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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 18:44

Elle pleure. L'ennui, sans doute. Elle aime tant la compagnie. Mais elle est seule, il n'y a pas un chat.

Elle aime tant les chats. Entre ses murs, son petit balcon, la musique l'indiffère. Elle ne sait pas lire et le poste est éteint. Ou plutôt, il n'y a pas de poste. Il faudrait lui acheter une petite télévision. 30 millions d'amis, ça l'occuperait. Mais peut-être qu'au contraire, ça la renverrait à sa solitude. Car elle n'a pas tant d'amis que ça. Et ils ne viennent pas souvent. Ils lui manquent, sans doute. Elle pense à l'un, à l'autre, à sa nouvelle amie - elle qui n'a jamais beaucoup apprécié les filles, elle s'est attachée, à elle. Mais elle n'est pas là. Et dehors, quand elle glisse la tête au-dessus de la rambarde, la pelouse est vide, silencieuse. Les arbres même ne bougent pas et les machines se sont tues.

Alors elle pleure.

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:24

Allez, courage, un autre café, un petit tour ici, il faudra bien, de toute façon, les copains vont arriver, c'est le dernier week-end, avec camion, fourgonnette, et il faudra bien leur donner des cartons à mettre dedans - pleins.

Il faut, oui, mettre sa maison dans un carton. Je l'aurais bien prise toute entière, ma maison sur cales, avec ses cales, je lui mettrais des roues, et je la tirerais, mais le décor aussi manquerait, les lapins, les poulets, le petit chat, et Françoise avec ses mots doux à lui, son petit chat, et lui qui lui répond, l'odeur du figuier, les chênes, les cerisiers.

Ca pince, là, tu vois.

C'est le signe qu'il ne faut pas réfléchir : remettre le beurre au frigo avant de fondre...

Tourner son regard, devant, devant, dans le camion de samedi prochain, dans les nouveaux murs, là-bas ce seront des pins, une autre campagne. 

Je reviendrai pour les œufs, un café, je ne vais pas loin, je vais au Sud, je vais devant, c'est ainsi.

Le mobilhome existera toujours.

Et l'avenir aussi.

Et nous aussi, dans cet entre-deux qui ne s'arrête jamais, même immobiles, comme dans un train en marche, toujours les rails devant, les rails derrière, tout dépend du regard, du wagon, on n'y peut rien, la locomotive crache, et les roues tournent.


 

 

 

 

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23 décembre 2011 5 23 /12 /décembre /2011 08:09

 

 

 

 

 

Certaines choses sont beaucoup plus que ce qu'elles sont. Elles portent en elles d'autres images, d'autres lieux, d'autres temps et tant d'émotions. Comme la mer elles charrient mille corps, elles bougent et font bouger, elles créent des mondes, anciens ou à venir, sculptent les rochers, les coquillages en sable, rongent les dunes, transportent des corps morts des bouteilles vides du fuel ou des algues. 

Et les jettent sur la grève.

 

L'Adagio de ce quintet à cordes de Schubert.

C'est un morceau de musique. C'est un film. C'est un, deux ou trois ans de souvenirs sur la crête entre l'enfance et l'adolescence. C'est un jeune acteur, un Grégoire Colin débutant. Et lui-même, c'est l'image d'un autre garçon dont je suis amoureuse, à l'époque. Une grande ressemblance. C'est une maison, une école, des tristesses, une solitude, une rage.

Et ce quintet, c'est des frissons, des rêves, le tragique de l'existence, une exaltation qui remue, des sanglots, de l'ennui, de l'espoir, un monde fantasmé, des projections. Et ce garçon insupportable et insolemment beau. Des pieds en dedans. De la haine.

Ce quintet, c'est lui c'est elle, cette petite fille bizarre, sa lampe de chevet et son tapis à grosse laine. Son attente interminable. Des départs qui n'arrivent pas.

Ce garçon dans un internat, sa solitude, la femme de son entraîneur, une beauté troublante, le trouble qu'il crée en elle.

