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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 19:55

En un mot, je dirais... "prude".

Voire nunuche.

Voire carrément chiant, par moments.
Certes, je suis allée au bout - ce à quoi je ne me force jamais.
Mais cette histoire de nuit de noces où se croisent les hésitations angoissées du jeune époux et de sa nouvelle mariée - vierges tous les deux - l'un comme l'autre ne sachant ni comment s'y prendre, ni ce qu'en pense le partenaire - et qui tournent en rond... ne m'a vraiment pas convaincue (pas plus que ne me séduisent ces plages grises d'une froide Angleterre).
On pourrait prendre cette scène récurrente et centrale comme un point de départ, un prétexte à ces retours en arrière narrant la vie des deux protagonistes...

et puis ce n'est pas mal écrit...

Ce livre a plutôt bonne presse, du reste.

mais bon :

Tout le long, on a envie, pardonnez-moi l'expression, qu'il la lui mette une fois pour toutes et qu'on n'en parle plus...

 

 

 

 

Sur-la-plage-de-Chesil.jpg

 

 

Ian McEwan, Sur la plage de Chesil, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, Folio.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 20:54

 

 

book_cover_les_vivants_et_les_ombres_12018_250_400.jpg

 

Vraiment, un excellent moment de lecture.

Diane Meur signe ici une saga dans la Pologne du début du 19e au début du 20e siècle et nous donne une occasion de découvrir l'histoire d'une région déchirée entre conflits sociaux et nationaux. Un pan d'histoire que nous connaissons mal mais un terreau extraordinairement riche pour le roman.

En effet, depuis une maison - une maison narratrice, parti pris original et non dénué d'intérêt -, se vivent déchirements humains et (inter)nationaux, imbriqués les uns dans les autres, horizontalement et verticalement, puisque les générations se télescopent et se transmettent, un peu à la Zola (mais en mieux !), des "failles" et des ombres.

On s'attache à chaque décennie mais la suivante arrive toujours avec son lot d'intrigues qui redynamisent l'histoire et font renaître de nouvelles parties du roman auxquelles on s'attache vite et passionnément. Le rythme est tenu, de la première à la 630e page. Les personnages sont nombreux mais bien caractérisés et authentiques sans jamais tomber dans le cliché. Et si parfois  l'on frise le mélo une certaine tension tient toujours la barre de la vraie bonne littérature, celle qui absorbe et retient. Vraiment bien. 


 

 

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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 14:32

C'est ridicule, de tant pleurer, par un livre.
Dois-je te remercier, Dominique ? ...

 

veilleurinfidele.jpg

 

 

C'est comme une totalité, une vie revue d'un oeil intelligent et percutant, une femme harcelée par le malheur et toujours sauvée par son "veilleur", sorte d'énergie magique qu'elle apprend à recevoir, contre toute croyance religieuse ou psychanalytique. Ce récit donne à voir une totalité avec une puissance et une intelligence rares, bourrée de sens, de sensibilité et d'acuité, un oeil ouvert et distancié, à lire, à relire plus tard, y puiser de la force et de la ressource, s'émerveiller devant la puissance de la littérature, des mots - aussi "crapules" qu'ils soient, pour citer Marie Didier citant Nietzsche, ils sont eux-mêmes veilleurs, éveilleurs :

" Avec chaque livre qu'elle aimait se levait un veilleur qui, même s'il était bien différent du sien, prenait sa lanterne pour éclairer de nouveaux chemins. Depuis toujours elle avait tout appris des autres, de la littérature, et de l'homme qu'elle aimait."

 

 

Marie Didier, Le Veilleur infidèle, Gallimard, 2011.

Elle sera le 28 juin prochain sur France Culture avec Alain Veinstein pour parler de ce dernier roman.

 

Merci, Dominique...

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 17:22

 

 

Voilà un petit ovni de la littérature contemporaine. Etonnant, vraiment. Je dois dire que ce qui m'a tenue accrochée à ce bouquin, c'est son côté énigmatique, bien annoncé par le titre et le 4e de couverture, car on cherche, on cherche, avec le narrateur, où est le mystère - ou la métaphore - ou la métonymie, pendant une bonne partie de l'histoire.

