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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 18:56

Sommes-nous tous schizophrènes ?

au sens profane du terme, je dis, à ce sens galvaudé qui me plaît.
qui ne peut que plaire, quand on est gémeaux. Qu'on a deux passeports, deux métiers, deux pays, deux langages, deux beaucoup-de-choses, quand on a des amis qui ont deux identités, quand on aime le théâtre, les perruques, les masques, passer des talons aiguille aux baskets, qu'on vit une vie à l'indicatif, une autre au conditonnel, quand on saute du passé au futur, de l'eau chaude à l'eau froide sous la douche, qu'on a du mal à finir un livre sans en commencer un autre, à conduire sans fumer-boire son café-et-téléphoner, quand on se retrouve souvent avec un double appel face à l'alternative de récupérer ou remplacer la conversation, et qu'en général on finit par raccrocher sans le vouloir, quand on commence une phrase qu'on en poursuit une autre, tout en pensant à une idée complètement différente, quand on angoisse en voyant arriver le serveur car on hésite toujours, dix minutes après son premier passage, entre l'entrecôte ou la pizza paysanne.

Jacques ou Dominique, Mexicain ou Sud-Ouest, se lever ou pas, rouge ou blanc...

La vraie question serait peut-être plutôt : cette duplicité,  cet entre-deux, qui sont une deuxième peau, sont-ils une malédiction, un danger perpétuel ? Ou au contraire la possibilité d'un équilibre - d'une complémentarité - de, d'embrasser une sorte de totalité jouissive ? La possibilité du creux, cet espace qui appelle tous les autres, les admet.

Car un regard double n'est pas binaire. Ce n'est pas l'un ou l'autre mais tout ce qui pourrait être d'autre, l'un et l'autre, ni l'un ni l'autre, tous les autres, "ni pour ni contre bien au contraire".

Un regard double est forcément panoramique.

Et superposer deux figures, c'est les confronter. C'est se frotter à leur différence. A sa propre différence. A son propre frottement...

mais là, je me perds, je crois...


 

 

 

 


Cette chanson me fait sourire.

Laissez-moi dormir, conclut Emily Loizeau qui doit être gémeaux, elle aussi.

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 13:15

 

 

 

 

Nous sommes des ronds des carrés des parallélépipèdes électriques des balles rebondissantes bob l'éponge ou robot bio-ionique.

Ca fait boum ça fait bang ou ça fait splotch, splotch. Dzz, dzz.

Chocs électriques magnétiques ou anaphylactiques.

Décharges, collisions, éclatements, jeysers ou emboîtement. Comme ces pièces de jeux d'éveil, deux par deux, trois par trois, ça rentre ou ça coince.

De l'un à l'autre l'onde est transmise, négative, positive, + par + ça fait +, moins par plus ça fait moins, et les volts s'accumulent, la pression monte, monte, et la tension baisse, baisse.

Tous ces êtres en contact, transmissions démultipliées, chaînes de bâillements, d'envies, de fous rires, de grippes, de stress, tout ce qui se donne, s'échange, par téléphone, sms, mails, les mains qui se croisent, les regards qui se touchent, d'un simple clignement de cils, réseaux infinis de communications et d'interactions.

On pogote, on slalome, on se bouscule, on s'embrasse on s'ignore ou on se sourit les dents serrées.

Et on ramasse, toute la journée, toute la semaine, accumulation folle et sans fin.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 18:42

....  (qui ne m'a pas posé de question !)

 

 

 

 

 

 

- Quand je serai grande, je serai...

