Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
... ou le canon des solitudes...
Richard Taylor, situation professionnelle établie, jeune propriétaire d'un appartement au centre de Londres, récemment marié et tout nouveau papa, se rend compte qu'il n'a jamais vécu que la vie qu'on a voulu qu'il mène, et s'enfuit, sans même un mot d'adieu. Il envoie une seule lettre à sa mère, règlement de comptes, où il parle d'un départ imminent pour Tokyo.
Et cette disparition est contée en creux : d'un chapitre à l'autre, d'une narratrice à l'autre, d'une détresse à l'autre, les femmes autour de Richard prennent la parole, son épouse, sa collègue de travail, sa mère, et d'autres, croisées sur la route, nous font saisir par bribes l'errance de jeune homme et le chemin de son désespoir.
Un petit roman qui se dévore tout seul. Et toutes ces voix, qui s'enchaînent comme un canon, nous le font imaginer aussi joué au théâtre.
Arnaud Cathrine, La Disparition de Richard Taylor, Verticales, 2007. Edition poche : Folio, 2008.