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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 11:02

Pas de sonnerie pour ouvrir les yeux, uniquement la lumière du jour filtrée, douce, par un rideau blanc en polaire, et le chant lointain des coqs. Deux oeufs exquis. Deux petits cafés dans un verre. Deux cigarettes bienvenues. Puis traîner ses pantoufles montantes et son pyjama à l'ordi, prendre des nouvelles de Jacques Louvain, les autres ne sont pas levées. Voir ses commentaires, Brigitte non plus n'y arrive pas, tant mieux, plus on est à patauger, plus on en rira, ensemble.

Le soleil aussi a décidé de rester en pyjama, il fait gris mais ce n'est pas grave, vive l'électricité le chauffage et la petite musique. Que mettre, d'ailleurs ? Nitin Sawhney, tiens, j'ai découvert ça hier et c'est loin d'être désagréable. La chienne boude, pas de quoi s'inquiéter, cela lui prend de temps en temps, peut-être une paresse déguisée. Assise à me donner le dos, la tête haute, ses plis retombent et lui dessinent une croupe large et molle, elle est très drôle ainsi.
Je ne suis pas pressée que la journée commence, il n'est même pas midi, le vent aussi est lent, on a tout le temps...

Lâcher prise. Oublier les demandes expresses et contradictoires de la vie. Garder de l'engourdissement du corps et des pensées. Renouer par bribes avec les images des songes, leur bizarrerie, les ignorer. Ne pas choisir son clan, ne pas choisir son temps, ne regarder ni la montre ni le monde, encore un peu, encore un peu.

Juste se refaire couler un café.

 

 

 

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 18:56

Sommes-nous tous schizophrènes ?

au sens profane du terme, je dis, à ce sens galvaudé qui me plaît.
qui ne peut que plaire, quand on est gémeaux. Qu'on a deux passeports, deux métiers, deux pays, deux langages, deux beaucoup-de-choses, quand on a des amis qui ont deux identités, quand on aime le théâtre, les perruques, les masques, passer des talons aiguille aux baskets, qu'on vit une vie à l'indicatif, une autre au conditonnel, quand on saute du passé au futur, de l'eau chaude à l'eau froide sous la douche, qu'on a du mal à finir un livre sans en commencer un autre, à conduire sans fumer-boire son café-et-téléphoner, quand on se retrouve souvent avec un double appel face à l'alternative de récupérer ou remplacer la conversation, et qu'en général on finit par raccrocher sans le vouloir, quand on commence une phrase qu'on en poursuit une autre, tout en pensant à une idée complètement différente, quand on angoisse en voyant arriver le serveur car on hésite toujours, dix minutes après son premier passage, entre l'entrecôte ou la pizza paysanne.

Jacques ou Dominique, Mexicain ou Sud-Ouest, se lever ou pas, rouge ou blanc...

La vraie question serait peut-être plutôt : cette duplicité,  cet entre-deux, qui sont une deuxième peau, sont-ils une malédiction, un danger perpétuel ? Ou au contraire la possibilité d'un équilibre - d'une complémentarité - de, d'embrasser une sorte de totalité jouissive ? La possibilité du creux, cet espace qui appelle tous les autres, les admet.

Car un regard double n'est pas binaire. Ce n'est pas l'un ou l'autre mais tout ce qui pourrait être d'autre, l'un et l'autre, ni l'un ni l'autre, tous les autres, "ni pour ni contre bien au contraire".

Un regard double est forcément panoramique.

Et superposer deux figures, c'est les confronter. C'est se frotter à leur différence. A sa propre différence. A son propre frottement...

mais là, je me perds, je crois...


 

 

 

 


Cette chanson me fait sourire.

Laissez-moi dormir, conclut Emily Loizeau qui doit être gémeaux, elle aussi.

 

 

 

 

 

 

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 11:28

Il ma manque la chute

La chute

Faire tomber le personnage

dans les oubliettes

que le lecteur

ne le cherche même plus

qu'il sache

qu'il n'existe plus

Je ne peux pas faire ça

Je ne peux pas le pousser

il tient le coup

il résiste

il tient debout

empaffé de personnage

dégage

tombe

casse-toi la gueule

que je mette le point final le titre le nom l'adresse

et que je sache si j'ai gagné ou pas

que je puisse à mon tour

faire une chute

à l'élastique

tomber de haut

ou...

tomber de haut.


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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 08:00

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J'aime les bottes en plastiques

Les épuisettes

L'odeur des algues qui pourrissent sur les rochers

Les tout petits crabes qui courent

Le goût du sel sur les lèvres

Le vent chaud, le vent frais, le vent glacé qui fait mal aux oreilles

Le bruit des toutes petites vagues, le bruit des grosses vagues, le bruit des vagues moyennes

Le mazout des bateaux

L'horizon qui disparaît dans la brume

Ces prénoms à la mode, Marine, Océane...

La mythologie marine, Poséïdon, Téthys...