Toutes ces images... ses lèvres, des canines de loup et ce quintet...

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 20:53

C'est drôle comme tout sentiment porte en soi son contraire. Non ?

Un cliché à la rescousse : la médaille - et son revers.

Je crois que par-dessus les odeurs, les paysages, les calins, l'éphémère, le pain saucé, l'appartement des grands-parents et autres éléments du Paradis perdu, ce qui me manque le plus de l'enfance, ce sont ces sentiments absolus : la joie folle et entière, celle qui fait trépigner, sauter, crier, ouvrir grand les yeux, par exemple. L'impatience qui dévore, compter les jours, les nuits, les repas, les heures, avant de prendre l'avion, ou à l'attente de Noël. L'excitation des grands jours, le bonheur, les nuages et jusqu'à la sensation de l'espace, pleine et entière.

Je nous ("les grandes personnes") sens vieux et aigris. Durs à la détente, durs à la joie, durs à l'attente. A jouir de nos résidus d'espoir ou de petites fenêtre ouvertes au vent. De meurtrières à travers lesquelles on lance un oeil toujours méfiant. Du petit moment de folie où l'on enlève précautionneusement ses chaussures, où l'on s'accorde un peu de sable sous les pieds en prenant bien garde à ne pas mouiller le bas du pantalon.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 11:25

L’écriture est pauvre. Elle est privée de l’image, elle est privée de la musique.
Or tout acte de création passe par l’image, passe par la musique. Vient d’une vision ou d’un rythme, d’une chanson ou d’un paysage, d’un visage. Elle n’a que les mots pour tenter de donner l’idée de ce qu’elle ne peut montrer. De pauvres mots qu’elle doit travailler, dans leur étymologie, dans leurs sonorités, dans des assemblages nouveaux, un casse-tête à y perdre son latin, à y chercher son français, à y laisser sa raison.
J’écoute un morceau que je ne peux en aucune manière retranscrire. Je ne peux que me contenter d’essayer (au risque de nombreux malentendus), de retracer l’impression qu’il me fait. L’état où il me met. Vouée à l’échec. A l’en deçà.

Tant pis. On fera avec. On n’a pas le choix.

Car si on choisit de la vidéo, avec son offre généreuses de couleurs et de sons, de mouvements : le risque plane aussi du malentendu. Le recours aux mots est cette fois limité, et redonner – texto, si je puis dire – ce morceau de musique – c’est s’exposer à ce qu’il soit reçu de mille manières incontrôlables.

Moralité : avec mes mots, avec mes intentions visuelles ou musicales, avec toute la bonne volonté, je ne peux que m’exprimer, moi, au moyen de petits moyens, au risque de les mal exploiter, et sachant bien que je ne communiquerai jamais ce que, ou comme, je souhaite.

Ce qui est entré en moi et que je voudrais, naïvement, partager, je ne peux que lui redonner une forme nouvelle, imparfaite, qui arrivera à des destinataires, à nouveau recalculée, redessinée, réinterprétée, affadie ou enrichie d’intentions nouvelles – différentes.

Tant pis. On fera avec. On n’a pas le choix.

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 20:04

C'est une chanson de la rue Kétanou (mais si, vous savez, c'est pas nous / qui sommes à la rue / c'est la rue qu'est à nous) :

 

Je n'sais pas

où je vais

et je l'ai jamais bien su

mais si demain,

je le savais,

je crois bien que je n'y irais plus

 

Eh oui, une grande philosophie se cache derrière ces musiques de rue,

Savoir, on veut tous tout savoir, et pourquoi et comment et surtout demain ? où ?

Et où ça m'emmène ?

C'est le temps qui nous y conduit et lui seul le sait, et c'est très bien comme ça, la route est belle, ouvrons les vitres, montons le son, ouvrons les yeux les oreilles et le nez, ça sent le feu de bois, la terre mouillée, le virage, en pleins et en déliés, des pentes et des descentes, un piéton à droite, un vélo rouillé, un canapé sur un trottoir offert à sa prochaine vie, et il n'est pas impatient, lui, et il en a vu, lui, avec sa mousse qui déborde, ses ressorts défoncés, sa couleur usée.

