Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
"(...) L'épicerie seule ne lui suffisait plus, il lui a fallu avoir un rayon charcuterie, puis un rayon de légumes. Il y avait six ans qu'on était mariés. Puis, après les légumes, il lui a fallu les cigarettes, elle ne pouvait plus s'arrêter. (...)
Je lui disais : Pourquoi pas d'automobiles ? mais elle ne riait plus de rien. Avec les cigarettes, pourtant, j'ai commencé à comprendre un petit peu, j'étais encore bien bête, qu'il devait lui manquer quelque chose dans la vie pour avoir envie de gagner tant d'argent. Alors j'ai commencé à penser qu'il lui fallait peut-être un autre homme que moi. Quand on allait au marché, je lui faisais remarquer les hommes. Regarde comme celui-là est plaisant, je lui disais. Elle ne les regardait pas, elle regardait les légumes. Alors je les regardais, moi, et je pensais que celui-là, celui-ci, lui conviendraient mieux que moi et je l'imaginais, souriante, à leur bras. "