Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Quand on choisit un restaurant au hasard, on fuit les salles vides, par ce raccourci dont on est sait qu’il est idiot : « il n’y a personne, c’est que ce ne doit pas être bon. » On préférera celui où plusieurs tables sont déjà prises, même si elles sont pleines de gens déçus par ce qu’ils mangent ou en train d’avaler leur intoxication alimentaire du lendemain. On préférera le « restaurant à touristes ».
Le vide a mauvaise réputation.
Le vide fait peur – d’où le vertige. Il est dangereux – d’autant qu’il attire.
Le vide est bête – ça sonne creux dans ta tête.
Le vide renvoie à lui-même dans une spirale infinie qui résonne dans les oreilles – l’écho.
Le vide déçoit l’attente – la piscine est vide. Le rayon boucherie est vide. La bouteille est vide. Les cuves de carburant sont vides.
Mais on n’est pas des touristes. Et on ne se laissera pas gagner par les préjugés. D’ailleurs, on aimerait bien, des fois, « se vider la tête ». « Faire le vide ». Et puis on se plaint, quand on n’a pas de place pour mettre les jambes, qu’il y a tellement de monde qu’on ne s’entend pas. Qu’on a trop de bibelots. Dont on n’arrive pas à se débarrasser, parce qu’on est trop sentimental. Qui ne servent à rien qu’à attirer la poussière.