Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Brigitte, j'ai la même impression sur mes mots et leur solitude. C'est d'ailleurs pourquoi je me suis lancée dans ce blog, sur tes encouragements.
Mais qu'importe. Abandonnés, oui, ils le sont, tes mots, les miens et tous les autres, faux aussi, trompeurs, factices, éphémères, futiles, mais ils sont. Et s'ils sont entendus ne serait-ce que faiblement, dans un écho lointain, dédoublé, recouverts d'un grésillement, mal entendus, ils sont entendus, et c'est déjà beaucoup.
J'ai toujours été fascinée par le malentendu (découvert en vendant des livres, sur des salons où les gens passent, nonchalants, avares ou avides, et tripotent les couvertures, retournent les ouvrages, échangent sur les mots qu'ils vont y lire, réagissent) et par le positif qui pouvait en découler, qui pouvait être provoqué. Un titre de livre, c'est la promesse d'un malentendu. Une lettre aussi peut-être, un dialogue, mais qu'importe, car quelque chose est entendu et provoqué. Quelque chose derrière les mots. Quelque chose aussi dedans, comme du plaisir, pour toi et moi et ceux qui aimons les mots, malgré tout. N'est-ce pas ?