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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 19:58

Le sevrage, la privation. Comme les amputés qui souffrent d'un membre fantôme - qu'ils n'ont plus - , les personnes en sevrage (je parle là d'alcool, de nicotine, d'un homme, d'une femme, de je ne sais quoi d'autre) souffrent d'un bien fantôme. On leur a enlevé quelque chose, ou ils l'ont perdu, ont décidé peut-être de s'en passer, mais en eux, si la chose n'est plus, du moins demeure la place qu'occupait cette chose. Et cette place que plus rien n'emplit crée un vide d'air, un appel d'air, dégonfle, destabilise, déséquilibre, dans un mouvement destructeur contre lequel il faut maintenant lutter, au risque d'imploser.

D'où la difficulté : le vide qui reste, comme une forme en creux, mais une forme bel et bien là, un vide qui occupe un volume réel ou exerce sa force centripète, soumis qu'il est à la pression atmosphérique.

Dans notre atmosphère, le vide n'existe pas, la nature a horreur du vide. Dans notre for intérieur c'est pareil.

C'est pourquoi certains remplacent la cigarette par le chocolat. Ou une femme par une autre. Un vice pour un vice, tout mais pas ce vide.

Il faut dans la situation du sevrage, vivre avec ce vide, cette place vide.

J'ai mal à la main, dit le manchot.
J'ai mal à mon vide, dit l'amant quitté.

Ou bien il faudrait vivre sur la lune.

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 12:35

Un chewing-gum étiré, écartelé, et qui ne casse pas, et qui s'allonge et s'allonge encore comme le nez de Pinocchio, comme un mensonge qui pousse et pourrit, le nerf qui ne va pas craquer mais sert de balançoire au chat qui se balade dessus, qui le déchire, avec son dos qui se hérisse, ses membres qui se contractent comme ses pupilles, qui lancent des coups de griffes

l'amour c'est difficile et comment alors s'aimer soi-même, déjà la mer à boire cul sec, à boire avec la tête à l'envers, le clapet fermé et même plus soif

même plus faim même plus envie de rien, juste fumer des cigarettes, inspirer expirer et rejeter, rejeter mais toujours une fenêtre, toujours un espoir ridicule auquel on ne peut ne pas croire, un projecteur au loin dans la forêt noire du fantasme, qui fait cligner des yeux qui éblouit et ça fait mal mais elle attire quand même

laissez-moi rêver laissez-moi m'interdire de rêver, censurer les pensées comme les souvenirs, sombrer dans le sommeil hoquetant qui s'autorisera toutes les belles images, les beaux ralentis que la vie ne connaît pas - ce sommeil où seul mon désir et ma peur régiront les dialogues, les plans et les séquences. Pas l'autre, pas les jours réels dans leur langueur insupportable où il ne se passe rien, que les nerfs qui s'étirent et s'étirent et s'étirent à l'infini, pas lui que je ne comprends pas, qui ne me comprend pas, dont je voudrais bien botter le cul avec la pointe de mes grolles, les plus longues les plus noires et les plus hautes bien d'un coup, bam, prends ça et comprends-moi, c'est maintenant, c'est jamais, le temps est le même pour tous, bordel, mais apparemment l'horloge dans ton ventre ne tourne pas dans le sens des aiguilles, dans l'autre, ou à trois temps, ou elle est en chewing-gum

ta valse à deux balles, tu la joueras tout seul mais merde, non, tu as quoi dans ton ventre à part cette pendule du jamais, du plus tard, d'un temps parallèle où je ne me trouve pas et ce n'est pas faute de chercher

la tête en bas et l'eau qui coule, qui coule, et moi je coule dans ton regard je me liquéfie, je disparais, il ne reste que  l'eau et les songes, l'eau et les nerfs...

 

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:33

tarquinia

 

 

"Il n'y a pas de vacances à l'amour, dit-il, ça n'existe pas. L'amour, il faut le vivre complètement avec son ennui et tout, il n'y a pas de vacances possibles à ça. (...)

Et c'est ça l'amour. S'y soustraire, on ne peut pas. Comme à la vie, avec sa beauté, sa merde et son ennui. "

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:32

tarquinia

 

 

"(...) L'épicerie seule ne lui suffisait plus, il lui a fallu avoir un rayon charcuterie, puis un rayon de légumes. Il y avait six ans qu'on était mariés. Puis, après les légumes, il lui a fallu les cigarettes, elle ne pouvait plus s'arrêter. (...) 

Je lui disais : Pourquoi pas d'automobiles ? mais elle ne riait plus de rien. Avec les cigarettes, pourtant, j'ai commencé à comprendre un petit peu, j'étais encore bien bête, qu'il devait lui manquer quelque chose dans la vie pour avoir envie de gagner tant d'argent. Alors j'ai commencé à penser qu'il lui fallait peut-être un autre homme que moi. Quand on allait au marché, je lui faisais remarquer les hommes. Regarde comme celui-là est plaisant, je lui disais. Elle ne les regardait pas, elle regardait les légumes. Alors je les regardais, moi, et je pensais que celui-là, celui-ci, lui conviendraient mieux que moi et je l'imaginais, souriante, à leur bras. "

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:31

 

tarquinia

 

 

 

"- Je ne peux pas supporter cette idée de ne pas partir tout de suite avec toi. Je ne peux pas. Je suis prêt à comprendre toutes tes raisons, la chaleur par exemple. Mais je suis... débordé à l'idée de rester encore ici, même un jour.

