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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 20:06

Il y a ces personnes - comme des phares - autour de nous.
Des gens qui illuminent nos vies - tous les jours ou moins souvent - certains brillent au loin, d'autres tout près, certains une fois - qui se prolonge - d'autres régulièrement. Ils disent une phrase qui reste, planante de tout son sens. Ils émettent un regard qui va briller longtemps dans notre tête ou derrière, dans l'inconscient. Ils sont une présence, une existence, réconfortantes. Un rire comme un moteur. Des mains qui bougent quand ils parlent, et qu'on aime. Ils sont une fulgurance sur le chemin, on est heureux de les croiser, de se les rappeler, de les appeler. Ils sont une foule de bonnes intentions, d'intelligence, et si l'on tisse mentalement une toile les rejoignant, ils sont ce lien qui nous donne le plaisir d'être là. L'espoir de le garder.

Collègues, professeurs, anciens amis, voisins, boulangère ou vendeur de limonades sur la plage, amis ou amis d'amis, clients ou fournisseurs, anonymes parfois, célébrités peut-être, ils réconcilient toujours. 

Il faudrait s'endormir chaque soir en tentant d'en convoquer un.

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 11:37

On marche sur des planches mal assemblées. On marche et de nos poches tombent les rêves, les noms, les souvenirs et les crayons ikéa. Qui dégringolent dans les interstices, qu'on ne ramassera pas.

En temps de sécheresse dans les campagnes charentaises la terre se fissure et on dit : "c'est pas le moment d'échapper ton couteau".

Mais on n'échappe rien, nous, au mieux on s'échappe quand on peut... c'est la grammaire qui le veut.

Ce sont les choses qui s'échappent. Les objets qui tombent (ça c'est la science).

Et comme des alpinistes désespérés on grimpe et sous nos pieds les cailloux se carapatent. Ca fait des éboulis des éboulements. On jette un oeil par-dessus, au risque que le ventre tourne, que la tête bourdonne, mieux vaut regarder vers l'avant, disent-ils. Mais on jette un oeil quand même et on voit tout ce qu'on a perdu, à tous les étages. Sous nos pieds la chute. Derrière nous le loin qui se creuse, et on halète, mais on continue de grimper. Parfois plus lentement. C'est ça, ou tomber aussi comme un petit caillou. Comme une pierre...

 

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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 18:41

Le printemps, c'est une activité à part entière.

C'est un verbe d'action, un verbe d'état, un adverbe, un participe présent, un temps et un lieu, un article défini, une première personne du singulier et du pluriel. C'est un moi, un nous.

C'est un affirmatif et un indicatif.

C'est une totalité qui te rentre par le nez, les yeux, les oreilles et tous les pores de la peau.
C'est une transpiration douce. Une inspiration délicieuse. Une expiration comme un soupir de tendresse et de plaisir à la fois.
C'est un repos et une énergie.
C'est le soleil et le vent et même les nuages, noirs dans les rayons brillants, derrière un vert pétant, des formes minuscules à l'infini partout comme une transcendance. C'est un regard net et propre. C'est un foisonnement, une haie toujours désordonnée.

Ce sont des soirées qui s'étirent comme si elles venaient de se réveiller. C'est un chien monté sur piles, à cause des lapins qui bouillonnent et des chats qui se prélassent dans les premières chaleurs.

C'est une envie de pizza-rosé perpétuelle. C'est la musique qui crève les enceintes. C'est les cheveux qui te giflent dans la voiture vitres ouvertes.

.... c'est un hommage en soi, une réponse, une matrice.

C'est la peau qui se trouve, la multiplication qui se démultiplie.

 

 

 

 

 

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 08:44

On est comme la lune - une face dans la lumière, une face dans l'ombre. Celle que l'on ne voit pas mais qu'on devine sombre. Qui se cache. Pudique ? Désabusée ? Luminophobe ?  Celle qui éternue quand elle voit les rayons du soleil.

Il y en a qui éternuent quand ils arrivent dans le soleil. Il y en a aussi qui se brûlent à la lumière du jour. D'autres font des allergies cutanées. Une heure d'exposition, quarante-huit heures à se gratter - ou résister - comme des fous. Dépendant à la crème magique qui apaisera ces pulsions, calmera les nerfs, à vif, à vouloir baffer la pharmacienne qui te répond sur un ton docte qu'elle ne peut la délivrer sans ordonnance. Une fois qu'elle a l'ordonnance entre les mains (tu la veux ton ordonnance ? la voilà ton ordonnance), elle te critique la prescription, non mais de quoi j'me mêle, tu veux savoir pour quoi c'est la crème, je vais te montrer si j'ai pas les nerfs, connasse, tiens, prends-là, celle-là, et puis encore une, t'auras un joli teint sur les deux joues comme ça.


On est comme la lune. Et le soleil ne vient pas.

 

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3 avril 2011 7 03 /04 /avril /2011 13:47

Certaines choses sont à toucher des yeux, du coeur, de l'âme. Y mettre les doigts, c'est les mettre en danger.

Pourtant du coin de l'oeil je guette si le vigile est là. J'attends qu'il tourne le dos, car j'ai envie de sentir sous mes doigts ce marbre blanc, l'épaisseur de l'huile séchée, la douceur riante du papillon, le goût de ses lèvres, huile d'argan ou savon d'alep.

Je sais bien que c'est interdit. Que même si j'y arrive, en douce, c'est mal. Au-delà de toute morale, je touche à l'entièreté de la chose, à sa beauté, à son essence.

Je n'aime pas le mot coquelicot, j'avais juré de ne jamais l'écrire, trop gluant, trop banal, trop bavard ou mièvre. Pourtant c'est la seule fleur que je connaisse dont la beauté est si fragile. Et ici elle est un bon exemple.