Et puis on comprend que le déplacement est à chercher plus haut encore. C'est presque une fable - politique, sociale, car comme dit Martin Page lui-même citant Orwell, "il n'y a pas d'art qui ne soit politique et l'évitement de la politique, c'est de la politique".

Mais déjà au premier degré, les chapitres, courts, s'enchaînent comme autant d'écrins cachant de petits bijoux - le style est délicieux, toujours surprenant.

"Je me suis éloigné des radiateurs extérieurs. (...) En quelques secondes, j'ai grelotté.

Le froid est un endroit familier sur lequel je peux compter. Il est délimité dans l'espace. Je l'ai décidé un jour, c'est une petite pièce : il mesure un mètre soixante sur un mètre soixante-dix et deux mètres de hauteur. Je peux m'y réfugier.

J'ai tenu une demi-heure, puis je suis monté prendre une veste dans ma chambre."

 

 

 

 

Page.jpg

 

 

 

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 17:09

 

Ce qui est à saluer, dans ce roman d'Emmanuel Carrère, c'est la distance.

C'est triste (à en pleurer, ou à en ravaler ses larmes, à en être touché du moins, forcément, à une page ou une autre) mais, le sujet n'est pas là. Il est dans la contemporanéité qui réconcilie avec le roman contemporain, dans le roman qui s'écrit en même temps qu'il se déroule, dans cette écriture sur l'écriture, dans cette distance que prend ce je plusieurs fois incarné (à la fois personnage, narrateur et auteur) et qui se dénonce, qui fait son autocritique et s'assume.

Pour oser écrire si vrai il se justifie, et ça sonne d'autant plus vrai. On est dans le réel le plus prégnant, le plus poignant, qui ne peut que surgir devant un style qui sait s'effacer par sa qualité. On est dans le roman comme dans la vie, on goûte le roman avec toute l'amertume que peuvent y charrier la vie, ses injustices. On en sort différent, je pense. Et d'autant plus accro à la littérature.

 


 

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4e de couverture :

A quelques mois d'intervalle, la vie m'a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d'un enfant pour ses parents, celle d'une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu'un m'a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n'écris-tu pas notre histoire ? C'était une commande, je l'ai acceptée. C'est ainsi que je me suis retrouvé à raconter l'amitié entre un homme et une femme, tous deux rescapés d'un cancer, tous deux boiteux et tous deux juges, qui s'occupaient d'affaires de surendettement au tribunal d'instance de Vienne (Isère). Il est question dans ce livre de vie et de mort, de maladie, d'extrême pauvreté, de justice et surtout d'amour.
Tout y est vrai.

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 20:45

LoinDeux

Un roman magnifique - qui fouille, appuie, la solitude, les mots qui ne disent rien et ceux qui ne se disent pas.

 

C'est beau comme l'écriture de Laurent Mauvignier, des voix des échos des histoires qui se construisent d'un monologue à l'autre, d'un monde intérieur à un l'autre, le silence.

 

 

(juste une petite phrase au hasard)

" Car on rentre toujours à pied. Pas parce que passé une heure il n'y a plus de métro et que ça obligerait à ça, la marche, mais parce qu'il faut ce moment où être seul un peu éloigne de la solitude et vous ramène profond en vous, là où à creuser vous trouvez un espace de repos."


 

Laurent Mauvignier sera samedi 2 avril à la Médiathèque de Gradignan (33).

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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 21:59

Lue au détour du foisonnant Dans les veines ce fleuve argenté, de Dario Franseschini, cette histoire d'un étrange petit village, Borello, dont les habitants ont perdu, d'un coup, le repère de leur identité.

 

 

"Les étrangers qui arrivaient à Borello avaient l'impression que tout se passait normalement. Ceux auxquels il était arrivé de revenir peu de temps après étaient surpris que le médecin soit devenu mitron, ou que le fils de l'hôtelier aide le cordonnier en l'appelant "Papa". Il n'y a que le prêtre qui soit toujours le même. Non que le Seigneur lui ait épargné cette maladie, mais simplement parce que chaque matin il voit sa soutane noire posée sur la chaise et a la certitude d'être le curé.

(...)

Même le jeune médecin de l'université, qui était venu à Borello pour étudier ses habitants, n'avait pas compris grand-chose et, dans les premiers temps, il parla d'une maladie qui portait le nom d'un Russe. Elle frappait les alcooliques et faisait perdre jusqu'à la conscience de son identité, ne laissant que quelques fragments de mémoire sans lien entre eux.Mais comment pouvait-elle les frapper tous ?