- Mais tu ne l'es pas ! tu es petite, petite, petite, rikiki, qu'une toute petite de rien du tout, et ça c'est précieux ! garde-le ! vis-le et fais-le vivre autour de toi. Et peut-être que quand tu seras grande, tu seras reine, ou ministre, ou morte, ou rien du tout, ou juste vieille, ou Marylin, mais en attendant, que t'importe de savoir, d'imaginer, de te poser même la question.
Pourquoi cette question. Toujours. L'après. Comme dit Gad, l'avenir, l'avenir, des fois le type il te dit qu'il va venir, et puis il vient pas ! et qu'il vienne ou non, cet à-venir, qu'il soit gris ou rose ou rouge et blanc à pois, il nous prend la tête, il bouffe sur le présent comme une tique, il le vide de son sens et de son sang, ou bien l'inverse, il l'étouffe de trop de sens, de trop de sang qui monte à la tête et l'emplit à crever, à bouillonner à gros bouillons, à faire trop de bruit, trop de matière, trop de projections et d'interrogations.

Mais on est comme ça. Conditionné à se projeter, à tout conjuguer au futur, à voir vers... à s'orienter, front vers l'avant, regard affûté, le nez les yeux le menton la poitrine, centre de gravité sur le nombril proéminent, essayez un peu de marcher avec les pieds en dedans, vers l'arrière, ben non, c'est physique, c'est optique, c'est plus fort que nous.

Et pourtant. On pourrait très bien ... arrêter de marcher. S'asseoir, ou se coucher, pardi. On s'en porterait pas plus mal. Se coucher à deux, tiens pourquoi pas, et pas regarder la montre, remonter la couette par-dessus le nez le front, on serait pas si perdus que ça. Peut-être même qu'on arriverait à y trouver du plaisir.

 

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 09:25

J'attends Tu attends Il attend, elle attend...

l'attente nous attend tous au tournant

la patience s'étiole, les patients s'accumulent, s'impatientent dans la salle d'attente

les magazines prennent de l'âge et du gras, perdent leurs pages

la mousse des fauteuils est crevée

pousse, pousse la file d'attente

étire les nerfs

comme des chewing-gums

va-t-il nous appeler, le docteur ?

va-t-il en rester, du poisson ?

Mathilde finira-t-elle par revenir, t'aimera-t-elle toujours ?

entre chaque numéro il y a l'infini

les bouchons sont bouchés

les CD tournent en boucle comme les heures comme les jours

retour au point de départ - qu'est-ce qui a avancé ? à part les rides

à part le stock qui a baissé, d'espoir de marchandises

les cheveux qui sont tombés

l'énervement du désir insatisfait

le train sera complet

ce sera un strapontin

pour attendre l'arrivée

attendre pour attendre

elle viendra mais repartira et il faudra encore l'attendre

il appellera mais donnera un autre rendez-vous de bilan, après les analyses

dans le laboratoire où il faudra attendre, sur une chaise crevée les mains dans un vieux magazine, avec des femmes en maillot de bain, alors que dehors il fait si froid

il faudra d'abord attendre le bus

à l'arrêt

debout

dans le froid et entendre pleurer un gamin qui n'en peut plus d'attendre l'heure de son biberon

attendre toujours, l'heure de crever comme la housse des fauteuils chez le docteur, comme les nerfs qui explosent sur la peau, psoriasis aeczema des choses comme ça, notre lot à tous, attendre que ça arrive, attendre que ça passe

 

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 13:03

se regonfler de sérénité

de patience

faire ses nuits

rêver d'un chien qui nage dans la Seine au soleil

et qui remonte sur la rive

même si pour lui c'est une première - l'eau, sans avoir pied.

affronter sa conscience, regarder dans les yeux, se regarder dans les yeux.

poser les mains bien à plat sur le clavier, le dos bien calé contre le dossier, ne pas trop faire de projets, ne pas se demander combien de temps dure l'avenir. Il dure ce qu'on veut bien lui ouvrir comme portes. Deux, quinze, trois cents, ça fait courant d'air et ça claque. Une par une, c'est mieux. Poser son regard derrière cette porte - ou pas. Mais ne pas le perdre dans le dédales d'ouvertures à l'infini. Ou se concentrer sur les quatre murs, là, autour de soi. Sur le volume qu'ils forment, sur l'espace qu'ils offrent et qu'il faut bien peupler.

aménager

se réapproprier.

s'asseoir. à table. au bureau. à l'ombre. à l'abri des courants d'air et de la pluie.

