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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 09:05

J'essaie de comprendre. Faire le deuil de quelque chose, a fortiori de quelqu'un, c'est parvenir à dépasser, par la raison, par le temps, par la force de l'esprit, par l'exercice de la volonté, par l'ouverture hors de soi, de son univers, de sa douleur liée à une perte.

Et ce, dans un monde dénué de sens, de connexions, un monde sans pourquoi ni comment. Qui se tait.

Donc, faire un deuil, faire son deuil - et peut-être le pronom personnel d'usage implique-t-il quelque chose comme une solitude dans cette effort -, c'est accepter ce qu'on n'a pas de raison d'accepter. C'est accepter l'inacceptable. C'est comprendre l'incompréhensible, ou fermer les yeux sur cette incompréhension. C'est juste une tournure d'esprit, vers l'avant ? qui s'est d'abord résigné, puis résolu à ne plus souffrir. A laisser au temps le soin d'éroder la surface douloureuse, décider d'être ce rocher face aux vagues qui se cassent, et qui petit à petit, à se casser, le poliront.

C'est ce petit à petit qui compte, dans l'immensité absurde, cette patience horrible, accepter qu'il faudra, à un moment ou à un autre, être éclaboussé, boire la tasse, et laisser couler le rythme des marées, se soumettre aux mouvements de la lune et de l'écume. Et se tenir debout.

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Published by Du mobilhome - dans Blablateries
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commentaires

brigitte giraud 23/06/2010 23:37


"Faire son deuil", "Faire un travail de deuil", l'expression m'a toujours paru singulière. Comme si ce n'était pas suffisant, la souffrance causée par une perte, il faudrait encore "faire" son
deuil. Je crois qu'il est plus judicieux de prendre l'expression à l'envers. Ce n'est pas soi qui faisons ou travaillons le deuil, mais c'est le deuil qui travaille en nous. Cela me semble plus
juste, plus philosophique, plus rempli de sens. Qu'en penses-tu ?


dominique boudou 23/06/2010 11:08


Je ne sais pas. Il y a tellement de niveaux différents dans le deuil. Bon, il est toujours lié à une perte. Après, je ne sais pas. La mort n'est jamais seule en scène dans cette histoire.


dominique boudou 22/06/2010 13:59


Hum ! Si deuil vient du vieux verbe douloir, on peut peut-être dire qu'il s'agit d'une souffrance accomplie sur le chemin. Ce n'est pas de la résignation. Enfin, je sais pas.


Du mobilhome 22/06/2010 14:07



je pose la question, justement. Accomplie, au sens de terminée ? après le deuil, alors, une fois qu'il est fait, c'est plus de douleur ? ou un chemin qui dure toujours, même si la douleur
s'amenuise ? quand je parle de résignation, c'est par rapport aux questions qui ne trouvent pas leur réponse. tu ne crois pas ?



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