Le sable qui craque dans les oreilles, entre les orteils, sur le cuir chevelu

Les cirés jaunes

Les cirés bleus

Les émissions de télé consacrées à la mer

Les légendes des côtes

Les méduses échouées

Le bois flottant, les grosses algues noueuses ou les chevelues

Le beach-volley, le croquet, la crêpe

Les phares

Les couchers de soleil dégoulinants de romantisme

Les barques ou voiliers au corps mort

Les chichis les beignets l'eau toujours trop chaude sur la langue

La rouille

Les merlans frits, les sardines au barbecue, les crevettes grises à l'apéro relevées à l'anis

Les huîtres et leur petit blanc

Les filets bleus, verts, oranges, délavés, emmêlés sur la plage

Les moulinets, les fils, les appâts, les hameçons, les seaux

Le sommeil qui vient bouche ouverte sur la serviette, baver sous le soleil, brûler, peler, hydrater, huiler...

L'appareil à mesurer le bronzage que je n'ai pas encore inventé pour de vrai mais qui sait...

-...

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 12:56

Cette semaine le défi part de chez Lenaïg : La nuit porte-t-elle conseil ? forme libre.

 

 

La nuit - d'abord un vestibule - prélude au sommeil - se rouler en boule donner le dos au froid - des chiens qui aboient derrière les chênes. Des coqs, aussi.

Le disque se rembobine. Le chant des coqs, dans une autre campagne, lointaine mais incroyablement présente, qui revient et se substitue à cette réalité qui s'évade.
Un écran recouvre le monde. Un temps qui se superpose et grandit, absorbe les montres, réveils, ordinateurs.

Le temps de la chaleur, de la crotte de chèvre, des odeurs des poules, des cahiers de vacances, neufs, tellement désassortis aux pieds nus et bronzés pleins de poussière, de brindilles.

Les coques des amandes en mille morceaux gisent au sol près des gros cailloux qui ont servi à les casser. Les figues pourries sèchent un peu plus loin et parfument la terrasse - à la nuit tombée ce sera le jasmin encore plus entêtant.

En attendant rien, juste l'envie de courir partout de tout faire à la fois - tout sauf ces devoirs de vacances - aller voir les lapins, traire les vaches avec la petite voisine - donner à manger aux chèvres, de la main à la gueule, les feuilles fraîches de maïs cueillies dans le jardin.

La nuit - qui ensevelira une rêverie - en produira une autre - on ne lui demande rien à la nuit - du moins, on ne lui commande rien - c'est elle qui choisira, ce qu'elle nous donnera - cadeau empoisonné ou don précieux - c'est elle qui rendra, comme on vomit, ce qu'elle voudra de cette époque perdue, de ce paradis repris, de cette journée de merde, de ces amours en veille, de ces visages inamicaux, de ces visages tendres, de cette langue mise de côté, de ces dilemnes sans fin, de ces casse-tête de pipe, de ces angoisses trop connues, de ces espoirs méconnus...

elle porte, oui, elle transporte, elle recrée réassemble déguise et s'amuse, de toutes ces choses qui trottent, sommeillent, se cachent mais ne partiront jamais, juste transformées, juste revêtues de manteaux nouveaux, de masques aléatoires...

 

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 13:15

 

 

 

 

Nous sommes des ronds des carrés des parallélépipèdes électriques des balles rebondissantes bob l'éponge ou robot bio-ionique.

Ca fait boum ça fait bang ou ça fait splotch, splotch. Dzz, dzz.

Chocs électriques magnétiques ou anaphylactiques.

Décharges, collisions, éclatements, jeysers ou emboîtement. Comme ces pièces de jeux d'éveil, deux par deux, trois par trois, ça rentre ou ça coince.

De l'un à l'autre l'onde est transmise, négative, positive, + par + ça fait +, moins par plus ça fait moins, et les volts s'accumulent, la pression monte, monte, et la tension baisse, baisse.

Tous ces êtres en contact, transmissions démultipliées, chaînes de bâillements, d'envies, de fous rires, de grippes, de stress, tout ce qui se donne, s'échange, par téléphone, sms, mails, les mains qui se croisent, les regards qui se touchent, d'un simple clignement de cils, réseaux infinis de communications et d'interactions.

On pogote, on slalome, on se bouscule, on s'embrasse on s'ignore ou on se sourit les dents serrées.

Et on ramasse, toute la journée, toute la semaine, accumulation folle et sans fin.

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 18:42

....  (qui ne m'a pas posé de question !)

 

 

 

 

 

 

- Quand je serai grande, je serai...