 


 

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 22:43

 

 

 

Souffrir (presque transitivement) de vouloir ce qui n'est pas.
C'est parfois le contraire qui se passe : c'est ce qui n'est pas qui fait qu'on le veut. Et la souffrance est ailleurs, complètement : ce n'est que sa projection qui crée ce désir et la frustration qui en découle. Ces deux derniers étant associés. Car ce désir-là ne peut exister que dans l'absence. Il va comme une bactérie se loger dans l'absence. Dans un no-man's-land. Dans un creux. Justement, il s'exprime et a pour cela besoin d'espace, surtout pas d'être comblé. Il a besoin d'un écran blanc, vierge. Il est si grand qu'il ne peut se contenter d'un double sens, il lui faut une voie entière un sens unique. Dans l'échange il meurt.
Je discutais récemment avec un ami qui interrogeait la possibilité de l'amour. Dans une situation comme celle-ci le désir ne peut exister que s'il est à sens unique. Comme un fleuve - ou bien c'est le mascaret, et ça ne dure pas, on vient des quatre coins du pays pour "le faire", deux jours par an...
Revenons à la projection. Souffrir de vouloir ce qui n'est pas : inutile de s'acharner à ce que le réel se plie à son désir, à ce que le désir se plie au réel. Double impasse, par essence. Au contraire savoir ce qui se cache et qui tente de se révéler dans cette projection. Apprendre à décrypter ce langage codé. C'est difficile. Bien plus difficile que de souffrir d'une bête frustration. Bien plus difficile de lire un livre, que de tenter de "lire" ce "film". La mise à distance, dans cette fiction-là, qui n'est pas romanesque mais inconsciente, est bien plus ardue. Dans un roman on joue le jeu de l'identification. Dans ce processus-là on est le jouet de la projection. On n'est que pauvres pantins - dans la caverne - dans le noir - aveuglés, éblouis par ces images ces couleurs vivantes et si séduisantes qu'on s'y perd qu'on y colle qu'on s'y déchire la peau du dos. C'est dans notre dos justement que tout se passe, c'est de là qu'émane le projecteur.

Et qu'y a-t-il, derrière ?

 

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:19

Ne crois-tu pas, toi qui penses, qu'on se trompe à croire que les choses nous font (tristes, gais, soucieux, râleurs...) - alors que c'est nous qui les faisons au prisme de ce que nous sommes à tel ou tel moment ?

Nous croyons être heureux à voir le ciel bleu et le soleil - alors que nous étions déjà heureux et voyons dans la météo une continuité de notre état. Nous pourrions tout aussi bien, ronchonnant, bougonnant, angoissé, détester cette insolence estivale. 

Nous croyons être heureux parce que nous sentons l'intérêt marqué de telle personne, mais nous étions déjà heureux et lisons dans ces mots qu'elle prononce une confirmation de ce que nous savions déjà. C'est d'autant plus vrai grâce à l'étendue du désastre, du malentendu que causent les mots ou n'importe quelle situation de communication. Les mêmes paroles, reçues dans un autre état d'esprit, seraient rayées, soulignées les ambiguïtés, la ponctuation d'une phrase, tendant à faire croire que cette personne n'est pas aimante mais railleuse, hypocrite, polie.

Mais alors, si j'ai raison, qu'est-ce qui détermine cet état où je me trouve avant de recevoir le monde ? le pied avec lequel je me suis levé ce matin ? la position de la lune ? cette étiquette de tee-shirt qui me gratte ? ma contracture aux cervicales ?

