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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 18:30

Pâte à pains pétrie de sensibilités 

algues attachées au pied perdues dans les marées - qui se dessèchent et se mouillent et suivent, à droite, à gauche et se dessèchent encore

prune qui se gorge au gré des pluies du beau temps du fermier et qui tombe, grvaité oblige, et qui pourrit, trop de sucre, et qui se laisse grignoter par les vers elle ne peut pas mieux

nous sommes pâte à pains, humains

nous sommes algues, prunes, femmes, hommes, mous au vent, mous à la mer, petits dans l'air le vent qui nous tourbillonne, volontés risibles, volontés factices, objets de désirs de destins et de répétitions crétines

toujours nous laissons remonter les marées

ne pouvons rien contre le temps

et autres lois de la nature

humaine

soumis accrochés les cheveux qui poussent et la tête baissée, entre les épaules qui croulent les cellules qui se reproduisent dans l'espace qui leur est imparti dans leur durée prédéfinie

la disparition qui ronge qui traîne 

"Que veux-tu ?"

Je ne veux rien. Je crois que je veux. Mais j'aurai changé d'avis bientôt. Je ne décide pas de vouloir. J'ai ce désir qui est tombé du ciel aujourd'hui, ce soir un autre surgira de sous la terre, de la lave.
Dans le ciel je suis ébloui, sous la terre je ne vois rien. Je n'ai pas le regard. Pas la force. Aucun talent sinon celui de l'huître.

Bouger d'un millimètre à la goutte de citron.
M'accrocher à mon rocher.
Me faire mettre en boîte. Vendue à la douzaine.

Croquée.

Reproduite. 

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 14:12

Après le tourbillon la montagne russe l'adrénaline la joie la peur et tous les mélanges

après, quand il n'y a plus de force centrifuge de force centripète de force

quand les émotions et les alcools retombent

la décantation

la (petite) mort

l'animal triste

le coeur a battu a tressauté maintenant en repos

les muscles se sont tendus bandés maintenant dépités

à présent qu'il n'y a plus qu'à repenser ou à attendre, rien à faire rien à dire la mélancolie 

mél-an-co-lie

l'ennui

en-nui

le silence et les voeux pieux les regrets l'espoir dans une boite fermée, hermétique

le temps ouvert aux quatre vents qui s'étire mollement

il n'y a pas de vent

pas de soleil non plus

juste des lumières électriques trop blanches

des néons impuissants 

ni chauds

ni froids

quel-con-ques

des souvenirs sur lesquels on voudrait intervenir

mais la porte est close rentrez chez vous ya rien à voir

rien-à-foutre

s'égayer mollement colmater les brèches qui se distendent

écouter Alela Diane qui le fait si bien

donner du sens et de la consistance à ce qui n'en a pas

tuer le temps

gris

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 08:00

La consigne vient cette semaine de chez Harmonie37 : décrire l'instant juste avant (forme libre)

 

 

C'était à peine un frémissement, comme un sourire. Des moments naturels, avec une certaine sérénité apportée par sa présence. On ne réfléchit pas. On ne met pas en mots. On est bien simplement, directement. En y repensant après-coup, ça ressemble à ... rien. Juste un peu plus que de la bêtise, dans cette relation franche aux choses autour de soi. L'idée n'est pas là, c'est un brouillard cotonneux d'événements qui s'enchaînent, de paroles légères, d'échanges anodins. Avec un plaisir imperceptible. Avec tout ce qui monte à l'intérieur si bien caché qu'elle est loin de se douter de la brutalité du sentiment - de la révélation du sentiment - qui l'attend derrière un rêve. Ca se fera la nuit, du reste, dans cette violence que seul le songe est capable de restituer, comme quand il vous réveille avec les poils hérissés la langue sèche et le ventre creusé d'épouvante.

Comment dater l'avant ? Quand tout a-t-il commencé ? Jamais, toujours déjà, de toute façon, avant, il n'y a pas de début. Il y a une lente construction sous-terraine, volcanique, insoupçonnée et insidieuse. Une obscure insidiosité du désir...

qui avance masqué. 

