Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
.... (qui ne m'a pas posé de question !)
- Quand je serai grande, je serai...
- Mais tu ne l'es pas ! tu es petite, petite, petite, rikiki, qu'une toute petite de rien du tout, et ça c'est précieux ! garde-le ! vis-le et fais-le vivre autour de toi. Et peut-être que quand tu seras grande, tu seras reine, ou ministre, ou morte, ou rien du tout, ou juste vieille, ou Marylin, mais en attendant, que t'importe de savoir, d'imaginer, de te poser même la question.
Pourquoi cette question. Toujours. L'après. Comme dit Gad, l'avenir, l'avenir, des fois le type il te dit qu'il va venir, et puis il vient pas ! et qu'il vienne ou non, cet à-venir, qu'il soit gris ou rose ou rouge et blanc à pois, il nous prend la tête, il bouffe sur le présent comme une tique, il le vide de son sens et de son sang, ou bien l'inverse, il l'étouffe de trop de sens, de trop de sang qui monte à la tête et l'emplit à crever, à bouillonner à gros bouillons, à faire trop de bruit, trop de matière, trop de projections et d'interrogations.
Mais on est comme ça. Conditionné à se projeter, à tout conjuguer au futur, à voir vers... à s'orienter, front vers l'avant, regard affûté, le nez les yeux le menton la poitrine, centre de gravité sur le nombril proéminent, essayez un peu de marcher avec les pieds en dedans, vers l'arrière, ben non, c'est physique, c'est optique, c'est plus fort que nous.
Et pourtant. On pourrait très bien ... arrêter de marcher. S'asseoir, ou se coucher, pardi. On s'en porterait pas plus mal. Se coucher à deux, tiens pourquoi pas, et pas regarder la montre, remonter la couette par-dessus le nez le front, on serait pas si perdus que ça. Peut-être même qu'on arriverait à y trouver du plaisir.