Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
faire la course aux horizons, quitter une ville, un pays, sauter sur un continent, passer d'une maison à une autre, éternel locataire, emprunteur devant l'éternel, un passeport une valisette et le plein de souvenirs - alourdissant la cervelle, qui, boule de neige, ne loge plus nulle part.
Tant d'idées, de langues et de voûtes au-dessus de la tête, d'avions, de trains, de trams et des pas aussi, rapides ou lourds, sans se retourner, juste des musiques, qui font les ponts d'une vie à l'autre, et puis des grains de voix, la trace des peaux sur la peau, des nuages de poussières - partir encore, aller plus loin pour ne pas tomber entre les chaises, entre les désespoirs, et se surprendre encore, vouloir encore, regarder devant surtout devant, perdre, perdre, se détacher, se surpasser, s'attacher, s'accrocher, repartir, des ailleurs, des autrefois,
des histoires à raconter, ou à emmagasiner, à oublier, à s'écrire sur les doigts, la paume, puis qui s'effacent, se transforment et resurgiront, sous une plume lourde, dans l'épaisseur d'une encre sombre,
ancre sombre
à relever.