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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 12:56

Cette semaine le défi part de chez Lenaïg : La nuit porte-t-elle conseil ? forme libre.

 

 

La nuit - d'abord un vestibule - prélude au sommeil - se rouler en boule donner le dos au froid - des chiens qui aboient derrière les chênes. Des coqs, aussi.

Le disque se rembobine. Le chant des coqs, dans une autre campagne, lointaine mais incroyablement présente, qui revient et se substitue à cette réalité qui s'évade.
Un écran recouvre le monde. Un temps qui se superpose et grandit, absorbe les montres, réveils, ordinateurs.

Le temps de la chaleur, de la crotte de chèvre, des odeurs des poules, des cahiers de vacances, neufs, tellement désassortis aux pieds nus et bronzés pleins de poussière, de brindilles.

Les coques des amandes en mille morceaux gisent au sol près des gros cailloux qui ont servi à les casser. Les figues pourries sèchent un peu plus loin et parfument la terrasse - à la nuit tombée ce sera le jasmin encore plus entêtant.

En attendant rien, juste l'envie de courir partout de tout faire à la fois - tout sauf ces devoirs de vacances - aller voir les lapins, traire les vaches avec la petite voisine - donner à manger aux chèvres, de la main à la gueule, les feuilles fraîches de maïs cueillies dans le jardin.

La nuit - qui ensevelira une rêverie - en produira une autre - on ne lui demande rien à la nuit - du moins, on ne lui commande rien - c'est elle qui choisira, ce qu'elle nous donnera - cadeau empoisonné ou don précieux - c'est elle qui rendra, comme on vomit, ce qu'elle voudra de cette époque perdue, de ce paradis repris, de cette journée de merde, de ces amours en veille, de ces visages inamicaux, de ces visages tendres, de cette langue mise de côté, de ces dilemnes sans fin, de ces casse-tête de pipe, de ces angoisses trop connues, de ces espoirs méconnus...

elle porte, oui, elle transporte, elle recrée réassemble déguise et s'amuse, de toutes ces choses qui trottent, sommeillent, se cachent mais ne partiront jamais, juste transformées, juste revêtues de manteaux nouveaux, de masques aléatoires...

 

 

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commentaires

brigitte giraud 24/01/2011 10:29


Encore un beau texte, plein de couleurs, d'odeurs, de soleil et une étendue de vide qui tient à la chaleur, aux couleurs, aux odeurs, au vide lui-même et à des rêveries d'autres couleurs, d'autres
odeurs et de pleins pour les vides, et les pieds écorchés aux brisures des fruits secs. Il est très visuel et charnel, ton texte.


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