Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 11:38

Il y a le mythe du voyageur, du bourlingueur, du routard sac au dos, à vélo, en train, mobylette ou en stop qui va de pays en pays, salue les peuples et les aéroports, ne s'arrête que pour mieux repartir.
 

 

Et il y a l'autre, celui qui a trop de bagages, ralenti dans son périple, alourdi de nostalgie, de langueur ou de ses souvenirs.

Celui-ci avance et regarde en arrière. Ce n'est pas faute de mettre un pied devant l'autre ou de lever le pouce. Il est empêché par le poids de ce qu'il trimballe. Il voudrait justement oublier, ouvrir les yeux aux routes déroulées sous ses pas. Mais ses épaules sont rentrées, et le brouhaha de ses voix intérieures couvre les sons nouveaux des rues, des pays neufs. Il ne se repose pas quand il dort : il refait le voyage dans l'autre sens. Il va loin, très loin derrière lui, et au petit matin ne peut que sombrer dans la fatigue. Ses malles pèsent, démesurées. Il n'a pas pu les perdre, il aurait voulu qu'on lui vole, mais elles lui sont accrochées comme une continuité de son corps.

Une langue entendue lui en rappelle une autre.

Un soleil qui se couche lui arrache une larme.

Un visage inconnu porte ceux qu'il a quittés.

Les traits, comme une matrice.

Le temps, comme une machine déglinguée, branchée à l'envers.

Les avenirs comme un passé éternel.

Toujours perdu, et qui résonne, fantôme en colère.

 

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 19:58

Le sevrage, la privation. Comme les amputés qui souffrent d'un membre fantôme - qu'ils n'ont plus - , les personnes en sevrage (je parle là d'alcool, de nicotine, d'un homme, d'une femme, de je ne sais quoi d'autre) souffrent d'un bien fantôme. On leur a enlevé quelque chose, ou ils l'ont perdu, ont décidé peut-être de s'en passer, mais en eux, si la chose n'est plus, du moins demeure la place qu'occupait cette chose. Et cette place que plus rien n'emplit crée un vide d'air, un appel d'air, dégonfle, destabilise, déséquilibre, dans un mouvement destructeur contre lequel il faut maintenant lutter, au risque d'imploser.

D'où la difficulté : le vide qui reste, comme une forme en creux, mais une forme bel et bien là, un vide qui occupe un volume réel ou exerce sa force centripète, soumis qu'il est à la pression atmosphérique.

Dans notre atmosphère, le vide n'existe pas, la nature a horreur du vide. Dans notre for intérieur c'est pareil.

C'est pourquoi certains remplacent la cigarette par le chocolat. Ou une femme par une autre. Un vice pour un vice, tout mais pas ce vide.

Il faut dans la situation du sevrage, vivre avec ce vide, cette place vide.

J'ai mal à la main, dit le manchot.
J'ai mal à mon vide, dit l'amant quitté.

Ou bien il faudrait vivre sur la lune.

 

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:21

écouter Brigitte Fontaine et éclater de rire malgré tout

et rire un coup boire un coup et écouter les conneries du midi et regarder un épisode d'une série qu'on aime bien et qui fait rire

Ou mieux, rire de soi

rire de tout un plat 

qu'on se fait, qu'on sait faire mais dont on ne veut pas, en fait

Ou bien si ? c'est pourquoi on l'a fait ?

alors cracher dans la soupe

 j'ai suis passée à côté de l'amour / L'amour ! quand il s'est présenté à moi, avec sa mercedes rose bonbon et sa poitrine nue et dorée, je l'ai laissé sur le bord de la route / et je suis montée dans une 2_chevaux pourrie / où y avait un chien qui puait !!!!!!!!!!!!

et je suis incapable de passer l'aspirateur !!!!!!!!

conne 

conne              conne            cooooooooooooonne !!!!!

