Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Hier la banlieue de Casablanca route chaude et brume sale les automobilistes accélèrent pilent et font des zig-zag
une côtière verticale qui longe l'océan et d'un coup, on se demande pourquoi ici, là, maintenant, un panneau "brouillards fréquents". Et en effet la lumière crue du soleil se fait plus grise moins chaude la mer disparaît et juste après ces blocs d'immeubles comme des sardines hirsutes jaune-gris et démultipliés puis une odeur... une plaine multicolore c'est la banlieue du bidonville c'est la poubelle de la ville c'est les plastiques et les chèvres rachitiques qui s'y perdent à la recherche... une plaine d'ordures ceinturant les petits cubes de tôle bricolés à la main
et ce roman génial qui me revient - noir, pourrait-on dire, mais sa couleur est plutôt l'argile l'aride l'été australien qui n'en finit pas - Cul-de-sac (plus récemment traduit, et c'est dommage Piège nuptial). Le héros est drogué à son insu et se réveille séquestré, le jour de son pantomimique mariage. Dans une cité de fous - une communauté bizarroïde vivant en autarcie au milieu du désert australien. Cherchant à s'enfuir, il se rend compte qu'autour des habitations la rout est à pic, la plaine est infinie, et une montagne de détritus attend le jubilé : ses hôtes les brûlent une fois par an. D'où cette puanteur qui règne comme une chape superposée à celle de la chaleur.