Bras ouverts à contempler la route.

 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 19:38

et ces gros bouillons qui se déversent

ou qui voudraient bien, parfois

qui cognent à la porte de l'intérieur,

la porte parfois ouverte même

mais le brouillard ou un rideau de perles invisibles

une pluie de geldes stalactites

la peur

la gêne ou les idées en fouillis

cocon de jute dont rien ne sort

où la vie bouge

et le désir

les mites

 

la trompette trompette

un coup de vent la porte claque

un coup de botte et le carton par terre

la glace se casse éclate

l'association

des mots

 

quelques phrases, échangées

ou juste une musique

juste un air

juste des notes, qui se posent

entre les enceintes de l'autoradio

du jazz dans les toiles

au plafond d'un mobilhome

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 12:35

Ca monte, ça descend, à gauche, à droite et ça souffle en tourbillon. La pression change, la température et le ph, et les petits points que nous sommes s'entrechoquent, s'éloignent, se frôlent et échangent des bruissements à peine audibles. A droite, à gauche les voilà projetés, ils s'élèvent puis retombent, s'écrasent violemment, mollement, se font mal au front, des ampoules aux pieds, des blessures à l'âme. Ou bien éclatent de rire, de trop-plein, trop bu, ils vomissent, trop parlé, plus de voix, trop désiré, ils craquent, implosent, petits points sociaux et fragiles, humains, si humains. 

La saison est chaude, l'environnement bouillonne, l'eau bout à 100° sauf si d'autres facteurs interviennent et d'autre facteurs interviennent, entremêlés. On ne sait plus où donner de la tête, les agendas électroniques court-circuitent, les enceintes déversent des décibels qui ne couvrent pas les frissons, les ondes de peur, de plaisir, d'appréhension. La basse sourde les rires de gorge les regards indéchiffrables soutiennent ce rythme démentiel qui tend les nerfs plus à vif.

Montée, descente

Montée, descente

la chute est à négocier.

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 20:54

On le dit, ou on le pense, de temps en temps, "... j'ai envie de rien". Ca tourne à vide, ça tourne pas rond, ça stagne ça bute.

Mais quelle jolie antiphrase. C'est tout l'inverse qui se joue. C'est un sentiment révolutionnaire, une vague désirante, un monde d'espérances qui se joue au fond de nous. C'est tout changer, tout renouveler, tout gagner, qu'on espère en réalité - en sachant qu'on est trop fatigué et bien trop mou pour s'en donner les moyens. C'est hypocrite de se persuader que non, merci, nous n'avons envie de rien - sachant pertinemment que c'est nous-mêmes qui sommes ... bons à rien. 

J'abandonne la partie, je vais prendre une douche, couper mon téléphone - tiens, voilà qu'il tombe et se casse, incroyable ! Ciao la compagnie, mieux vaut aller au lit, on verra demain, pour les révolutions. 


 

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 13:16

Ils arrivent à l'océan d'abord et les lumières fusent. Ils vont venir on le sait on le sent, la peau est électrique et les nuages rouges. On se téléphone - mais les réseaux résistent, déjà.
Le coeur gronde le tonnerre frappe on n'est plus qu'un petit point de métal, atome tremblant, recherchant ses pairs, isolants isolés. Une grosse pierre pour s'y réfugier, supplément de paupières s'il vous plaît, ne pas voir ne rien entendre, de la lumière de la musique de la chaleur et des voix, des klaxons, tout ce qui vit tout ce qui bouge et qui masque le monde.

De l'ouest du nord vers où et combien de secondes, de kilomètres, comment savoir, ignares et ridicules.Baignant dans l'irrationnel, consolés par l'irrationnel, tout ne ressemble plus à rien, y a plus de saison ma p'tite dame.

En attendant la dame est toute petite petite avec son coeur qui fait des bonds immenses.

Peut-on mourir d'orage ? mourir de peur ? de honte ?

 

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  • : Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
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