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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 18:48

 

 

Ce roman est une farce, mais pas idiote pour un sou.

Allan Karlsson saute de la fenêtre de sa chambre au premier étage de la maison de retraite, le jour de son 100e anniversaire, pour échapper à la fête préparée en son honneur. Oubliant de se chausser, le voici un peu endolori qui va fuir la ville en pantoufles, tentant d'aller aussi loin que sa petite bourse lui permettra. Plus ou moins par erreur, il embarque la valise d'un loubard, et se retrouve en possession d'une énorme somme de billets à l'origine louche... 

Le voilà lancé dans une cavale improbable, poursuivi par la bande de gangsters, par la police, par la presse... et multipliant les nouveaux amis.

Des flash-back entrecoupent ces folles aventures, retraçant la longue vie de ce spécialiste des explosifs à qui le hasard a réservé une multitude de rencontres abracadabrantes. Nulle psychologie chez notre ami, qui toujours est guidé par la recherche d'un bon repas et surtout d'un petit coup à boire. Ce qui lui fera traverser l'histoire du 20e siècle, de coups d'Etat en révolutions, de l'Espagne à la Chine profonde en passant par Los Alamos et les Philippines.

Une adaptation cinématographique devrait arriver bientôt sur nos écrans. Si elle est bonne, on rira bien.

 

 

 

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Jonas Jonasson, Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Presses de la Cité (et nouveau en poche chez Pocket), 2011. 468 pages. Traduit du suédois par Caroline Berg.

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 16:38

- Katherine Pancol, Les Yeux jaunes des crocodiles

- Anna Gavalda, Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part

- Anna Gavalda, Ensemble, c'est tout

- Véronique Ovaldé, Et mon cœur transparent

 

 

Si la question est : mais que faisaient-ils dans ta bibliothèque, je dirais qu'au moins j'ai essayé (oui, oui, j'ai essayé de les lire.

Si la question est : pourquoi sont-ils tous écrits par des femmes ? je dirais.... je dirais... que je n'en sais rien.

Si la question est : pourquoi ces titres sont-ils tous plus ou moins des best-sellers ? je dirais... que c'est une vraie question.

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 12:50

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  ... ou le canon des solitudes...

Richard Taylor, situation professionnelle établie, jeune propriétaire d'un appartement au centre de Londres, récemment marié et tout nouveau papa, se rend compte qu'il n'a jamais vécu que la vie qu'on a voulu qu'il mène, et s'enfuit, sans même un mot d'adieu. Il envoie une seule lettre à sa mère, règlement de comptes, où il parle d'un départ imminent pour Tokyo.

Et cette disparition est contée en creux : d'un chapitre à l'autre, d'une narratrice à l'autre, d'une détresse à l'autre, les femmes autour de Richard prennent la parole, son épouse, sa collègue de travail, sa mère, et d'autres, croisées sur la route, nous font saisir par bribes l'errance de jeune homme et le chemin de son désespoir.

 

Un petit roman qui se dévore tout seul. Et toutes ces voix, qui s'enchaînent comme un canon, nous le font imaginer aussi joué au théâtre.

 

 

Arnaud Cathrine, La Disparition de Richard Taylor, Verticales, 2007. Edition poche : Folio, 2008.

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 11:27

Le Mexicain Juan Rulfo considéré comme l'un des meilleurs écrivains latino-américains du siècle n'a écrit que deux titres, ce roman et un recueil de nouvelles.

Un drôle de bouquin que ce Pedro Páramo. Peut-être à cause d'un malentendu, car je ne sais pas pourquoi je croyais que c'était une histoire comique. Eh bien... pas vraiment...