 

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 20:51

je m'en vais dans mon bouquin où la chaleur est écrasante, où le paysage n'est pas beau mais beau quand même à travers ses mots, entre le fleuve et la mer grise,

la journée est finie et je retourne dans cette île de l'Italie, où je ne sais pas encore ce qui va se passer mais elle ne va pas tarder à me l'apprendre, de toute façon ses mots sont beaux et il fait chaud dès la brume du matin

dans ce livre il y a des oliviers des figuiers des lauriers, tout ce que j'aime

dans ces mots il y a de la poésie, de la pureté, un rythme coconneux et intriguant

en face de la littérature il y a des murs qui ne lui font pas peur, qu'elle épouse et rhabille

dans la littérature il y a la beauté du monde, c'est ici qu'elle se cache, quand elle n'est pas sur les côtes méditerranéennes du mois de juin, sur les côtes atlantiques déchiquetées de rochers sous le sel

je m'en vais vite comme on se réfugie sous la couette, le nez dans un grog au son d'un violoncelle

quand on a froid et qu'on a attendu le bus trop longtemps, qu'il n'est pas venu, ou qu'on était trop nombreux dedans, trop de nerfs mis ensemble, avec l'arrière de la chaussure qui n'en peut plus de frotter depuis le matin contre le talon, que l'ampoule s'est formée, qu'elle a peut-être déjà éclaté et que la chair est à vif contre le cuir

vive la littérature et ses petits chevaux

quels petits chevaux d'ailleurs ?

 

 

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:49

faire la course aux horizons, quitter une ville, un pays, sauter sur un continent, passer d'une maison à une autre, éternel locataire, emprunteur devant l'éternel, un passeport une valisette et le plein de souvenirs - alourdissant la cervelle, qui, boule de neige, ne loge plus nulle part.
Tant d'idées, de langues et de voûtes au-dessus de la tête, d'avions, de trains, de trams et des pas aussi, rapides ou lourds, sans se retourner, juste des musiques, qui font les ponts d'une vie à l'autre, et puis des grains de voix, la trace des peaux sur la peau, des nuages de poussières - partir encore, aller plus loin pour ne pas tomber entre les chaises, entre les désespoirs, et se surprendre encore, vouloir encore, regarder devant surtout devant, perdre, perdre, se détacher, se surpasser, s'attacher, s'accrocher, repartir, des ailleurs, des autrefois,

des histoires à raconter, ou à emmagasiner, à oublier, à s'écrire sur les doigts, la paume, puis qui s'effacent, se transforment et resurgiront, sous une plume lourde, dans l'épaisseur d'une encre sombre,

ancre sombre

à relever.

 

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 20:31

Désirer, anhelar en espagnol pour désirer encore plus fort.

J'aime ce mot car il sonne comme haleine, haleter, comme les chiens happent l'air plus vite pour en avoir plus, plus, plus.
Le désir fonctionne ainsi. Il exige toujours plus. Il veut un regard, puis une odeur, le grain de la peau, une bise sur la joue, une intimité, des sourires, des regards (passés au pluriel), puis il se fait plus impérieux, il veut une respiration, des lèvres, le contact des deux mains, il veut un baiser, absolument, puis d'autres, de la langueur, de la lenteur, du temps, du temps, puis il pousse encore et il veut une, deux, plusieurs étreintes, et puis une nuit complète, et puis des chaussettes, des caleçons à laver, des disputes aussi pour pimenter, du temps, du temps, et puis il veut un autre regard, une autre odeur, le grain d'une autre peau, une bise ailleurs, une intimité différente, des sourires nouveaux qui font chavirer le coeur, des regards de cette autre personne...
Le désir est un enfant gâté.

Sommes-nous tous des enfants gâtés ? Pourris ? ou cette question n'a-t-elle même pas lieu d'être... un désir humain comme nous, simplement, humains, un peu trop et puis c'est tout ?

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 13:16

J'aime cette notion d'écran en psychanalyse. Je trouve le mot tellement bien choisi.
Un écran, pour des projections, du fantasme qui se trouve un tissu blanc pour y poser une forme, qui va s'incarner dans quelque chose ou quelqu'un. Du désir qui trouve son écran en un objet ou une personne. Qui s'incarne et puis s'en va, s'il est assouvi ou vite oublié - ou qui s'incarne et s'incarne encore plus, quand il ne l'est pas. Et tourne, du fantasme à l'idée fixe - à l'image fixe. Fixée dans la tête, "derrière l'oeil", et qu'on voit alors partout. Dans tous les espaces, les temps et jusque dans les rêves.

