Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
J'attends Tu attends Il attend, elle attend...
l'attente nous attend tous au tournant
la patience s'étiole, les patients s'accumulent, s'impatientent dans la salle d'attente
les magazines prennent de l'âge et du gras, perdent leurs pages
la mousse des fauteuils est crevée
pousse, pousse la file d'attente
étire les nerfs
comme des chewing-gums
va-t-il nous appeler, le docteur ?
va-t-il en rester, du poisson ?
Mathilde finira-t-elle par revenir, t'aimera-t-elle toujours ?
entre chaque numéro il y a l'infini
les bouchons sont bouchés
les CD tournent en boucle comme les heures comme les jours
retour au point de départ - qu'est-ce qui a avancé ? à part les rides
à part le stock qui a baissé, d'espoir de marchandises
les cheveux qui sont tombés
l'énervement du désir insatisfait
le train sera complet
ce sera un strapontin
pour attendre l'arrivée
attendre pour attendre
elle viendra mais repartira et il faudra encore l'attendre
il appellera mais donnera un autre rendez-vous de bilan, après les analyses
dans le laboratoire où il faudra attendre, sur une chaise crevée les mains dans un vieux magazine, avec des femmes en maillot de bain, alors que dehors il fait si froid
il faudra d'abord attendre le bus
à l'arrêt
debout
dans le froid et entendre pleurer un gamin qui n'en peut plus d'attendre l'heure de son biberon
attendre toujours, l'heure de crever comme la housse des fauteuils chez le docteur, comme les nerfs qui explosent sur la peau, psoriasis aeczema des choses comme ça, notre lot à tous, attendre que ça arrive, attendre que ça passe