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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 10:51

Le chien aboie et le mobilhome ne passe pas. Le temps non plus. Les nuages, oui, qui ont caché les rayons du soleil, et ont tout grisé alentour. Pour remettre un peu de chaleur, de couleur, je lance le Don Gionvanni de Mozart. Je sais que je peux compter là-dessus, pour ne plus avoir à compter les minutes. Losey situe l'ouverture dans une forge, et le feu, le métal en fusion, annoncent l'enfer qui attend le séducteur sans scrupules. C'est grandiose.
Il y a la vaisselle à faire, le linge à ranger, à laver, à repasser, à ranger. La voiture à aspirer, des courriers à rédiger, mais l'administration comme la poussière attendront. Pourquoi n'attendraient-elles pas, elles aussi ?
Ainsi nous attendons. Nous attendons le déclic, le désir, l'inspiration, un coup de téléphone, un coup d'envoi, un mail, le retour du soleil, que sais-je.
Le vide, paraît-il, c'est des possibles. C'est un espace à aménager, à habiter, à vivre. J'aime le croire, et donc j'attends, les meubles, le papier peint, les idées. Les portes ne sont pas fermées, qui voudra entrera et peuplera cette maison toujours à rénover. En attendant, comme dans le film de Jarmush, c'est le café et les cigarettes qui sont les héros de l'histoire.
Parfois les jours ressemblent à un film de Jarmush. Avec des plans-séquences qui se prolongent, se prolongent.
Avec des dialogues réduits au mimimum. Avec des façades qui défilent, qui défilent. Il faut apprendre à apprivoiser la lenteur, le rien, et puis apprendre à aimer ces morceaux de ville underground, le côté gris, celui que les touristes ne voient jamais, à Paris, à New York, à Séville, à la Nouvelle Orléans, celui où tous les graffitis se ressemblent, où tous les trottoirs explosés, les poubelles éventrées, les murs maculés et pisseux, donnent à voir la même urbanité désolée et figée.
Et c'est la musique qui rend sa beauté au monde.

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Published by mobilhome.over-blog.org - dans Blablateries
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commentaires

kairouani 11/03/2010 22:24


tu as définitevement un style très à toi.très précis,tes mots te peignent,c'est drôle car ils ne te ressemblent pourtant pas.mais c'est toi,quand on lit MARS et quand on lit cet article,on te
retrouve,,d'ailleurs on t'a cherchée,c'est pourquoi que je suis là,en train de m'abîmer les yeux à te lire et à te répondre.
plais'


mobilhome.over-blog.org 12/03/2010 16:27


Eh bien tu n'as plus qu'à rejoindre la liste des inscrits à ce blog ! Brigitte se sentira peut-être moins seule :)


Brigitte giraud 04/03/2010 13:43


Encore un très beau texte, Zineb !
Bizarrement, il fait écho à ce que j'écris aujourd'hui.
Etre sûre d'une chose par-dessus toi : la musique. La vacuité et la musique...
J'aime cette sensibilité du rien, "rien" ce nthing en anglais, qui est quelque chose qui est rien. Ce quelque chose alors sur lequel on s'appuie, une manière de rambarde où poser ses mains.


dominique boudou 04/03/2010 13:08


C'est de mieux en mieux. Vraiment. Continue à écrire sans te soucier ni du "por" ni du "para".


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