Le jeune médecin avait essayé de questionner les habitants sans obtenir aucune réponse utile. Personne ne comprenait de quoi il parlait et, une seule fois, l'employé du télégraphe, troublé un instant, lui avait dit : "en fait ce matin une femme m'a demandé si je n'étais pas marchand de fruits. C'est drôle qu'on me prenne pour un autre dans un village aussi petit." L'après-midi, le médecin l'avait regardé à nouveau et lui avait demandé s'il était capable de lui décrire la femme. L'homme l'avait demandé en souriant et lui avait dit, en lui tendant la main : "Enchanté, je suis Dotti, l'instituteur du village. Vous parlez sans doute de la mère d'un de mes élèves."

Puis le jeune médecin connut la pire des mésaventures qui pouvait arriver à quelqu'un qui passait à Borello. Il tomba amoureux. Il tomba amoureux d'une jeune femme blonde et légère. Il l'avait vue la première fois un matin de soleil, alors qu'elle traversait, en courant, la place du village. Il avait eu l'impression que ses vêtements de lin blanc la soulevaient dans l'air, lui faisant à peine frôler la poussière des pavés. Elle était entrée sous les portiques, arrivant si près de lui qu'il avait pu respirer l'odeur de sa peau. Depuis, il passait ses nuits à rêver d'elle et ses jours à la poursuivre. Il l'embrassa pour la première fois dans l'entrée sombre de la maison de l'hôtelier, son père pour ce soir-là, et se désespéra aussitôt, en songea que le lendemain elle se réveillerait sans se souvenir ni de lui ni d'elle. Et il la perdit ainsi cent fois, et cent fois il la reconquit, cent fois il souffrit de jalousie, cent fois il brûla de passion et cent fois il pleura de nostalgie pour cent femmes différentes. A la fin, épuisé par trop d'amour, il perdit la raison, mais sans réussir pour autant à oublier cette envie de tendresse, d'habitudes, de calme qu'il ne réussissait pas à trouver dans le désir confus de toutes ces premières fois."

 

 

 

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:33

tarquinia

 

 

"Il n'y a pas de vacances à l'amour, dit-il, ça n'existe pas. L'amour, il faut le vivre complètement avec son ennui et tout, il n'y a pas de vacances possibles à ça. (...)

Et c'est ça l'amour. S'y soustraire, on ne peut pas. Comme à la vie, avec sa beauté, sa merde et son ennui. "

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:32

tarquinia

 

 

"(...) L'épicerie seule ne lui suffisait plus, il lui a fallu avoir un rayon charcuterie, puis un rayon de légumes. Il y avait six ans qu'on était mariés. Puis, après les légumes, il lui a fallu les cigarettes, elle ne pouvait plus s'arrêter. (...) 

Je lui disais : Pourquoi pas d'automobiles ? mais elle ne riait plus de rien. Avec les cigarettes, pourtant, j'ai commencé à comprendre un petit peu, j'étais encore bien bête, qu'il devait lui manquer quelque chose dans la vie pour avoir envie de gagner tant d'argent. Alors j'ai commencé à penser qu'il lui fallait peut-être un autre homme que moi. Quand on allait au marché, je lui faisais remarquer les hommes. Regarde comme celui-là est plaisant, je lui disais. Elle ne les regardait pas, elle regardait les légumes. Alors je les regardais, moi, et je pensais que celui-là, celui-ci, lui conviendraient mieux que moi et je l'imaginais, souriante, à leur bras. "

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:31

 

tarquinia

 

 

 

"- Je ne peux pas supporter cette idée de ne pas partir tout de suite avec toi. Je ne peux pas. Je suis prêt à comprendre toutes tes raisons, la chaleur par exemple. Mais je suis... débordé à l'idée de rester encore ici, même un jour.

- Si c'est à ce point, dit Sara, je pourrais partir.

- Non, dit Jacques, non, tu vois, ce qu'il faudrait c'est que je le supporte, que j'y arrive. Je le voudrais de toutes mes forces. Je voudrais de toutes mes forces pouvoir par exemple partir tout seul. Sans toi."

 

 

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