Le titre aurait pu être "Le dialogue des morts" ; on flirte avec le surnaturel, la forme même de roman est éclatée aux frontières du récit, de la poésie voire du théâtre. Voire de la chanson, si j'osais. Car si le narrateur, dans les premières pages, nous installe dans la quête d'un père qu'il n'a jamais connu et qu'il va tenter de trouver dans le village de Comala, une cuvette brûlante où le vent même n'arrive pas ; on perd rapidement nos repères et on quitte une situation réaliste pour se retrouver prisonniers, avec lui, de voix, c'est lancinant, les époques tournent et retournent dans des chants comme en canon ; quand on croit enfin saisir un "personnage" il s'échappe, c'est un mort, et la mort, la mort, la mort à toutes les pages, sorte d'éternité étouffante, chaleur écrasante, qui nous enferme et nous perd.

C'est vrai que l'écriture est d'une beauté incontestable. Mais... quel univers... 

Un texte court qui a quelque chose d'unique, de très puissant.

 

 

 

 

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Juan Rulfo, Pedro Páramo, 1955. En poche, traduit du mexicain par Garbiel Iaculli, chez Folio.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:41

 

Oh ! un bijou !

un vrai petit bijou que ce petit livre où s'enchaînent des phrases qui fondent dans l'oreille, suaves et délicates, où chaque mot, inattendu, est là à sa place comme si une littérature avait attendu Christian Bobin pour s'inventer.

Une perle de style dont on ne regrette pas la forme courte, car tout y est intense, la langue comme les émotions.

C'est délicat sans être niais, c'est travaillé sans être ampoulé, c'est juste beau.

Deux mots sur l'histoire, peut-être ?

Deux soeurs et leur petit frère sont abandonnés par leurs parents sur une aire d'autoroute. Ils trouveront refuge et amour auprès d'une vieille dame accompagnée d'un vieux chien, mais je n'en dis pas plus, car il faut lire cette histoire étonnante, racontée du point de vue de l'aînée des enfants, Isabelle, à qui on a donné un prénom mais qui a choisi son nom. 

 

 

 

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Christian Bobin, Isabelle Bruges, Le Temps qu'il fait, 1992. Edition poche : Folio.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:32

Un bon roman noir efficace, du genre qu'on a du mal à lâcher avant de l'avoir fini.
Même si la première partie, où nous est dressé le tableau-cliché de la vie du héros, installé dans une routine attendue, photographe amateur frustré, avocat de Wall Street, banlieusard, père de famille, mal dans son couple, est un peu longue.

Mais dès lors que, par accident, il commet l'irréparable, voilà que le récit prend son rythme et même une certaine épaisseur psychologique, et qu'on ne peut désormais plus douter d'être complètement embarqué dans la succession de péripéties.

Il me reste à voir le film, maintenant, pour voir.

 

 

 

 

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Douglas Kennedy, L'Homme qui voulait vivre sa vie, traduit de l'américain par Bernard Cohen. 1re édition 1997. Belfond, 1998, pour la traduction française. Disponible en poche chez Pocket.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 18:17

Les Villes de la plaine est le nouveau roman de Diane Meur publié chez Sabine Wespieser.

Où deux villes, Syr et Hénab, sont quasiment les héroïnes de l'histoire. Deux villes antiques imaginaires mais qui pourraient très bien avoir existé, puis disparu dans un désert de Jordanie ou de Tunisie. Dont les ruines pourraient aujourd'hui être visitées sous un soleil brûlant et faire rêver collégiens, archéologues et touristes en quête d'un Orient perdu.

Diane Meur fait ici vivre ces cités, aux caractères bien marqués, l'une fermée, riche de croyances et de principes moraux, hiérarchisée et arrogante, construite sur ses Lois ; l'autre, vile, ouverte à tous les rebuts de la première, désordonnée.

Voici résumée la toile de fond vivante et vibrante d'une histoire à la fois politique et psychologique. Un montagnard (mal vu dans la fière Syr), une lessiveuse belle et triste, et un scribe qui outrepasse son rôle de copiste pour tenter de comprendre ce qui se cache entre les lignes de la Loi, se rencontrent, s'attachent, et tentent de survivre à la fin d'une civilisation.

Peut-être un peu pédagogique par passages, le tout se lit avec plaisir.

 

 

 

 

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Diane Meur, Les Villes de la plaine, Sabine Wespieser éditeur, 2011.