Papillon, aussi, c'est un peu gnan-gnan.

Comme "amour". Galvaudé.

Et pourtant, je ne vais pas m'étendre sur la Joconde.

L'absolu est si exigeant et frêle. Il ne peut vivre que dans des conditions extrêmement protégées. Que très haut au-dessus de nos doigts, nos microbes, nos besoins trop humains.

 

 

Parce que si tu touches, tu casses, et si tu casses, tu paies, et t'as peut-être même pas les moyens.

 

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 16:57

Nous sommes tous des camions à pizza - des égos ambulants.

On se parle rarement d'égal à égal, bien plus souvent d'égo à égo.

Chacun son égo sur le dos, dans la poche, précieusement comme une puce ou un cerveau. Un moteur ou un moniteur. Les susceptibilités s'affrontent, les fragilités se frottent, les blessures saignent et chacun se soigne.

Les réunions réunissent des Je qui s'affirment ou se préservent. Les téléphones mettent en communication des voix, des Moi qui se disent. On se salue, on s'ignore, les personnalités se jaugent et s'observent en coin. Chacun son soi, son coin de jardin où il plantera ses tomates en espérant qu'elles seront nombreuses, belles et bonnes. Et derrière la palissade, le potager du voisin. Qui lui a des courges.

 

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5 mars 2011 6 05 /03 /mars /2011 21:41

Avez-vous lu Zola ? la tare ? transmise d'une génération sur l'autre ?

Non ? ce n'est pas grave, de toute façon c'est nul.

Mais ça n'en est pas moins réaliste.

La tare circule comme les gènes le furet ou la rumeur. Dans la famille comme le nom ou le diabète.

Et c'est comme cela que se perpétuent les tordues et les tordus.

 

 

 

La Tordue - Champ Libre

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 08:36

Même si ça fait peur à la peur, mieux vaut laisser le temps au temps.

C'est pédagogique, paraît-il, la répétition, enfoncer enfoncer le clou-clou, ça rentre mieux-mieux.

Alors je me le répète : laisser le temps au temps, laisser le temps au temps, laisser le temps au temps, comme une formule magique, le dire trois fois et remuer la potion dans le chaudron, mais zut il me manque le bout de la langue d'un caméléon.

QUI A UN UN BOUT DE LANGUE DE CAMELEON POUR MOI S'IL VOUS PLAIT ?

...

 

bon alors il n'y a plus qu'une solution, répéter encore et encore. Se le répéter se l'écouter sur un CD qui tourne en boucle dans la voiture, entre deux pistes de mon texte de théâtre, entre deux répliques, laisser le temps, entre deux rêves éveillés, entre deux coups de fil, au temps, entre deux bouchées, laisser le temps, entre deux pas dans le long couloir, au temps, entre deux regards, laisser...

 

 

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 14:22

Après avoir tout oublié des Pensées de Pascal, il me reste ceci, tout de même : "Le moi est haïssable".

Une phrase qui résiste dans un coin de ma tête, depuis une douzaine d'années.

Cette phrase qui m'a servi de censeur - ou de prétexte ? pendant des années d'écriture solitaire.

Si le moi est haïssable et que je ne sais écrire qu'avec moi, alors écrire, pour moi - et pour tous ceux qui écrivent à la première personne, et pour tous ceux dont le moi ne sait que transpirer indiscrètement et impudiquement de tous leurs écrits - est haïssable.

Dont acte.

Et puis j'ai changé. Je me dis qu'à parier ainsi, contre "moi", je ne gagnerais pas. Que j'y perdrais, même. Qu'une telle attitude était contraire à ma position dans la nuance, toujours. Que c'était même dangereux, car de l'écriture, à tout le reste, il y a peu de chemin et que je risquais de m'enfermer dans un silence - voire une auto-détestation - handicapants et ravageurs.
Donc je me dis merde, je raconte ma vie, ou d'autres vies, ou n'importe quoi d'autre, avec un moi au trot, au galop, pour conduire la voiture, et que Pascal me le pardonnera, et que s'il ne me pardonne pas, j'aurai, au moins, tenté quelque chose, pris la route. 

 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 13:15

et ce moment risque de se prolonger un bout de temps. Si vous voulez me joindre, écrivez votre message sur un petit papier, introduisez ce dernier dans une bouteille en verre que vous reboucherez soigneusement. Prenez la voiture ou le train direction l'océan, une fois arrivé vous jetez cette bouteille de toute vos forces en direction de l'horizon. Peut-être qu'un jour je vous répondrai.
Une autre alternative est de faire un feu de bois. A l'aide d'un torchon que vous secouerez au-dessus des flammes, dessinez des lettres de fumée qui, les unes après les autres, formeront le corps de votre message à mon intention. En espérant qu'il y ait moins de nuages que ce matin.

Ne vous inquiétez pas, vous aurez bientôt le troisième choix de vous adresser à ma secrétaire, dont je vais bientôt commencer le processus de recrutement. Cette personne aura peut-être la même voix que moi, mais elle vous vouvoiera, n'en soyez pas surpris. Elle répondra aux téléphone, mails et courriers papiers, vous pourrez lui dire tout ce que bon vous semble, elle transmettra idem - tout ce que bon lui semble. Elle vous parlera de moi à la troisième personne, vous rassurera au besoin sur l'état de mon dos, l'avancement de mes travaux, l'humeur de ma chienne et la météo à bordeaux. Elle sera délicieusement polie et admirablement détachée.


Ainsi quand je ne serai pas là, elle le sera. Et au fur et à mesure de sa présence, j'aurai peut-être plus de disponibilités. Vivement que je la trouve. Qu'on se retrouve.

 

 


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