Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
C'est une chanson de la rue Kétanou (mais si, vous savez, c'est pas nous / qui sommes à la rue / c'est la rue qu'est à nous) :
Je n'sais pas
où je vais
et je l'ai jamais bien su
mais si demain,
je le savais,
je crois bien que je n'y irais plus
Eh oui, une grande philosophie se cache derrière ces musiques de rue,
Savoir, on veut tous tout savoir, et pourquoi et comment et surtout demain ? où ?
Et où ça m'emmène ?
C'est le temps qui nous y conduit et lui seul le sait, et c'est très bien comme ça, la route est belle, ouvrons les vitres, montons le son, ouvrons les yeux les oreilles et le nez, ça sent le feu de bois, la terre mouillée, le virage, en pleins et en déliés, des pentes et des descentes, un piéton à droite, un vélo rouillé, un canapé sur un trottoir offert à sa prochaine vie, et il n'est pas impatient, lui, et il en a vu, lui, avec sa mousse qui déborde, ses ressorts défoncés, sa couleur usée.
Bras ouverts à contempler la route.