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 15:29

Il n'est peut-être pas judicieux de se lancer dans la "critique" d'un livre qu'on vient juste de refermer, alors qu'on est encore dans cet état second comme seules peuvent nous plonger deux heures dans le noir d'une salle de cinéma où on s'est fait littéralement emporter par la magie du grand écran.

C'est d'autant moins judicieux quand l'émotion va crescendo dans la dernière partie de ce livre.

Mais c'est peut-être aussi une façon de ne pas rompre trop vite avec cet univers, d'en prolonger l'envoûtement.

Ce livre, c'est Les Corrections, de Jonathan Franzen. Une boule à facettes ! brillant, aux côtés innombrables, autant de reflets du réel que de mini-mirroirs...

C'est la pâle image qui me vient, sur le moment. En réalité Il y a mille histoires en une, le lecteur est mené d'un personnage à un autre, d'un délire au suivant, et en redemande, quitte à être un peu perdu, sachant qu'on retombera bientôt. A la façon d'un Gabriel Garcia Marquez.

Et ce qui est terrible dans ce roman, c'est son grinçant réalisme. Le piège tendu de toutes parts de l'identification - tout y est à la fois loufoque, distordu et palpitant, d'aventures en aventures (de toutes sortes), et en même temps si banal, si salement vrai, si universellement commun, de ces choses de tous les jours qu'on connaît si bien, petites babioles ringardes, petits sentiments honteux, .... mais qu'on a l'impression de lire pour la première fois dans un livre.

En même temps un vrai style d'écriture - parfois un peu snob, peut-être, mais pétillant et cinglant, avec des images osées, une satire franche, des caricatures culottées qui tiennent la route - les routes.

Oh, j'aime, j'aime.

 

 

 


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Jonathan Franzen, Les Corrections, en poche chez Points, 2003, 704 p. Edition originale américaine Farar, Straus and Giroux, 2001, édition originale française : L'Olivier, 2002.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 13:40

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Un livre pas con !

Certes, un peu naïf. Avec de gros clichés même, une structure un peu trop schématique et manichéenne - le jeune homme trop intelligent, célibataire, pauvre et au chômage, qui désire ne plus "se prendre la tête", essaie trois démarches radicales, le hasard le propulse capitaliste millionnaire, mais sa vie a vraiment perdu tout son sens... alors une pirouette narrative qui frise le fantastique, le ramène à une sorte de synthèse des extrêmes.

Mais un livre pas con, où pointent des originalités amusantes et séduisantes. Comme la meilleure amie lesbienne qui, à chaque tentative d'insémination, va à la foire aux plaisirs faire un tour de grande roue, persuadée que la force centrifuge augmentera ses chances de grossesse. 

A lire un autre titre plus tardif du même auteur : La Disparition de Paris et sa Renaissance en Afrique, on sent que quelque talent est en gestation, aboutira, plus tard.

 

 

 

Martin Page, Comment je suis devenu stupide, J'ai lu, première édition Le Dilettante, 2000.

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 11:59

 

 

 

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Voici un roman qui "se lit tout seul". Sur fond d'histoire (et d'histoire vraie, celle des révoltés du Bounty), Robert Merle nous donne à penser la construction d'une société, dans son organisation politique et ses fondements psychologiques : rapports entre hommes et femmes, entre blancs et "noirs", entre forts et faibles. De l'échec d'une société égalitaire ? de son impossibilité même. Qui mettra en péril l'idée même d'une polis.

Des marins anglais se mutinent et se voient contraints, pour éviter la pendaison, à vivre cachés dans une île qu'ils investissent comme un nouveau monde. Pour cela ils s'adjoignent des hommes et des femmes tahitiens. Mais comment, alors, construire une société ? C'est du Hobbes pur et dur, qui peut faire penser à certains moments à ce film fou (Battle royale) sous forme de fable cruelle, plus contemporain et qui se passe sur une autre île, du côté du Japon, où un jeu est organisé au sein d'une classe de collégiens à qui on donne des armes avec la consigne : "survivre".

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