Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
J'aime cette notion d'écran en psychanalyse. Je trouve le mot tellement bien choisi.
Un écran, pour des projections, du fantasme qui se trouve un tissu blanc pour y poser une forme, qui va s'incarner dans quelque chose ou quelqu'un. Du désir qui trouve son écran en un objet ou une personne. Qui s'incarne et puis s'en va, s'il est assouvi ou vite oublié - ou qui s'incarne et s'incarne encore plus, quand il ne l'est pas. Et tourne, du fantasme à l'idée fixe - à l'image fixe. Fixée dans la tête, "derrière l'oeil", et qu'on voit alors partout. Dans tous les espaces, les temps et jusque dans les rêves.
Qui masque tout le reste. Qui recouvre les autres espaces et les autres temps.
Qui se substitue aux autres sensations, jusqu'à couper l'appétit, jusqu'à énergiser au possible, jusqu'à créer des capacités, des incapacités.
Se découvre-t-on, dans ce désir ? ou se recouvre-t-on ?
de ce tissu blanc qui s'est colorisé, animé, humanisé ? sur lequel dansent des ombres chinoises, pleines d'odeurs, de saveurs, de vibrations. De cet écran de chair et d'entrailles. De cette illusion fantastique, suprême.
Car l'esprit est très fort, l'inconscient plus encore.