- Si c'est à ce point, dit Sara, je pourrais partir.

- Non, dit Jacques, non, tu vois, ce qu'il faudrait c'est que je le supporte, que j'y arrive. Je le voudrais de toutes mes forces. Je voudrais de toutes mes forces pouvoir par exemple partir tout seul. Sans toi."

 

 

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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 18:30

tarquinia.jpg

 

"- Tu sais ce que je pense ?  dit-il. Que c'est les gens qui ont le plus peur de tout qui en même temps pourraient faire les choses les plus risquées. Peut-être même les choses que les autres n'oseraient pas faire. 

- Mais c'est la même chose que la peur, dit Sara.

- Peut-être. C'est la peur qui donne le courage de risquer. Tout peut-être, plutôt que d'être seul avec cette peur. "

 

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 16:02

Ce ne sont pas les biens qui sont artificiels, mais le besoin qu'on en a. 

 Ce sont nos têtes qui se tournent et dans ce mouvement, se jettent dans l'artifice pour ne pas tomber sous leur propre poids.

Le poids du vide - qui n'est pas négligeable.
Les fringues, la télé, les consoles de jeux, les montres, les boites de nuit, les nuits d'hôtel ou les après-midi... ne sont là que parce qu'on en a besoin, et on en besoin car on n'a pas, en nous, ce qui nous comble.
Comme ces cathédrales gothiques qui ont leur squelette à l'extérieur. En échange, elles ont de la lumière. Du volume.

Mais sans ces assises qui lui viennent du dehors, avec leur lumière et leurs volumes, elles s'écroulent.
Et nous les hommes, les femmes, nous habillons notre vide intérieur avec des biens extérieurs.
Nous fuyons notre lumière (notre vide) pour construire (ou croire que l'on construit) avec une carte bleue et des bas résille.

Nous tournons notre architecture et par là nous livrons, dans une fragilité extrême, nos blessures afin de les faire panser.

Nous laissons béantes ces fenêtres pour faire entrer ce qui veut bien. A fortiori ce qui résiste. Ce qui coûte. 

Malins...

Nous sommes humains béants et parfois peu lumineux. Certains sont faits de matériaux plus résistants. Certains savent tourner le regard vers le dedans, et travailler un feu intérieur qui les illumine mieux que d'autres. Certains peignent leurs vitraux. Certains sont plus forts naturellement. 

D'autres plus argileux.


 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:21

écouter Brigitte Fontaine et éclater de rire malgré tout

et rire un coup boire un coup et écouter les conneries du midi et regarder un épisode d'une série qu'on aime bien et qui fait rire

Ou mieux, rire de soi

rire de tout un plat 

qu'on se fait, qu'on sait faire mais dont on ne veut pas, en fait

Ou bien si ? c'est pourquoi on l'a fait ?

alors cracher dans la soupe

 j'ai suis passée à côté de l'amour / L'amour ! quand il s'est présenté à moi, avec sa mercedes rose bonbon et sa poitrine nue et dorée, je l'ai laissé sur le bord de la route / et je suis montée dans une 2_chevaux pourrie / où y avait un chien qui puait !!!!!!!!!!!!

et je suis incapable de passer l'aspirateur !!!!!!!!

conne 

conne              conne            cooooooooooooonne !!!!!

 

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 13:05

 

 

allez, chanson pour chanson, celle-ci je ne l'écoute que d'aujourd'hui, mais elle ressemble à quelque chose que j'aurais pu écouter depuis longtemps !

Elle est construite sur un mode du "j'aurais pu... mais" qui m'est familier 

Elle est bourrée d'humour

La diction est extraordinaire et la musique aussi

Je ne sais pas si tu aimes cette autre Brigitte, moi j'ai énormément de respect et d'admiration pour elle, sa musique et ses écrits (d'ailleurs, il faudra que j'aille jeter un oeil dans sa bibliographie)

A écouter bien fort 

à laisser résonner jusqu'au fou rire qui gagne

conne 


conne !


COOOOOOOOOONNE !!!!

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 20:51

je m'en vais dans mon bouquin où la chaleur est écrasante, où le paysage n'est pas beau mais beau quand même à travers ses mots, entre le fleuve et la mer grise,

la journée est finie et je retourne dans cette île de l'Italie, où je ne sais pas encore ce qui va se passer mais elle ne va pas tarder à me l'apprendre, de toute façon ses mots sont beaux et il fait chaud dès la brume du matin

dans ce livre il y a des oliviers des figuiers des lauriers, tout ce que j'aime

dans ces mots il y a de la poésie, de la pureté, un rythme coconneux et intriguant

en face de la littérature il y a des murs qui ne lui font pas peur, qu'elle épouse et rhabille

dans la littérature il y a la beauté du monde, c'est ici qu'elle se cache, quand elle n'est pas sur les côtes méditerranéennes du mois de juin, sur les côtes atlantiques déchiquetées de rochers sous le sel

je m'en vais vite comme on se réfugie sous la couette, le nez dans un grog au son d'un violoncelle

quand on a froid et qu'on a attendu le bus trop longtemps, qu'il n'est pas venu, ou qu'on était trop nombreux dedans, trop de nerfs mis ensemble, avec l'arrière de la chaussure qui n'en peut plus de frotter depuis le matin contre le talon, que l'ampoule s'est formée, qu'elle a peut-être déjà éclaté et que la chair est à vif contre le cuir

vive la littérature et ses petits chevaux

quels petits chevaux d'ailleurs ?

 

 

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