J'imagine là quelque chose d'assez fort (que je ne suis sûrement pas la première à tenter de mettre en mots), quelque chose comme une émotion performative. J'avais acheté un mug, adolescente "Life is what you make it", cette phrase m'avait emballée. Psychlogie à l'américaine ? certes, sauf si on en retire la dimension "méthode coué" . La vie est ce que j'en fais, une merde aujourd'hui car je ne suis pas d'humeur, un bonheur dans quelques heures car Mercure aura changé sa position par rapport au Cancer...

Comme les psychopathes vivent dans un monde qu'ils fabriquent, nous, simples névrosés, croirions vivre dans un monde extérieur mais qui n'est que somme de multiples et minuscules émanations de notre for intérieur, projections et perceptions filtrées par notre bon - ou mauvais - vouloir (le mot est mal choisi, puisqu'on n'est pas dans l'intention justement, mais dans quelque chose qui nous fait, inconsciemment). 

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 18:49

un peu de philosophie de trottoir

ce qu'il faut c'est comprendre, comprendre, bordel, qu'il n'y a pas d'enjeu

je parle en général

en général, le problème des gens "compliqués", "stressés", "tordus", "sensibles", "idéalistes", "dépressifs", appelez-les comme vous voudrez - des gens qui ont tendance à souffrir dans leur sensibilité - pour faire neutre - c'est l'enjeu qu'ils posent sur toute chose.

Libérons les choses de cette pesanteur, de cette importance, la vie sera plus légère.

Il n'y a pas d'enjeu

il n'y a rien qui ne soit un jeu

jusqu'à ce je, ce moi haïssable, disait très justement Pascal. 

ses implications - ses représentations - ses dilemnes, ses questionnements - ses hontes et ses craintes - ses mots - ces choses qu'il voit qu'il entend qu'il refuse - ses dénégations - ses aspirations - ses déceptions

"ce n'est pas personnel"

ce n'est pas essentiel

c'est pas en jeu

ce n'est qu'un jeu

qu'un je

qu'un je

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 10:14

C'est à la mode, le voyage.

Avec un baluchon des rêves un carnet pour des croquis c'est encore mieux

des bonnes chaussures des bonnes intentions un blog pour faire coucou à ceux qui sont restés

devant leur écran à leur bureau dans une position plus ou moins ergonomique

qui leur donnera toutes les fins de journée des contractures des problèmes d'accomodation et une migraine

et qui vous envieront entre deux pages Internet Explorer

les pieds dans leur nouvelle paire d'hiver qui ne s'est pas encore faite

la collègue qui leur conseille du journal dedans mouillé la nuit ça les assouplit

Basse température oblige le midi c'est choucroute et après c'est l'heure de la sieste

mais il faut tenir c'est comme ça jusqu'à 18 heures

on n'est pas en Andalousie nous

et le soir se débrouiller pour faire sécher la lessive dans l'appartement

tous les ans c'est la même histoire comment faire

ça serait bien un sèche-linge mais où le mettre ?

et on n'est qu'en novembre à peine... d'ailleurs faut vite acheter les jouets avant qu'ils augmentent les prix ces salauds

conclusion

ce serait bien un combiné lave-linge - sèche-linge

voilà le rêve de ceux qui restent

 

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 18:30

Quand le soleil n'est pas à sa place, que sa lumière est trop blanche, qu'il semble une boule de plastique, inodore et sans saveur, et ne chauffe - ne dupe - personne.

un soleil "gaori", du nord, glacé, une contrefaçon.

alors ce sont les lumières de la nuit qui pourraient ne pas heurter l'oeil, les néons des commerces, rouge ou vert ou bleu, qui s'assument dans leur artifice, n'imitent rien dans un mentir vrai. C'est l'obscurité d'un foyer, d'une ruelle, la lumière d'un feu, l'odeur du bois, qui peuvent, seules, cacher les nuages et tout ce qui est gris.

La nuit pas d'illusion, que l'électricité chaude - même la pluie y est belle avec sa voix noire. 



 

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