« En espagnol, añoranza [nostalgie] vient du catalan enyorar, dérivé, lui, du mot latin ignorare (ignorer). Sous cet éclairage étymologique, la nostalgie apparaît comme la souffrance de l’ignorance ».
(Milan Kundera)
La nostalgie comme ignorance de cet "entretemps", la nostalgie comme ignorance de "d'où-je-viens", la nostalgie comme ignorance de qui-je-suis, dans cet entre-temps, dans cet entre-deux.
S'il y avait certitude, il n'y aurait pas souffrance, en effet, pas de
Sodade. "Petit pays, je t'aime beaucoup", je t'aime parce que je t'ai quitté, parce que je ne te (re)connais plus, parce que tu ne me (re)connais plus. Je t'aime dans cette béance entre toi et moi, dans cette absence, dans cette faille qui prend pour certains la forme d'un détroit. Quelques kilomètres suffisent, quelques années, et la mer qui opérera la dilution.