C'était une onde, de celles qui bercent quand on se laisse porter sur la surface de l'eau, jambes et bras écartés, et qu'on ne pense à rien.
C'était juste une préférence. A choisir, c'était à côté de lui qu'elle s'asseyait (sans calcul jamais, elle ne faisait que féliciter un hasard qu'elle avait sans doute provoqué sans le savoir).

C'était calme.


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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 23:06

Je te vois t'entends et te lis à travers tes mots mis en son mis en silences et en une étrange lumière

un livre jaune évoqué dans ces images jaunies, moi je lis la pluie jaune et c'est une drôle de coïncidence sans en être

Et surtout ce visage que je ne te connais pas cette voix différente et les yeux cachés, qui ne se dévoilent que pour s'éloigner du champ quand le son s'en va aussi avec le souvenir de ce lieu que j'aime énormément

Je ne sais quoi dire, de toute façon je n'ai rien à dire, de toute façon on en parlera mais peut-être qu'alors encore je ne saurai que dire

Des échos, oui, d'autres textes, d'autres films

de belles références

et quelque chose qui monte, qui est monté, toi qui montes et c'est bien, des pages qui se tournent pour mieux s'écrire

Philippe Forest a dit tout à l'heure à la télé que l'écriture ne se nourrit pas du souvenir mais de l'oubli

si tu arrives, à oublier décoller et monter encore

et grossir un peu mais peut-être alors tu serais trop belle et c'est cela que tu refuses dans ta belle humilité ? Ici dans le sud-ouest on dit "profiter", tu savais ?

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 18:30

Ouf, je n'ai pas d'enfant. Ca me facilite la tâche. Parce que si j'avais une fille, elle risquerait de me poser la question : "pourquoi la vie est dure ?" - et là, .... grand blanc.
Que dire à sa fille, sa soeur, son collègue, son ami, pour qui la vie est dure, comme pour vous, pour moi, et pour les autres ?

Comment justifier l'adversité, la violence, la précarité, la maladie, la perte, l'injustice ? Au risque de tomber dans le lieu commun à tenter de circonscrire la difficulté d'être au monde, dans le monde, ce monde qui quand il sait se montrer généreux, n'en sait que mieux reprendre ce qu'il a donné ?

Quel sens, quels mots, quel réconfort ?

Quand j'étais petite et que je pleurais, j'entendais ces paroles boiteuses "C'est le bon Dieu qui t'envoie ça, qui nous envoie ça, et dans chaque mal il y a un bien, et demain est un autre jour, et quand tu seras grand-mère t'y penseras plus".

Paroles qui me consolaient moins que la volonté qu'elles contenaient de me porter secours, que la voix chaude et affectée qui la prononçait. 

Serais-je en train de répondre à ma question... Essayer, c'est déjà bien, dire pour dire, dire n'importe quoi, dire au moins le désir d'être là aussi, à côté de la personne qui a mal. Ne pas donner l'impossible sens mais partager le non-sens. A deux, à trois, à plusieurs, ça fait moins mal.

 

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 08:00

 

LaVieDuneAutreDeghelt.gif

 

 

 

Ce roman de Frédérique Deghelt est simple, son style rapide, peut-être un peu trop pressé, à la manière de ces textes d'aujourd'hui qui semblent viser la rentabilité, l'efficacité. Si je ne suis pas familière de ce type d'écriture, je reconnais tout de même que cette efficacité est atteinte, que le suspense tient son lecteur, que dès les premières lignes je n'ai plus lâché l'ouvrage.

Car derrière ce procédé de mise en haleine, certaines perles se cachent à travers le cheminement de la narratrice qui du jour au lendemain, a perdu la mémoire des douze dernières années de sa vie. Et pas les moindres : celles du passage de la jeune femme célibataire, en quête d'un "vrai" travail, d'une "vraie" relation amoureuse, à la femme mariée et mère (de trois enfants, excusez du peu), installée dans une existence confortable de parisienne (grande)bourgeoise.

