement du corps et des pensées. Renouer par bribes avec les images des songes, leur bizarrerie, les ignorer. Ne pas choisir son clan, ne pas choisir son temps, ne regarder ni la montre ni le monde, encore un peu, encore un peu.
Juste se refaire couler un café.