Qui masque tout le reste. Qui recouvre les autres espaces et les autres temps.
Qui se substitue aux autres sensations, jusqu'à couper l'appétit, jusqu'à énergiser au possible, jusqu'à créer des capacités, des incapacités.
Se découvre-t-on, dans ce désir ? ou se recouvre-t-on ?

de ce tissu blanc qui s'est colorisé, animé, humanisé ? sur lequel dansent des ombres chinoises, pleines d'odeurs, de saveurs, de vibrations. De cet écran de chair et d'entrailles. De cette illusion fantastique, suprême.

Car l'esprit est très fort, l'inconscient plus encore.

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
9 septembre 2010 4 09 /09 /septembre /2010 13:32

et que son brouhaha se fait insupportable, s'élever alors au-dessus, ou se terrer en dessous, avec la musique pour en recouvrir les rumeurs qui continuent à parvenir aux oreilles, de la musique à fond la caisse, la laisser s'infilter, boucher les pores et les écoutilles, les branchilles, boucher tout - et emplir la tête, ou la vider, l'éloigner en tout cas, s'éloigner.

Quelle est cette attitude ? celle du poète maudit ? celle de l'asocial ? du misathrope ? de la déprime ? de la suffisance ou de la détresse ? peu importe, il se trouve que...  parfois, le monde fait trop de bruit.

Que les intentions se brouillent.

Que la place se fait rare.
De la musique alors, de la musique pour le salut, du rythme pour doper, pour retrouver le sens des priorités. Revenir à l'essence, à l'être.

De la musique pour être.
de la douleur à être.
de la fatigue...

DE LA MUSIQUE !!!!

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 20:07

 

Le chemin, le chemin, le chemin, et puis plus de chemin.

La falaise.

Faire sa route sans se dire que la falaise, c'est tomber. Faire son chemin avec l'idée qu'un chemin chemine sur tous terrains, qu'il y aura bien des possibilités de tourner à gauche, à droite, de faire demi-tour, ou qu'en réalité il n'y a pas de falaise, c'était une fausse indication ou une illusion d'optique, que le temps est un chemin, et que même si falaise il y a, et que même si chute il y a, ça fera peut-être un peu mal au cul mais qu'on y survivra...

Tracer sa route avec son sac sur le dos, des pièces jaunes dans les poches, et puis des gens autour, qui ne s'éloigneront pas, des rêves dans la tête, la tête dure, ça oui ça non, ça je veux ça je veux pas, garder sa tête droite et ses yeux ouverts, histoire de pas trop trébucher, d'éviter les ornières les orties les dénivellés, des airs dans la tête, tristes ou joyeux c'est selon, selon l'humeur sinusoïdale, le moral qui monte et qui descend, qui fait des courbes des bonds et qui change le regard, sur la falaise qui s'approche, sur le chemin toujours devant.

 

 

 


chemin.jpg

Photo : Noar

http://la.boite.noar.over-blog.com/

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article
31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 11:48

L'inconscient est un petit être simpliste. Simplet ?

S'il est capable de concevoir des idées, celles-ci sont primaires, basiques, ... décevantes. C'est à cette petitesse d'esprit qu'il faut faire face. Il faut parvenir à faire rentrer l'éventail de ses idées propres - lesquelles sont foisonnantes, désordonnées, complexes, bourrées de paradoxes, sans centre et au diamètre extensible, informes, dans le manichéisme le plus binaire.
L'inconscient fonctionne en 1 et en 0, en noir et blanc, en deux temps, en oui et non. L'esprit et la sensibilité, eux, à tort et à travers, à hue et à dia, en dolby surround, en arc-en-ciel, en multiplexe...

C'est là la source de nos peines. Ne pouvant "loger" en 1 ou en 0, en noir ou en blanc, les pensées se retrouvent le cul entre deux chaises. Elle tombent dans le fossé séparant les deux contraires. Elles dégringolent dans le trou noir du désespoir.
C'est là la double peine. Il faut faire avec le monde, et il faut faire avec soi-même.

 

Repost 0
Published by Du mobilhome - dans Blablateries
commenter cet article

Présentation

  • : Du mobilhome
  • Du mobilhome
  • : Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
  • Contact

S'inscrire à la newsletter pour être averti quand un nouveau post est posté !

Recherche