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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 12:35

Un chewing-gum étiré, écartelé, et qui ne casse pas, et qui s'allonge et s'allonge encore comme le nez de Pinocchio, comme un mensonge qui pousse et pourrit, le nerf qui ne va pas craquer mais sert de balançoire au chat qui se balade dessus, qui le déchire, avec son dos qui se hérisse, ses membres qui se contractent comme ses pupilles, qui lancent des coups de griffes

l'amour c'est difficile et comment alors s'aimer soi-même, déjà la mer à boire cul sec, à boire avec la tête à l'envers, le clapet fermé et même plus soif

même plus faim même plus envie de rien, juste fumer des cigarettes, inspirer expirer et rejeter, rejeter mais toujours une fenêtre, toujours un espoir ridicule auquel on ne peut ne pas croire, un projecteur au loin dans la forêt noire du fantasme, qui fait cligner des yeux qui éblouit et ça fait mal mais elle attire quand même

laissez-moi rêver laissez-moi m'interdire de rêver, censurer les pensées comme les souvenirs, sombrer dans le sommeil hoquetant qui s'autorisera toutes les belles images, les beaux ralentis que la vie ne connaît pas - ce sommeil où seul mon désir et ma peur régiront les dialogues, les plans et les séquences. Pas l'autre, pas les jours réels dans leur langueur insupportable où il ne se passe rien, que les nerfs qui s'étirent et s'étirent et s'étirent à l'infini, pas lui que je ne comprends pas, qui ne me comprend pas, dont je voudrais bien botter le cul avec la pointe de mes grolles, les plus longues les plus noires et les plus hautes bien d'un coup, bam, prends ça et comprends-moi, c'est maintenant, c'est jamais, le temps est le même pour tous, bordel, mais apparemment l'horloge dans ton ventre ne tourne pas dans le sens des aiguilles, dans l'autre, ou à trois temps, ou elle est en chewing-gum

ta valse à deux balles, tu la joueras tout seul mais merde, non, tu as quoi dans ton ventre à part cette pendule du jamais, du plus tard, d'un temps parallèle où je ne me trouve pas et ce n'est pas faute de chercher

la tête en bas et l'eau qui coule, qui coule, et moi je coule dans ton regard je me liquéfie, je disparais, il ne reste que  l'eau et les songes, l'eau et les nerfs...

 

 

 

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Published by Du mobilhome - dans Entre tiens et miens
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commentaires

C comme corinne 01/11/2010 01:46


Magnifique texte !
Il me parle, me crie aux oreilles, aux entrailles, au coeur

Amitiés


soulef 27/10/2010 21:20


Trés beau texte Zineb , époustouflant , ça donne soif ,soif d'aimer de la sorte.


brigitte giraud 27/10/2010 16:16


Je découvre ton texte et j'ai peur de m'enrhumer à mon tour... A trop de découvrir, tu vois ! Que de choses, là, qui me parlent


dominique boudou 27/10/2010 13:48


Un de tes plus beaux textes, Zineb. Mais j'espère que ça va pas trop mal.


Du mobilhome 27/10/2010 14:18



d'abord "le chat sur les nerfs" c'est de Brigitte. Ensuite ton compliment me va droit au coeur. Enfin je vais bien, je cultive la fiction et m'entraîne à d'autres jeux, d'autre je. Et enfin enfin
je t'embrasse. 



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