Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
Le génie joue de personnages ordinaires, d'histoires et d'idées lues et revécues, toujours les mêmes, toujours les mêmes - pour faire Moderato Cantabile ou Le Mal entendu. Un amour impossible, le besoin d'être aimé, en mourir, pour de faux ou pour de vrai. Le tragique symbolique ou codifié.
Rien de nouveau, mais les notes de musique, la lenteur du bac sur les eaux mornes de l'estuaire, l'exécrable de ces pays où il y a trop de vent, ou pas de soleil, où les choses sont grises, où le printemps est pacotille, où ce n'est jamais l'été, où le désir assoiffe, rend fou, le crime à la clé, le plus codifié, ou symbolique - Je voudrais que vous soyez morte, dit Belmondo - C'est déjà fait, dit Jeanne Moreau. Et Martha aurait tué son frère même si elle avait su qu'il l'était. Les grilles entourant la maison défilent à toute vitesse et ressemblent au clavier d'un piano entêtant. Les lèvres boudeuses de Jeanne Moreau, les joues creusées de celui qu'elle désire, les chaises en bois du Café de la Gironde, les vélos des ouvriers à l'heure de la débauche, et le rêve obsédant, pour Anne Desbarèdes, pour Martha, d'une maison au bord de la mer, une maison au bord de la mer, une maison au bord de la mer...
Du soleil et de l'amour, chez Duras et chez Camus - tout comme dans n'importe quel feuilleton brésilien ou marseillais...
Rien d'exceptionnel...
rien de nouveau...
MAIS
mais les mots... la musique...