Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Au milieu des voix bruyantes et grouillantes d'une cantine, c'est un îlot de silence qui flotte.
Une table, où l'on parle, aussi. Mais c'est le doigt qui invoque et l'oeil qui écoute.
Ces deux hommes et moi, qui tente de trouver ma place - de poser mes lèvres, mes gestes, comme on pose sa voix - dans la conversation.
Les mains gigotent et sautent, touchent le nez, titillent l'épaule ou le front, s'envolent de la poitrine (je reconnais un mot : aimer), imitent un mécanisme, miment un organe ; la métonymie est de mise - la moustache, c'est le chat, ou le père, à un doigt près. Parfois la logique semble abolie, on flirte gaiement avec l'absurde. C'est animé, communiquant, et paisible. Calme comme un livre, comme une librairie, où tout est dit, et où les sens se mettent entre parenthèses. Le temps d'une page ou d'un repas, ensemble. Décidément, c'est un très bon nom que porte cette librairie de Montparnasse.