A contre-courant de l'aveu attendu de cette amnésie, elle entreprend dans la solitude de son décalage, de comprendre. Puis elle saisit justement qu'il vaut mieux commencer par s'installer dans sa nouvelle vie, épouser son rôle de mère, le passé qui fait son présent. Le roman est donc construit comme une quête (aux allures d'étrange) - une quête de soi. L'amnésie s'impose alors comme l'allégorie de l'introspection. En effet, quelle meilleure position, pour se (re)connaître, pour se (re)trouver, que celle de l'étranger à soi-même ? La technique voltairienne ou de Montesquieu, utilisée au siècle des Lumières, du regard de l'étranger, colle à merveille à l'introspection sur le mode psychanalytique quand elle est utilisée avec l'intelligence d'une Frédérique Deghelt. Il s'agit d'une enquête véritable, avec carnet, crayon, fouilles dans les photographies, les agendas, et ruses oratoires de façon à en révéler le minimum pour en apprendre le plus possible.

Enfin si certaines positions - par la rapidité avec laquelle elles sont traitées - n'installent pas véritablement dans l'émotion, il en est d'autres qui semblent plus profondes, plus vraies, notamment ces lignes sur la maternité. Du jour au lendemain l'héroïne se retrouve maman, elle ne connaît pas ces enfants tous conçus durant la période effacée de son souvenir. Pour les petits, en revanche, rien de nouveau, et ils donnent à voir à celle qui est restée au stade de sa solitude égotiste de 25 ans, ce que c'est que d'être mère.

Je n'ai pas encore terminé le roman, mais un mot aussi sur les lignes en rapport avec le théâtre, avec cette superposition habile des plans du réel, de la fiction, de la comédie. L'écriture y trouve sa place comme le jeu de l'acteur, autant de prétextes bien trouvés à quelques belles lignes de l'auteur.

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 13:29

Piraillan

 

Le Piraillan est peu connu. Pourtant, tous les Girondins et autres Parisiens en congés passent devant le panneau "Site classé" qui indique, sur la route du très fameux Cap Ferret, le moment où il faut tourner à gauche, se garer et se perdre, à pieds, entre les petites maisons sans prétention du Piraillan. C'est presque une île, avec un port à gauche et une plage à droite. Bien sûr les dimensions de ces lieux sont modestes, l'odeur est celle des ateliers ostréicoles, le bruit des machines pourrait déplaire, et pour accéder à la grève il faut accepter quelques petits exercices d'équilibre et même d'illégalité puisqu'on ne peut qu'emprunter des rails interdits et rouillés.

Mais Le Piraillan semble avoir beaucoup à raconter. Sûr qu'il suffit de peu pour lancer ce Papi si sympathique qui m'a indiqué le rail comme route de la plage, et qu'il raconte cette époque où l'immobilier de la commune de Lège n'avait encore rien d'aberrant, où les huîtres n'avaient pas de maladies quasi chroniques, où il fallait deux à trois heures en deux-chevaux pour rejoindre ce petit coin de paradis salé depuis Bordeaux, où le village devait chanter au son des gamins en vélo.

Pas de signe de tourisme hormis une pancarte "dégustation avec vue panoramique" (la terrasse en question est vide, malgré un temps d'octobre estival) et ces villas luxueuses qu'on devine à quelques encablures du port. Pas de brio : si les couleurs d'un vieux porte-palettes se rapprochent d'un vert à la mode, il n'en est pas moins usé et terni. Une seule façade un peu élégante s'est parée de pots de fleurs et donne plus à songer à la fierté d'un vieux village mélancolique. Je déambule seule dans le labyrinthe étroit où on s'imagine toujours empruntant une voie privée. Je ne croise que quelques chiens sympathiques. Puis un qui grogne, de loin, mais ne fait peur à personne. Il y a de la vie pourtant, invisible, celle du travail, rythmée par les moteurs d'une machine à trier les coquillages.