- Mais tu ne l'es pas ! tu es petite, petite, petite, rikiki, qu'une toute petite de rien du tout, et ça c'est précieux ! garde-le ! vis-le et fais-le vivre autour de toi. Et peut-être que quand tu seras grande, tu seras reine, ou ministre, ou morte, ou rien du tout, ou juste vieille, ou Marylin, mais en attendant, que t'importe de savoir, d'imaginer, de te poser même la question.
Pourquoi cette question. Toujours. L'après. Comme dit Gad, l'avenir, l'avenir, des fois le type il te dit qu'il va venir, et puis il vient pas ! et qu'il vienne ou non, cet à-venir, qu'il soit gris ou rose ou rouge et blanc à pois, il nous prend la tête, il bouffe sur le présent comme une tique, il le vide de son sens et de son sang, ou bien l'inverse, il l'étouffe de trop de sens, de trop de sang qui monte à la tête et l'emplit à crever, à bouillonner à gros bouillons, à faire trop de bruit, trop de matière, trop de projections et d'interrogations.

Mais on est comme ça. Conditionné à se projeter, à tout conjuguer au futur, à voir vers... à s'orienter, front vers l'avant, regard affûté, le nez les yeux le menton la poitrine, centre de gravité sur le nombril proéminent, essayez un peu de marcher avec les pieds en dedans, vers l'arrière, ben non, c'est physique, c'est optique, c'est plus fort que nous.

Et pourtant. On pourrait très bien ... arrêter de marcher. S'asseoir, ou se coucher, pardi. On s'en porterait pas plus mal. Se coucher à deux, tiens pourquoi pas, et pas regarder la montre, remonter la couette par-dessus le nez le front, on serait pas si perdus que ça. Peut-être même qu'on arriverait à y trouver du plaisir.

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 13:32

Question de Fred : Avez-vous des projets pour l'avenir ?

Réponse de Gad El Maleh : Pour l'avenir, je sais pas, mais pour moi, oui, j'ai des projets !

 

 

Ca y est, la pièce multiforme, multiauteurs, multicomédiens, a été jouée, 4 fois, ils ont réussi, ils ont été très bons, très bons !

Je suis surprise d'abord par la qualité des textes. Il n'y a pas eu de réécriture et ça, c'est impressionnant, vu l'hétérogénéité des auteurs, leur amateurisme.

Ensuite par l'homogénéité du tout. Ca, c'est Brigitte. Faire de centaines de sources, d'opinions, de "je", une cohérence bouillonante, qui tient debout et fait sens, fait choeur, c'est le défi qu'elle a relevé avec brio.
François, ensuite, la mise en scène. Et les comédiens, et les musiciens : de ce foisonnement tragique qui se cache derrière les rideaux, les paupières, les lignes, ils ont fait une fantaisie intelligente et pleine de vie, bourrée d'humanité, de rythme et en chansons, s'il vous plaît, jusqu'au reggae boudouïen, car on n'est jamais au bout de ses surprises, avec ce Dominique-là.

 

Bref, j'arrive trop tard pour vous dire d'y aller voir, mais tenez-vous branché, sur paradis bancal notamment où l'on verra des vidéos, et où l'on trouve des traces de ces heures et ces heures, depuis la roulotte d'Esperanza aux bassins à flot, jusqu'à la maison cantonale de la Bastide, en passant par une douce maison de Bacalanie, ces heures innombrables et fructueuses qui ont fait l'amont de ces instants enthousiasmants.

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 08:00

Le défi de cette quinzaine vient de Brigitte : Es-tu au clair de ta lune. Elle développe comment faire pour se débrouiller avec le brouillard de la vie parfois tellement injuste et être au clair de soi-même, au clair de ta lune, mon ami Pierrot... Comment résister ?

Bon, faut se lancer !

 

 

Tout est toujours de sa faute, à la lune, moi je dis.
Les marées, les poissons qui vont et viennent et font pipi, les loups-garous, les vampires qui croquent, les chemins qui s'éclairent et qui disparaissent, dans le noir, les éclipses, les soleils qui font des sourires, la mauvaise humeur des ménagères, les nuits qui s'énervent, l'insomnie qui guette et gratte, le désir qui monte qui monte, le sang rouge, la nuit noire, les jours blancs, les petits matins bleus, le reflet roux doré sur la méditerranée, les pêcheurs en confiance, la tempête qui surprend, la fatigue, les nerfs et le thème astral. La lune en bélier, le gémeaux dans la lune, la lune est là, le soleil l'attend, on est tous mal lunés, allumés, dénudés, irrités, amoureux, bouillants, bouillants.

Non, je ne suis pas au clair de la lune, parce qu'elle fait ce qu'elle veut, c'est clair, et moi toi lui et elle, on n'est rien que des petits pions qui changeons de maison. A quelle heure es-tu née ? à quelle heure est la pleine mer ? à quelle heure on se retrouve, là-haut, au milieu des tuyaux, des toits, des branches, du vent ? la ville scintille sous les nuages, plate et il pleut. Les astres sont cachés, mais ils sont là dans ton ventre, dans mes oreilles et résonnent, je te regarde, tout le temps lune je t'ai à l'oeil, tu m'as à l'oeil, dans ton grand projecteur invisible souvent, et moi sur mes pauvres planches je fais des pas je tourne en rond, dans le grésillement du bois, au milieu des autres et de son gargouillis, c'est elle dans les estomacs, dans les intestins, lunatique et sournoise.

 

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 00:00

 

 

 

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