Je me permets tout dans cette solitude hors saison. Mettre les pieds, les genoux dans l'eau, mouiller ma tête et goûter l'eau. Des crabes courent près de mes orteils. Comme dans une autre plage, une plage d'enfant. C'est une plage d'enfant, oui, avec ses crabes et ses pierres vieillies. Avec ses petits bateaux à fond plat et son sol vaseux. Avec la liberté qu'un tout petit bout de fenêtre sur un petit bout d'horizon accorde aux jeunes cervelles bourrées d'imagination.
Dessiner sur le sable. Construire sa maison. Arracher les pinces de ces bestioles qui marchent sur le côté. Courir avec un chien. Courir en rond. Ma chienne se met à nager, c'est assez rare pour être signalé. Avec empressement. Je lui demande où elle va comme ça ? L'Amérique c'est de l'autre côté. Ici il n'y a qu'Arcachon en face, des bateaux et des routes. Petite plage, grandes rêveries.

 


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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:49

faire la course aux horizons, quitter une ville, un pays, sauter sur un continent, passer d'une maison à une autre, éternel locataire, emprunteur devant l'éternel, un passeport une valisette et le plein de souvenirs - alourdissant la cervelle, qui, boule de neige, ne loge plus nulle part.
Tant d'idées, de langues et de voûtes au-dessus de la tête, d'avions, de trains, de trams et des pas aussi, rapides ou lourds, sans se retourner, juste des musiques, qui font les ponts d'une vie à l'autre, et puis des grains de voix, la trace des peaux sur la peau, des nuages de poussières - partir encore, aller plus loin pour ne pas tomber entre les chaises, entre les désespoirs, et se surprendre encore, vouloir encore, regarder devant surtout devant, perdre, perdre, se détacher, se surpasser, s'attacher, s'accrocher, repartir, des ailleurs, des autrefois,

des histoires à raconter, ou à emmagasiner, à oublier, à s'écrire sur les doigts, la paume, puis qui s'effacent, se transforment et resurgiront, sous une plume lourde, dans l'épaisseur d'une encre sombre,

ancre sombre

à relever.

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 13:35

 

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Que c'est bon de poser "sa" journée, d'avoir "sa" journée : reprendre possession de son temps, des fils de sa pensée, les laisser s'emmêler, s'envoler, se reposer à leur gré. De voir l'heure et non pas la regarder, en s'étonnant, au milieu d'une continuité libérée, se dire, tiens, peut-être que la lessive a fini de tourner, peut-être que l'eau chaude est revenue, peut-être que je pourrais aller voir mon amie en repos maladie, peut-être que je pourrais songer à me faire une soupe chinoise ou une pizza, ou plutôt un café, d'ailleurs commençons par allumer une cigarette, passer d'un compte facebook à l'autre, ouvrir un bouquin - bien écrit, le Marbeck, ouvrir une fenêtre, il fait bon, j'ai ma journée, ma journée m'a pour elle toute seule, on est ensemble, ma journée, ma chienne et moi, au milieu des arbres et de l'herbe, avec une musique un peu jazzy et celle des oiseaux qui vont très bien ensemble.

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:01

et c'est bien dommage, car elle saurait, alors, la chaleur de l'humain, des blogs amis, de vous tous, qui écrivez, qui coup-de-coeurez, qui soutenez, qui émotionnez, qui (sensibi)lisez, vous si doués, vous si impressionnants à la première rencontre, il faut le dire, et puis si humains, si profondément chaleureux, si intensément en recherche d'autres, d'autres cultures, d'autres mots, d'autres contacts, d'autres ateliers d'écriture et d'autres images, un modèle, et puis qui savez vous entourer, vous ouvrir aux autres, toute porte, toute oreille, toute bouteille ouverte, qui savez rire et vous encanailler, vous enivrer, donner, prendre, mais plus que tout donner.
Mais Cybèle, si elle ne sait pas lire, elle sent, et celui qui lui a donné quelquefois du surimi, elle l'aime bien, et je sais qu'elle se joint à celui, venu lui aussi du profond de la Charente, qui, avec moi, sur ce pont sans pieds d'une rive à l'autre de la méditerranée, dans ce mobilhome plein de papillons de jour et de nuit, au son des pintades et autres petits chiens de chasse en meute, et tous à l'unisson,
souhaitons un bon anniversaire Dominique !

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  • : Une maison mobile pour des mots de moi, de vous, qui ferez trois p'tits tours et vous en irez, après avoir mis trois p'tits mots si vous en avez envie
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